‹ Le rôdeur français, ou, Les mœurs du jour [signed De R..... ] (volume 2)Chapitre 19 sur 60 · LA PAIX! LA PAIX! MES BONS AMIS · texte numérisé non relu

LA PAIX! LA PAIX! MES BONS AMIS

Tous sentez ben que dans le nombre il y en a «u qni ont donné dans le travers , qui ont déserté la maison paternelle, qui noua ont quittés pouc courir la prétentaiue. Eh bien ! morguenne , au lieu de faire la meine , de m'em porter, de lee" menacer quand je les ons vus revenir à nous, je les ons reçus à bras ouverts, je les ons choyés ai pua ni moins que mes autres enfans ; et mai» tenant , voyea-vous , ils disputont de tendresse avec ceux qui ne m'ont jamais quitté.

( Ousuuaumz. Sotrper de Henri IV.}

Quand les secousses politiques ébranlent les fondèmens du trône > détruisent le bonheur du peuple et menacent la vie des rois , ces grands évènemens , qui ne révèlent que trop la fragilité des puissances humaines, font retentir

«j4 LA. FAMILLE DE SUEGY,

leur influence jusqu'au sein des familles les plus sincèrement unies entr'elles , et les ré* volutions , après avoir divisé les citoyens d'un xhéme empire , séparent ordinairement les enfans d'un même* père.

Je ne sais si le hasard , le calcul et l'adresse ont présidé à la conduite de différentes fa-* milles illustres du royaume , dont les membres ont constamment, et comme de concert, joué des rôles opposés dans les anciens trou* blés de la monarchie ; mais , par une fatalité inconcevable , je retrouve les mêmes noms partout -, tantôt ils brillent sous les drapeaux du prince ; et tantôt sous les étendards de la rébellion 3 il* se partagent, pour ainsi dire, la gloire d^u par Ji ejlfc succès d? l'autre ; e% quand uanobLaprewL, fidèle à son roi, prend les armes pour le défendre et combattre à ses côtés, spn frère s$ soustrait aux lois de l'hon-r neur et court appuyer de son épée les préten? lions d'un, ajnbitflnx-

G'eat> ainsi que . son? le règne de Valois , Guise enrôlait avec éclat, sous ses bannières , lçg derniers rejettons d'une famille- dont les ainéa , soutenaient avec fidélité le* droits de

ou la paix ! etc. 7$

leur souverain-, c'est ainsi qne sous Henri I F f on voyait figurer parmi les ligueurs , les mém€l noms qui* J illttfitraiétit daiis lès camps duBéàrnais\ et que, lors de* troubles de la Fronde, les première* ttfalftônft dti rtiyatlMte comptaient autant de pâlfeft* et' d'allié dbefc tes partisane du coMjuteur , que parmi le* totrtiens du poUroir de Louis XIÏI.

A 1* pâli , qui termine lé» qtt&elles et la* malbeui* des pettfAésY céi grandes famille y sans avoir rtati pétfdu de letir iafhience, recou- Traient tûtttlèttrs avantage. En effet, de quel* que etté q*é ptfacbat' 1* vlctWté, Itf Vainc*' trowaJt • tëtijo^ date lé vafnqtiëitf rfa âppûi certafeM, titt^tèOT^ dé

Pua AmilTédfà^éfbhrl&tàfàsàëYbutre, et l'éclat de kfttf mitonne ptfttVâit jàiùàl* être terni , à tfloftrt qtfc krfatfriHe entière n'eut porté se* vtou* et se* éspêfantièfi daiis le parti qui menaçait l'autorité légitima

De' pareils exfcftrplëa, fréquefcs dans l'histoire, out dfr ét*é> s&tâs ; surnom t à l'époque où la révolution, ett exaspérant les esprits, était pkrvëntrt! à divise* la France étt partis dpposes j fia ftlheureusemeàt décider à né gxtûèH

^6 Xi A FAMILLE DE 5TJRGT,

entr'eux aucun frein , aucun respect, aucune mesure.

Jue comte de Surgy 9 * issu. d!irae ,des plu&anciennes familles de Provence , fut une des premières victimes de la révolution ; forcé de s'exiler pour se soustraire aux fureurs de ses vassaux, il quitta la France au mois de juin 1 79 1 . Des quatre fils que lui; ayait donna une épouse charmante ; trop tôt r£ vie à son amour , deux le suivirent chez l'étranger , deuxautres , plus jeunes, restèrent dans leur patrie. Séparés par l'empire des circonstances , les membres de cettQ famille furent encore plus divisés par lo* pinion \ chacun, au gré de, ses sentiinens owàe\ ses passions, de sa pplf^ique^pu .de pes intérêts 9 . se choisit une route qu'il >$£: mfJt là , parcourir, avec plus ou moins de succès. ..

Le comte Adolphe, héritier du nom et des titrer 4* son père, le suivit > dans , son émigpra-r tion ; fils respectueux , brave royaliste f . il corn?» > battit à ses côtés £ Fleurufr, à Quiberon; sujet fidèle ,• U embrassa et défendit avec.cbà-' leur la cause de son roi; il lui fit sans regret le noble sacrifice de ses ; biens et de. ses jours, partagea çpn exil , ses revers , ses. malheurs , -

, OIT LA PAiV! etc. "J7

et ne voulut rentrer en France que sur les pas du petit-fils- d'Henri IV.

• Le baron Julien avait , dans le* premier moment, partagé tous les sentimens de son frère : peut-être même aurait-il porté plus -loin que loi son dévoûment au prince qu'un crime horrible venait de rapprocher du trône ; mais H fut- beaucoup plus sensible qu'Adolphe à l'exhérédation- nationale. L'espoir de recouvrer ses biens, et le désir de revoir uu pays dont le souvenir enchantait encore sa pensée , lui firent abandonner une cause qu'il croyait perdue , parce qu'elle était désespérée. De retour en France, il ne crut point manquer à son roi eu acceptant du premier consul un emploi très-important. Mais pour satisfaire à-la-fois sa conscience et son intérêt , il jugea à propos de négliger un peu les fonctions de sa place et d'en toucher régulièrement les émolumens , qui étaient considérables: il les recevait comme un à-compte sur ce que la nation avait daigné* lui prendre. A l'élévation de Napoléon à l'empire, il fut mandé à la cour y et condamné à accepter le -titre de comte avec une dotation de cent n>ille écus. 11 se résigna r et servit

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