LÀ FAMILLE D£ SUR6T
venez de retrouver des frères qui , moins fidèles que vous à la cause des Bourbon», ont cependant des droits à votre estime, à votre amitié , pour les malheurs qu'ils ont soufferts , pour rattachement qu'ils ont porté au sol; qui les a vu naître, pour la fidélité avec laquelle ils ont servi et défendu la France, cette terre classique de la vaillance -, qui a , pendant notre absence, donné des lois à toute l'Europe, et planté nos étendards victorieux sur : les tours de Vienne , sur les remparts de Moscou et les mnrs de Berlin ; de Retour dans sa patrie, an hérite de la gloire des siens , on s'enrichit des belles actions de sa famille. Hélas ! reprit Adolphe , il est une autre richesse après laquelle il m'est encore permis de soupirer ! Que sont devenus ces antiques manoirs?.... ces châteaux majestueux, nobles asiles de nos ancêtres? — Us n'ont 'pas cessé d'appartenir à mon père , s'écria vivement Julien, en se hâtant de remettre dans les mains du vieux comte les contrats d'acquisition , et en ajoutant qu'il devait au chevalier le bonheur d'avoir conservé intacts ces biens dont le gouvernement s'était em-
< otr la. *aix! etc. 85
paré. — Eh bien ! vous le voyez , dit le Comte, tandis que nous réunissions nos efforts pour replacer sur le trône de France l'héritier de saint Louis > on nous préparait en * secret une douce récompense.... Mes eu fans!... mes chèrs enfans ! l'expérience, ce gouvernail du sage , nous a prouvé que la France ne pouvait être heureuse et libre que sous le règne d'un prince ami des lois, de la justicç et de la paix. - Ce prince , dont J^ouis nous offre le modèle, ne peut-être heureux que par l'union de tous ses sujets. Que notre famille donne à la France l'exemple de cette union •, oublions le passé , faisons l'entier sacrifice de nos ressentimens ; datons nos senti mens , nos vœux, nos espérances d'aujourd'hui; et quoique nous ayons vécu pour d'autres, sans être encore morts pour personne , jurons de vivre désormais et de mourir pour le maintien de la charte , pour la défense de notre
excellent roi Ce cri fut répété par les fils
du comte , avec un élan qui prouvait la sincérité de leur exaltation. J'arrivai dans ce moment , et je m'unis à eux en répétant le cri français ; le Roi et la Charte.
86 LA G tOI aB JKATlOXALE,
n°. vin. — 14 Novembre i8i4«.
*<VV*V1A/VVVVVWVWV«.*«/VVVVVVV^WVV«/««^VVVVVVVVVV%VV«*VVVVVV*