TOUS
ttê ÏAÊLÉtTES D*UN iTRlNGSR.
N^ ir. — 5 Septembre i8i5.
LÈS TABLETTES ÛtJN ÉtRÂNGEH-
WiM je vîil'étraagtr, plot j'aimai më patrie.
CDvbsli.oz.)l
tins £sctission assez int^re^sanfe s'était Ae*
née, Tàtitre jour, chez la baronne dé S ;
elle ^vait donne lieu aux plui$ singuliers raisonnemens : il s'agissait de ropinion dcfs ëtran-^ gers à notre ëgard. Chacun des personnages! de la société, leur prêtait généreusement ^a ma-nière de Toir, ne présumant pas qu'ils pussent en avoir une autre. Madame la Baronne , qui souriait malignement du cadeau^ se contentait «d'accueillir avec un petit mouvement d'épaule presqu'imperceptible , chacun des sentimensi émis en sa présence. Je n'avais point pris pari à la conversation : )*observais ^ en silence , leê interlocuteurs qui parlaient avec une chaleur^
12 lES TABLETTES
une volubilitë qui ne leur permettait plus de s'entendre ; ils en étaient là depuis un quart
d'heure^ lorsque madame de S fît si^e de
Ta main qu'elle désirait de parler. A l'instant , chacun se tait^ et les regards fixes sur le nouvel orateur^ il cherche h lire dans ses traits Tapprobation qu'il espère, et dont son amourpropre ne lui permet pas d« douter.
ir il ne m'appartient point ^ sans doute ^ dit la Baronne avec un son de voix dont la douceur n'altérait point la malice , il ne m'appar* tient point de lutter avec des hommes aussi sages qu'éclairés ^ dont Topinion y en pareille matière , ne peut être que le fruit de longues méditations^ ou le résultat -d'une conviction intime ; aussi ^ ne viens-je pas leur présenter un adversaire) digne d'eux , mais bien jeter dans leurs rangs un auxiliaire dont ils peuvent tirer le plus grand parti. Ces tablettes y dit-elle en me remettant un petit livre de maroquin rouge, sont celles d'un oflScier anglais qui les a oubliées chez mon oncle où*il a été logé pendant une partie de son séjour dans la capitale. Elles vous feront connaître l'opinion que cet étranger avait de /nous. Cependant; je crois qu'il