SCÈNE II
Les mêmes, CHR1STIERN.
CHRISTIERN
Bonjour, Henri. ,
HENRI, remontant.
Bonjour.
Qu’as-tu donc?
HENRI
Moi, rien! (Prenant Christiern par la main et l’amenant près du portrait d’enfant, qu’il montre avec un geste expressif.) Tu VOIS bien que je n’ai plus rien!
CHRISTIERN
Henri.
HENRI
Mon cher petit Georges!... Ah! tu l’aimais aussi, toi!... la dernière fois qu’on l’a sorti, c’est toi nui soutenais la frêle créature... Cher ange! il souriait avec bonheur aux premiers rayons d’un soleil printanier... on aurait dit que ses pauvres petits membres amaigris se dilataient sous l’impression bienfaisante d’un ciel plus clément !... Le cher amour aimait les fleurs, tu en avais empli ses petits bras, t’en souviens-tu? Mais les bras étaient trop faibles, ils s’ouvrirent pour laisser tomber le fardeau parfumé qui joncha le sol à ses pieds... En tombant, les plus belles fleurs s’étaient brisées ou flétries! tu crus à un présage, ami, tu détournas la tète peur essuyer une larme!... Hélas! tu avais raison! c’était un présage! huit jours plus tard notre Georges était mort!
CHRISTIERN
Henri, sois fort I mon Henri, sois vaillant !