‹ Le rôdeur français, ou, Les mœurs du jour [signed De R..... ] (volume 2)Chapitre 7 sur 60 · LA MAISON A QUATRE ÉTAGES · texte numérisé non relu

LA MAISON A QUATRE ÉTAGES

Tout ©e qui est, «>t faicii* Pop».

G'bst un spectacle à -la -fois instructif et notai , qtie celui du changement que le tems et les révolutions apportent dans l'existence et la fortune de certains personnages; riei}. nç prouve mieux l'influence dû hasard et l'aveu-* glement de la bonne déesse que le choix de ses feyoris. Il y a souvent de quoi en rougir pour^e.

Je demandais ces jours derniers à M m *. dç Nerzal> <ie qu'était devenu ce pauvre comto Dorsan que j'avais connu si riche en 89. Je craignais qu'il n'eût péri dans un des beaux jours de la révolution. Riche, noble, sincè-

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rement attache à la famille royale *, il possédait toutes les vertus qui menaient à l'échafaud , et l'on en avait tant immolé qui ne le valaient pas , qu'il me paraissait tout simple qu'on ne l'eût pas oublié. D'ailleurs en parcourant l'almanacfc impérial , je n'avais pas .trouvé son nom dans la liste des chambellans de l'empereur ; depuis le retour de S. M. Louis XVI II, je n'avais pas rencontré sa personne dans les salles du château , et j'en concluais tout naturellement qu'un gentilhomme qui ne se montre pas à la cour, n'existe plus. Heureusement pour lui, je me trompais; M me . de Nerzal m'apprit que le comte vivait encore , et qu'il demeurait toujours dans son hôte) de la rue de Seine ; C'est là que je l'avais oonnu ; jeune , aimable , considéré, il y jouissait d'une santé qui faisait envie , et d'une fortune qui lui faisait Imnneur. Nos. familles avaient jadis. été liées d'intérêt et d'amitié -, les circonstance^ seules nous avaient séparés : aussi pensais- je qu'après une absence de vingt-deux ans, M. Dorsan mt reversait peut-être avec plaisir.

Dès le lendemain je me présentai à son hôtel ; je le trouvai embelli. Le péristyle et le

A QUATRE ETAGES. lr

vestibule étaient ornés de cariatides. Des caisses de fleurs d'une extrême rareté , bordaient lé grand escalier; elles annonçaient à-la-fois les goûts et l'opulence du maître. Je m'arrêtai au premier étage. J'y demandai M. le comte Dorsan. M. Dorsan! me dit assez lestement un grand laquais , dont la livrée toute neuve m'é* tait entièrement inconnue. Oh ! monsieur/ vous en êtes. loin! Il vous reste encore trois étages à monter. Je crus qu'il ne m'avait pas entendu. Je réitérai ma demande ; sa* réponse fut la même : il y ajouta seulement un petit ton d'impertinence qui ne me permit pas de lui faire une nouvelle question.

Je me décidai à prendre le chemin du quatrième étage , et j'y arrivai, non sansm'étre reposé en route. Introduit dans un petit appartement meublé avec une simplicité un peu recherchée > mais avec un goût exquis. J'y trouvai M. le comte ; il était occupé à répondre à un de ses parens , qui - sollicitait # une compagnie dans le régiment de la Reine, et qui. fondait tous ses droits sur ce qu'il n'avait jamais servi. Je me nommai -, M. Dorsan me recourut , et m'accueillit avec une frai*-

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