MON TOUR DE GARDE
Alagois opibus dormitur in urbei ( JOTSWAI., SaUre 3.)
Ce n'eat qu'à prix d'or qu'on peiil doxofft dans cette ville.
Haut les armes! rompez les rangs! marche!... et nous entrons au corps-de-garde de la mairie du cinquième arrondissement^ pour y déposer nos fusils. Notre sergent^ qui est on ancien militaire ^ et qui fait son devoir en conscience ^ ferme la porte sur nous y et commence à haute voix l'appel nominal des gardes nationaux qui doivent composer le poste. Ma
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ompâgnie est renommée pour sou exactitude ; assi , sur seize hommes commandes l'avantaille ^ il n'en manquait que trois*, savoir : un •ropriétaire très-riche , qui s'est constamment ispensë de faire son service y mais qui a rëguèrement assisté à tous les banquets de la arda nationale \ et qui le premier s'était déoré du liseré bleu; un employé supérieur, ont on vient d'augmenter les appointemens y t qui^ par économie^ ne s'est point encore abillé ; un petit marchand de nouveautés. • • 'elui-ci arriva comme on l'appelait : il s'excusa eaucoup de s'être fait attendre cinq minutes ; . les avait employées à fermer son magasin ^ t^ quoiqu'il fit encore jour^ il avait préféré 3 désagrément de perdre deux ou trois heures e vente , au déplaisir de s'entendre accuser 'inexactitude. L'appel fini y le sergent nous endit la liberté. Quelques-uns en profitèrent our fumer en attendant leur faction ; d'autres estèrent au corps-de-garde , en essayant de s'y istraire. L'officier y jaloux de s'instruire y déorait le manuel du gardénia tional et l'école e pelotott. Notre sergent^ qui s'était fait ap- >orter les journaux du mois passé ^ les lisait
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attentivement , afin de se mettre au com'anf des nouvelles. Quatre chasseurs jouaient aa piquet-voleur le déjeuner du lendemain , tâa« dis que les deux caporaux se disputaient siy la yalidîté de leurs droits à la décoration de la Légion d'honneur. Le premier faisait sonner bien haut son ancienneté dans les galons de laine y qu'il possédait eu effet depuis la formation du corps. Il ne comptait point de campagnes ; mais il mettait en ayant cinq revues^ dix gardes et seize patrouilles \ ce qui ne laissait pas qiia d'avoir son lAérite. Il msistait su^ tout sur ce qu'il ne dormait jamais au corpsde-garde V sacrifice qui , selon lui j tke pouvait être trop récompensé..
Le deuxième^ plus modeste^ ancien ser^ gent du i\i^^.y s'était trouvé à l'affaire da 3 1 mars. Il avait été blessé d'un coup de lance au bras et d'une balle morte à la jambe dit)ite^ en faisant deux Busses prisonniers. Cette ao ticn^ dont notre capitaine avait été témoia, lui avait valu le grade de caporal , avec promesse d'avancement ; cependant il ne paraissait pas aussi certain de son fait que^50B camatsÂe^ qui comptait au nombre de ses droit»
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ramîtié de son cousia le chef de légion. En affaires comme en amour , ce sont de terribles adversaires que les cousins ! ces gens-là font chanceler jusqu'à la justice.
Lia soirée se passa sans événement remar^^ quable. Vers minuit ^ on parla de faire une patrouille; et comme le temps était superbe , on voulut la pousser un peu loin. Je demandai et j'obtins de faire partie de cette promenade militaire. Nous partîmes du corps-dc-garde en assez bon ordre ^ ayant à notre tête l'aspirant à la Légion d honneur ^ qui nous commanda de marcher absolument à volonté. Nous primes le boulevard Saint-Martin. En passant auprès du Jardia-des -Princes , nous aperçûmes deux hommes qui sortaient de la maison de jeu qu'on allait fermer ; ils se désespéraient , et se reprochaient mutuellement la perte qu'ils venaient d'éprouver. Ces deux amis ^ persuadés qu'il suffisait d'avoir intérieurement désiré le retour des Bourbons pour avoir droit à des récompenses ^ étaient partis du fond de leur province pour venir solliciter à Paris. Dans la certitude où ils étaient d'être placés sur-lechamp ^ ils avaient entamé leurs revenus de
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Fannée prochaine ; le sëjour q[u'ils ay aient fait dans la capitale les avait cruellement détrompés. Après avoir tenté la faveur, nos deux provinciaux eurent l'imprudence de tenter la fortune *, aux antichambres des ministres succédèrent les maisons de jeu. La soirée qui venait de s'écouler avait détruit toutes leurs illusions , englouti toutes leurs ressources ^ anéanti toutes leurs espérances. Dans la crainte des fripons , crainte assez naturelle à Paris ! ils portaient leur fortune en portefeuille -, et cette précaution salutaire qui devait les sauver , avait au contraire doublé leur malheur. Il n'entre point dans les attributions de la patrouille de consoler les joueurs que le bonheur abandonne , nous engageâmes ceux-ci à se plaindre un peu moiùs haut ; et chacun de nous fit en marchant de bien tristes réflexions sur cette foule d'étrangers , qui n'apporte ses prétentions à Paris que pour y laisser sa fortune , et qui ne se ressouvient de la capitale que par les chagrins qu'elle est venue y chercher.
Vers le milieu de la rue Sainte-Avoye nous rencontrâmes un ouvrier qui criait à tue-téte : et sur un air tout à fait différent de celui de
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