LA FAMILLE DS SU! AT
l'empereur comme il avait servi la république. Tour à tour chambellan , auditeur, préfet, rçoaître des requêtes, conseiller-4'éiai , il parvint, en moins de dgc ans , à se créer uue fortune indépendante et k racheter tous les bieps 4e sa famille. Certes, en retournant dans sa patrie , en quittant le service d& ses princes pour la servitude de Napoléon, si le baron avait perdu quelque chose , ce n'était à coup sûr ni son tems , ni ses titres , ni sa fortune.
Les deux fils que M. de Surgy avait été forcé de laisser en France lors de son djépart, différaient encore plus dan9 leur manière de voir. Le marquis de St. -Alphonse, naturelle-* Uient honnête et doux , avait vu avec le plus grand chagrin briller l'aurore de la révolution* liais, citoyen paisible, sujet sans énergie , il souffrait en silence ou g&oi$sait eu secret. Incapable d'un crie^e , il les vc^it commettre avec effroi , mû? > 2*4? avoi^ le tiourçge de) s'y opppser -, et, daps çe$ teq%& ^gLbevpeujt où la vertu sftftdni^it à Vécba&ud , il eftt $i^bi la jnort sans chercher à s y soustraire. Il avait, plus que personne au monde , ce que Tacite
oti là paix! etc. 79
aurait appelé la lâcheté des honnêtes gens.
Dans le commencement , il entretenait une correspondance très -active avec sa famille ; mais, i la protatière menace de l'autorité , il avait cessé sans observation toute correspondance , et , depuis hmgta» , il ignorait le sort de ses frères : jamais eélé, toàjowrs stipulais > il avait prêté tous tes seromis de haitàe ou de fidélité qu'on lui avait demandés , et il ste trouvait constamment l'un des premiers sur les listes de dons patriotiques et sur les contrôles des gardes nationales. Depais P)9$i sa fortune et son caratère n'avaient point changé. Sans kmbilion, sans désirs , sans envie, il n'avait sollicité aucun emploi , obtenu aucune distinction ,
reçu aucun honneur ! .. Ce n'est point pour
les honnêtes gens que sont faites les révolutions.
Quant au chevalier , beaucoup plus jeune que ses frères, il n'avait pu résister au torrent ; attaqué de la fièvre révolutionnaire , il s'était jeté imffrudtemm**t &n* la liberté, dans l'égalité et dams la république f il avait été de foutes les assemblées ,. de fous lefc comités ; il avait endossé toutes les livrées)
8o LÀ FAMILLE RE SU*GT ,
joué tous les rôles , participe à toutes les
. erreurs , et profité de tous les déplacement ;
r après, avoir crié la république, il avait voté
J'ejupire ; et de souverain sans - culotte , il était devenu esclave doré. Cependant, un peu
, confus de sa conduite passée, notre chevalier se montrait rarement ; il avait commencé par
.renier sa famille, elle avait fini par' rougir de lui , et il faut avouer quelle était en fonds
; pour prendre sa revanche.
. , Telle était la situation de la famille, à l'époque du 3i mars.
Dès que le retour de la dynastie légitime
.fut annoncé, cet événement eut sur les sentimens de chacun des fils de M. de Surgy,
• une influence directe. Adolphe se livra à la
.douce espérance de revoir enfin sa patrie, et de la revoir gouvernée par un prince
•juste et ' sage , formé à l'école du malheur ,
-d'où il ne sort ordinairement que des bons rois.
Honteux de la chute de son patron , le
.comte Julien courut s'ensevelir dans son château ; il regardait en soupirant ses broderies , ses décorations > ci ne se consolait de son
■ * - ou tA paix! etc. 8*
malheur qu'en songeant qu'il Appartenait à une dës ; plus - anciennes * familles de là moi narcbié française. Cependant il ne lui vint pas* I' Sans l'idée de reprendre son ancien titre de baron, qui dans le fait était au-dessous de celui de comté ? dont 'l'empereur Pav ait décoré.
La révolution s'était faite sans le secours do marquis > - là restauration se fit de même , mais' il y applaudit de t6ut son cceur; et dès l& lendemain, il reprit publiquement un titre qu'il n'avait pas tout-à-fait quitté avec ses amis. ' Le chevalier seul: fut réellement 'màHieùreux ^ il'étftit coupable } et craignait* de^reVoir on ■ père -■ justement ■ > irrité de sa conduite -, accoutumé * à feindre y il déguisait son embarras sous un petit air de mécontentement et d'audace , qui cependant n'avait rien de bien menaçant. Quf on- juge de son -étonnement, ; lorsqu'il apprit que son père était arrivé à Paris y et qu'il reçut une* invitation de se fendre dès le lendemain à l'hôtel de la Réunion 9 rue de la Paix.
U s'y présente en tremblant , et y trouve ses trois frères réunis* Adolphe, la joie dans les yeux, le sourire sur les lèvres 4 jouissait
8* LÀ FAtfttXË DE SU&GY,
en ce moment de la supériorité que lui donnait sa position; il n'avait jamais abandonna tffîx prince,, il l'avait constamment suivi.... •• 3$rvi..... Fier 'de sa fidélité , il reprochait 4ftucement à ses frères d'avoir tenu une conduite opposée à la sienne , et il voulait leui: gçgsuadeç qpç pou* dq$ FiçaiiçaU, il n'y avait eu> de v&ita^e gloirq , 4° dangprs imminen* , 4e malheur* réffe, «pue. boys. 1». Franpe, — ffr qi*oi ! wwfa, s^cri* le marquis-, ... .
oublie^vQus uo& prisons, nos échafeudà, la.
lifta d^noSrpKOSfiriptio^â , et le saag de tant? de iflaUkeuEeufcÇS vfctimes? Demandez, ausnive* de mpire , au&remports de Lyon , apx murs de j&$açsei)l6., de TouJpn...... Ils vous rediront nos
danger*,, nos malheurs I^es. vôtres furent
grands;, sans doute, mai* vos souffrances étaieifct adoucies par la. présent du prince auguste, qui avait r^çii. vos sermens ; et tandis que vous, expiriez Mqvft sgs yen*., cquverts de gloire , environnés. de : son? estime -, nous mourrions obscurément; Iqîti de ces regards , pri- Vjés. de l'espoir, qu'il pub un, jour apprécier notre fidélité, et connaître; toute l'étendue dfc nos, sacrifices.
.ou pk Pkixl etc. 83
Le marquis avait à peine achevé, que u porte s'ouvrit , et laissa voir le vieux côalte de Surgy. 'A sa vue , ses trois fils , saisis de respect , se précipitèrent spontanément dan* tes bras. Le chevalier seul embrassa- stf$ genoux. Levez -vous mon fils, dit avec bonté M. de Surgy ; le plaisir que j'éprouve à mç trouver au milieu de mes enfans, ne me laisse pas le loisir? de penser aux' maux qu'ils m/ont fait souffrir. L'erreur rçe devient un crime que l'orsqu'on y persiste , et je lis dans vos
yeux le regret et le repentir J'aime à croire
qu'il n'y a pas un seul Français qui n'ai hâté par ses vceux ou ses actions , la fin du règne de Fanarchie et du despotisme , et que ceux même qui redoutaient le retour de notre monarque , ne pouvaient s'empêcher de le désirer.
Le jour briHe enfin où le trône ne comptera plus que des sujets fidèles ; où les- pères de iamiUe,, à [exemple du souverain , oublieront les torts des enfans ingrats, et s'empresseront d'ouvrir leurs bras à ceux qui* ne furent qu'égarés. Comte, ajoutait-il en s'adressant à laine de ses fils, doubliez pas que vous