ACTE II, SCÈNE III
MADELEINE, vidant sa bourse.
Voici ma part... la vôtre, Henri?
HENRI, faisant de même.
Voici la mienne.
CHRISIIERN, donnant aussi.
J'y veux joindre aussi mon obole.
MADELEINE
Et vous, Léonard?
LÉONARD
,Oh ! moi, je me contenterai de vous donner des renseignements.
MADELEINE
Méchant! (au domestique.) Portez ceci à ces malheureux que vous voyez là.
LÉONARD
Et servez le déjeuner du marquis, (a Madeleine.) C’est une charité mieux ordonnée que la vôtre, je vous jure. (Le domestique
sort.)
HENRI
Maintenant t’expliqueras-tu?
LÉONARD
Parfaitement. Ces deux honnêtes campagnards, boursiers de village, agioteurs de cabaret, qui ont si vivement ému votre charité, et qui vous apparaissent en habits de mendiants, sont tout simplement en expectative les futurs acquéreurs du domaine de Castel-Gonthier.
HENRI, abasourdi.
Hein?
MADELEINE, iudiguée.
Par exemple!
LÉONARD
Croirez-vous, maintenant, s’ils acceptent, que vous avez affaire à de rudes coquins?
MADELEINE, couraut à la fenêtre.
C’est impossible! Joseph leur remet l’argent; l’enfant lui baise les mains, le vieillard lui donne sa bénédiction.
LÉONARD, riant.
Et Joseph est dans les larmes... allons, la farce est complète! il ne me reste plus qu’à vous mettre en présence.
MADELEINE
Oh! non, ce serait trop affreux! Henri me dira la vérité... et si vous m’avez trompée...
LÉONARD
Je consens à VOM6 haïr, (il tort un instant.)
MADELEINE
Venez, docteur, à tout à l’heure, Henri, (saluant chriitiern.) Monsieur... (Christiern lui rend son salut avec une politesse froide, et Madeleine disparait avec Montbel.)