‹ Le rôdeur français, ou, Les mœurs du jour [signed De R..... ] (volume 2)Chapitre 30 sur 60 · L'ALMANACH ROYAL · texte numérisé non relu

L'ALMANACH ROYAL

In thvals lié swtile erêmtuns àdi,

• La fo&è des Battent tourt ae pxottecnec «■ dorant 1# eoleiHevafo.

QtJEL brait!.... Quel mouvement !.... Quelle agitation ! H semble que tout Paris soit dehors ; les équipages brûlent le pavé-, les cabriolets volent, et, séduits par l'exemple , les fiacres même galoppent.

Les piétons fouléfe , pressés, poussés, se heurtent, se croisent en cent façons. Comme tous ont les mêmes désirs, le même but, tous se hâtent d'arriver au terme de leur voyage ,

ou l'ilkahàcd moTAL. 147

^iinpour souhaiter une longue vie à un riche parent, dont il brûle d'hériter; l'autre pour embrasser tua ami dont il a secrettement sollicité l'emploi. JLç plaideur joint a sa visite un souvenir qui atteste son. bon droit. Le financier se présente, entouré de cadeaux, & la faveur desquels il eçtfeçu à bras ouverts. L'employé conservé <pà craint de perdre sa place , ,«t l'employé réformé qui espéré recouvrer la tienne, vont, à la file s'inscrire modestement chez les chefe et les demi-chefs de leur administration. Le solliciteur 'va faire acte de présence et d'humilité chez le suisse du grand seigneur qu'il intercède. Le petit-mattre jette , «n passant, sa carte chez les beautés du moment, «t r l'intrigant laisse son nom à la porte des puissance* du jour , qui ne daigneront pas /même honorer d'un regard cette longue séria de noms placés pêle-mêle sur un registre , qui souvent passe de la .loge du portier dans les archives de l'office.

Dévoué à l'étiquette , le chevalier de Ger* nac n'a eu garde d'oublier ce qu'il appelle ses devoirs ; il a passé la journée du 3i décembre à feuilleter l'Àlmanach royal , et à marquer

j££ » ■ . LES VM1TW,'

d'une croix les idoles aux pieds dëscfùéflé^A ira brûler sou nouvel encens; LelëddetÀaiti';! peine éveillé , il senne son'do mes tiqué; il Toi ordonne de mettre le chéval^u ^abriotet , et dé sa disposera le conduire. '^— J y avais pensé', Monsieur, et ton test prêt}' (HtttY&iuii petit «w\dê ^atisfection Jkiid^/ ! quî, dtepuis Noël',

a redoublé ttattenlidns et &*yrévèftances -, j'ai même dressé d'avarie* la Iftsiëdti ^sonnes cites lesquelles Monsieur lé cltefsiHér^doit se présenter.. — Tu as eu cetîe^ préeartltk»nT -^» Oui Monsieur! •— Maii»> comment as tu pu savoir? — - Rieu de plu» simple *, )ii eu Pbon* neurtie mener tmro&<3urle chevaKèrpeûdantdfic jms. il ne m'a jfallu ^uii^peu die mémoire pou* 4»e rappeler les courses *pie j'ai fait&s% pareiHè époque. —Tu aurasjoublié* 4 .**■• Non Monsieur'; <et, 6Î vous'lj^desitazjt je vafe { V'è*fc nommet $ous les endroits oui noos dertrnfr. retburrter iCette : année„.. *~ Yoleo tiens* -— I^abbrd, en sortant d'ici , nous irons ehee Monsieur fe duc de G,.... — ~ Xtincien ministre !.... J'étais bien sûr que tu te serais trompé. En sortant •d'ici , 3003» irons, chezt le ministre actuel, r—» Cependant , Monsieur, «W^à l'autre que

OU L^WiàlflCB mOTAL. 1$Q

vous deve^ yo^empteio— • Sans doute, mai»

ce n'est pas une r$K<m jffNir.lui finira une vistttw -r* Depuis dix. an* qpi* j^i.Umaaenr d'ètrfe ai votre service* tous. M. vons :; gnt&iw îarairitf dispensé; — .Je le crtjjs jbi&n. , il y en. avaitonze qu'il était en pl*ce, je m$ parais bie&gardé de manquer à la reconnaissance que ^ lui 4evais; efface, efface son nom de montera à ce qu'on ne le voie pas , et écris bteû lisiblemotf, au-dessus celui de M. le tarée L^.^Qd Monsieur. — On dirait qu^ cela te coifctjwie* — C'est vrfd Monsieur : franchement > jp n'aivaispa» compté sur cette nouvelle vîfiite % et j'espét nia au contraire profiter du tems où tous séries chez votre ci-devant protetiteu* j pour aller présenter ;mes devoirs à mon: a&eien maître ,, qui loge dans; le même Jb^elv—- Comment est-ce que tu revois tes ancieta mitres? — Que voulez-vous , Monsîew> quand on. n esfc pas riche , il faut voir tout le monde. — C'est bien pensé , mon «mi \ tu as raison. — Je suit fâché seulement^ du circuit que cette visite nous obliger^ de faire piour arriver ebeat# madame de Bréeiin. — * Console-toi, je n'y vsufe pas cette année. — Comment } , Monsieur,

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tous n'irez pas chez cette, bonne madame de Brémin, qui vous aime tant, qui s'est donné tant de peine , il y a Huit tas , pour faire en* trer votre fils au Lycée? — Il est près d'en sortir. — Àh ! c'est différent. — Et puis y madame de Brémin n'a plus de crédit, cf influence, et j'ai trop peu de tems à perdre pour l'employer à faire des visites inutiles -, tu inscriras à sa place la jeune et jolie majlataié'dQ Tertilre, qui reçoit, dit-on; en secret, les: 1 hommages d'fcri grand seigneur que lé bruit public revêt déjà d'unje dignité éminente. — Allons x Monsieur, je vois qu'il me faudra-' rayer tousles noms que j'avais écrit, et dans le nombre desquels il y en avait quelques-uns que* je suis bien loin de regretter; tel est celui de cet intrigant fiagariaz. — Qu'est-ce que tu dis donc? garde-toi d'effacer ce nom-là. — C'est celui d'un malheureux» — D'un hdmme très* riche , au contraire. — Qui doit sa fortune à ses friponneries.— Eh ! mon ami , un coquin riche n'est presque plus un coquin. — Songez donc, Monsieur le chevalier, aux différons rôles qu'il a joués depuis a 5 ans. — C'est de l'esprit, dû génie que cela. — Il a quitté le

oit l'almàhagh royal. 1S1

froc pour la carmagnole , la Carmagnole pour là giberne, la giberne pour la toge, la toge pour Thabit de cour. — Qui lui va très* bien. — 11 est facile de voir qu'il n est pas fait à stf taille. — André , je ne connais au monde quô deux sortes de personnes. — Oui , Monsieur * les honnêtes gens et les fripons. — C'est-à-dire les gens en place et ceux qui n'y sont pas. Je fais beaucoup de cas des uns , sans cependant mépriser tout-à-fait les autres. Pour estimer un homme, je ne. cherche point à connaître ce qu'il a été , je me borne à savoir ce qu'il est Pour le juger , je ne m'informe point de ce qu'il a fait , mais de ce qu'il peut faire. Pour régler ma conduite avec lui, je ne de mande point quels sont ses talens, ses vertus , mais seulement quelles sont ses relations , ses

connaissances et son crédit Fidèle à mon

système, je n'ai jamais blessé une autorité, de son vivant ; j'ai constamment été l'ami de tous tes gens en place qui ont brillé sur la scène du monde, et je me propose de l'être encore de tous ceux qui sont destinés à y figurer de nou- \eau. — De sorte que Monsieur rend moins de visites aux gens qu'aux places. ~ C'est pour

cela que ta n'evblier&s paç 4e mettre w» f*

li&tç) l'ambassadeur 4e c'est-à-dire le nom

4u coigtf 4 e : Jlilfart 9 que j'ai connu huis- *i$r à , tcœ8<ra è Mayenne* , et qui s'est fait gentilbftttWft dfi$ftft$ l* restauration. Qn prétend qu'il est^siguë pour une ambassade , et je suis sûr qu'il sera fort étonné de trouver mon nom chez lui.... Tu ajouteras, ce petit avocat de campagne , qui a }a.dis ruiné deux de 3pçs oncles > et qui , depuis dix ans , poussé par l'intrigue , soutenu par l'audace , s* est glissé à la tête d'un petit ministère , où, il s'est assuré la haine de tout ce qui l'entoure ; peu de personnes iront le voir, et il me saura gré 4e mon attention. — Mais , Monsieur le che~ talier > puisque vous tenez tant à l'étiquette , et que vous êtes décidé à ne faire grâce à aucune puissance , que n'emportons -nous T Aima- Bach royal ; ce sera pour vous une distraction fort agréable pendant la route , et un guide sûr à l'aide duquel vous êtes bien certain que personne ne vous échappera. — Au fait , tu as raison , dit en riant le chevalier, il prit tous son bras le livre qui , suivant l'expression de Rivarol, renferme le plus de vérités.*., au

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commencement de Tannée , et il partit pour uti voyage où ye He suis pas Tenté de te strirre. C'est ainsi que Kégoïstoe et l'ambition gâtent tout , et corrompent Jitfqtf xûx feabitudéi* les plus simples j jusqu'aux usages les plus respectables ;~c^St ainsi' qde TintéVêt fait tourner à son avantage une coutume dont Tunique objet est d'entretenir dans notre âme des émotions douces, r des œ&ttiaeti* d£Eetttu*aûL^ et que les vœux de la cupidité viennent se mêler aux accens de la tendresse, à la voix delà piété filiale ; aux hommages de la reconnaissance.

l5£ ME PARASITE,

n°. xiv. — 9 Janvier i8i5.

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