JO SI* MOIS AVAHT
a'en pÇflfe& P as m oins à regarder la chose comme ^E3fcll|relie , et à déplorer les inconvéuieapd'un siècle où il se pourra qu'une femme meure sans avoir été veuve. Sa nièce ne me parut point partager sou avis ; je crus l'entendre dire à demi-voix^: au moins je pourrai choisir ! ce qui est toujours un grand plaisir pour une femme.
Eh! que sont les honneurs auprès de la fortune, dit en se levant M. Clément? Sous les dix-sept ou dix-huit gouvernemens que nous avons eus , j'ai fait et défait la mienne cinq h six fois avec une facilité que je ne retrouverai plus... Les grandes infortunes amenaient les grands sacrifices ; les propriétaires , les négocians , avaient recours à nous pour des spéculations qui souvent engloutissaient tous leurs tiens, xnais pour lesquelles ils empruntaient à ,i5, à 20 pour cent. Hélas ! aujourd'hui on fera le commerce tout bonnement, tout simplement ; on n'aura plus la ressource des faillites pour doubler ses capitaux; s'il vous arrive de courir à la fortune , il vous faudra prendre les sentiers batlus ; et si vous prenez une soute détournée , vous trouverez la justice à
SIX MOTS APRÈS. JJjg
moitié chemin,... le véritable commerce est perdu ! — Àh ! c'est bîan vrai , dit, en tournant sml chapeau entre ses doigts , le Jardinier de M. Duperré , qui venait prévenir son maître j .qu'on le demandait... Gn'i a pus de commerce ; aussi me Vlà miné. — Ruiné ! dit avec intërét et vivacité M. de Levri... — Àh f oui, mon bon monsieur : l'abolition de là conscription- »e casse les bras... — Quoi , Jacques , ce quj fait le bonheur de dix millions de familles... — Fait le malheur de 4a mienne. — Expliqueloi, — Vous savez hïâu que j'ons eu le bonheur de vendre mon aîné deux mille .éctts au fils de M. }% maire ; et je peux bian dire que c'était ponr ria-n , car c'était un fier homme ! J'avtons cédé Je s'oond à vot' neveu pour une dixaine de sacs 4e mille francs :... et au mo-
ment on ça commençait à aller , où j'avions encore trois biaujc gars bien gros , bien gras, que j'ayions élevés avec un soin;.....* fallait
,voir<! J'en sommes pour nos frais -, les
v'ià qui me restent sur mon compte;
,des enfans qui sous Bonaparte , m'auriont rapporté douze à quinze mille francs la pièce!.. Ah ! c'est bian dur , mon bon monsieur ; de
*}% SIX MOIS ÀVÀNT r CtC.
pardre comme ça tout son avoir d'un seul coup de filet 1
Le discours de Jacques fit sur tous les esprits une impression subite et plus profonde que n'auraient pu faire mes observations.
Chacun rougit, intérieurement de donner encore quelques regrets à un gouvernement sous lequel la démoralisation était parvenue au point qu'un père ne frémissait pas » d'élever ces enfans pour les vendre L,
Le jeune de Leyri 7 qui arriva le lendemain, fut reçu à bras ouverts , et M me . de Germancy promit à sa nièce de la marier avant la fin de l'année, sans contrarier ses inclinations..* Aux regards que lui lançait notre jeune garde d'honneur , à la rougeur qui colorait Les joues de M lle . Élise , on peut présumer d'avance que le futur ne tardera pas à se faire connaître , et que le mariage ne sera pas longtems à se •conclure.
LA FAMILLE T)E SUKGT, etc.
k°. yii. — 7 Novembre 181 4- LA FAMILLE DE SURGY,
OU