‹ Le rôdeur français, ou, Les mœurs du jour [signed De R..... ]Chapitre 11 sur 42 · LUS AMIS DU FEINGB · texte numérisé non relu

LUS AMIS DU FEINGB

Ce monarque qui a fait trembler FEurope , et qui y comme Auguste et Përidès , a mérita de donner son nom. à son siècle , eut aussi des favoris et des maltresses ^ mais la rëvocation de redit de Nantes a prouyé qu'il n'avait pa3 d'amis.

C'est surtout dans les circonstances diiOS-f ciles^ que les conseils de l'amitië doubleraient d'utilitë pour les souverains ; il y a, selon moi^ pins de véritable courage à s^opposer aux prc-^ jets d'tine guerre injuste , qu'à en subir toute? les chances dëfavoriables : mourir pour le prince n'est pas toujours la meilleure manière de lui prouver son dévouement. D'ailleurs ^ nç meurt-on pas tous les jours pour soutenir une cause qui n'est pas la nôtre? Ne meurton pas pour consolider le trône d'un prince qui u'^ est pas appelé par notre vœu ? Ne meurt-on pas pour contribuer au triomphe d'un parti opposé à notre opinion, à nos sentimens^ à nos intérêts? Que de royalistes sont morts dans la révolution en défendant la cause de la Ubertéi Que de républicains ont perdu la vie eu soutenant l'honneur du trône impérial ! Chez les âmes droites^ la patrie passe avant le prince;

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heureux les moûarques qui font came ooknmuo^ ai^ec elle ! '- ' i. ...

• Qudqu«6nim se disetit-los amis dnptdliioci^ quiHid^oiit rëelleme&t que les vik paûëgjnnstei àe sëB'àfotiOïàs y (m l«i« -aenâeiirs kupertlâisms db sa conduite ; exagérant le bien et le mal , 3l nuisent* ^galem^eut a€i souveram qu'ils protendent servir ^ soit quHl^liiî prêtent les verbu qu'il n'a pas'^ soit qu'ils lui refusent les quafi^ tés qu'il possède. Les premiers afiectent un eoh thousiasme qui se ^refroidit s^il n'ost iJimcfut^ par quelques récoboipe^o^ses ; les seconds ae jA^ quent d'une impatrliali té qui prend sa dourcf loin des honneurs^ et qui va se peréhre dans'k première place qui lui est ofierie.

Je ne nommerai point ami du prince ceé^eon^ seillers perfides qui^ mesurant la gloire des mo^ tiarques sur l'étendue de leurs états ^ entretien* ncnt dans leur esprit cette manie de conquêtes d^à si <Jommuhe aux souverains -, ces monstres qui, regardant la guerre comme la seule distraction digne d'occuper les loisirs d'tm grand roî; leur persuadent de la déclarer à leurs voisins, i^n de leur procurer ïe bonheur de mourir sous leur domination. Qui ne sait que dëpareih

lifiS AMIS DU PRINCE. SS

ommes détruisent ^ ea voulant l'étendre , la aissance qu'ils préconisent^ que leurs vains rejets d'agrandissement hâtent la chute des npires \ et qu'au jour du revers ^ ils volent tf secours du vainqueur.

Ils ne sont point les amis du prince ces )urti$ans ëhontés ^ esclaves volontaires des toindres caprices de leur maître ^ qui se glofient de leur servitude et s'honorent de leur bëtssance ; ces Séïdes du despotisme qui ne nent qu'un homme dans l'état , et saorifielient à sa voix parens , amis , patrie ; ces mi-^ istres timides qui prêtent un front docile au ^ qu'on leur impose^ et qui approuvent mtement des mesures qu'ils blanaènt en se- «t*, ces magistrats sans pudeur^ rajeunissant s harangues du sénat romain, et accoutur* ;ant par degrés le monarque à ne trouver aum obstacle à ses volontés y. aucun frein à ses 5sirs; ces écrivains adulataires^ pour qui tout :te du souverain est un sujet d'éloge ^ et dont

plus grand crime à mes yeux efet d'essayer pouvoir de la flatteri-e sur le coeur d'un g|-aad ymme.

Ils ne sont pas non plus les amis du prince j(

56 lES AMIS DV PlIKCff.

ces Français qui y revenus de l'exil au bout d^ vingt axis ^ se persuadent qu'ils sont seuls la France , et qu'ils nous rapportent la patrie ; ils ne sont pas les amis du prince ces homme» qui^ en dëpit des conseils de Texpërience^ voudraient asseoir les fondemens de la monarchie sur les bases de la fëodalitë*, ces vieillards qui^ jaloux d'arrêter les progrès du temps , essayent de faire reculer le siècle^ et s'efforcent de croire qu'ils n'ont passe qu'un jour hors de leur patrie; enfin ^ ils ne sont pas les amis du prince^ ces historiens infidèles qui tentent d'obscurdr une gloire acquise an prix du sang français , et qui est devenue l'héritage du monarque et la richesse de la nation.

Les amis du prince ne peuvent être que les amis dé Fëtat ; la gloire de l'un est inséparable des intérêts de l'autre; un monarque n'est puissant qu'autant qu'il est respecté ; il ne peut l'être qu'en régnant par les lois et par la justice y qu'en s'occupant à fonder sur la tranquillité de la génération présente le bonheur des générations à venir -, ces vains simulacres de puissance^ ces conquêtes d'un moment , ces. propriétés du canon ^ que la ruse dispute à 1%

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force y que la force enlève à la nise^ n'ajoutent rien à la prospérité des nations^ et causent souvent le malheur des peuples immolés à l'anor bition de leurs souverains.

n ne serait pas Tami du prince ^ celui qui négligerait de lui faire entendre la voix dei la raison^ qui ne lui dirait pas : Sois grand par ta sagesse ^ sois fort par la clémence ^ sois puissant par la vertu *, souviens-toi que les lauriers somt teints de sang et de larmes ^ que la victoire la plus éclatante ne vaut pas les pleurs qu'elle fait répandre ^ et qu'il vaut mieux mériter l'amour du peuple que l'on gouverne ^ que de s'attirer la haine des peuples que l'on a conquis.

Il ne serait pas l'ami du prince y celui qui ne s'opposerait pas avec courage à tous les actes qui peuvent porter quelque atteinte à la gloire du monarque ; et compromettre la liberté des sujets ^ celui qui ne veillerait pas scrupuleusement à maintenir intacts l'honneur du souve^ rain et les droits du peuple *, celui enfin qui ne regarderait pas comme le premier des devoirs de ne jamais cacher la vérité à l'homme de bien digne de l'entendre ^ et capable d'en profiter*

58 EKS'AHtS t>V ttllïtti.

Xa France « retrouvé ses Itollani]^ Ses CriflOD, ses Bayard) son' Monarque : elle ne peut manquer de voir apparaître dans son sein un nouveau d'Âubigné, un autre Sully; et pentétre en ce moment où je les cherche encore, l'sTmilîé du souverain qui a devance nos vceux les désigne-t-elle d'avance à la reconnaissiaicé de la nation.

LES yoTAOES d'un SÉMATEUA. 5g

N®. VII. — 7 Octobre 1814.

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