‹ Le rôdeur français, ou, Les mœurs du jour [signed De R..... ]Chapitre 21 sur 42 · LE BOULEVARD DE GAND · texte numérisé non relu

LE BOULEVARD DE GAND

Sit« homme* ,Ia plupart ^toni ëtrangtmeni faites

( MoXxBa*. )

Il est rare que le Palaîs-Rojal n'ait pas fa première visite de l'étranger qui arrive dans la capitale *, plus rare encore qu'il s'en tienne à celle-là. Tout concourt à rendre ce séjour dangereux^ l'une des plus agréables promenades de Paris. Là on trouve tout ce qu'on désire^ et quelquefois plus qu'on ne souhaite. On y vend de Fesprit ^ de la morale'^ du plaisir , et des regrets : on y trouve réunis le finaticier qui spéiiiile^ l'auteur qui compose , la beauté qui passe, le rentier qui se promène^ le politique qui radote, et le désœuvré qui les re-

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L'œil de Tobservateur trouve i s y exercer à chaque instant *, on n y peut faire un pas sans être flatte^ surpris ou indiguë des objets qu'on y rencontre. Auprès d une riche boutique étincelante d'or , de bijoux et de pierreries , le hasard a placé le sombre atelier d'un marchand de bottes ; le restaurateur célèbre qui nourrit le corps ^ fait face au libraire qui cherche à nourrir l'esprit ; le magasin du tailleur qui vous habille touche à la maison de jeu qui vous dépouille; et, en sortant du boudoir des grâces , vous n'avez souvent qu'un pas à faire pour entrer dans le temple d'Hyppocrate.

Les Tuileries n'offrent point cette bigarrure d'objets^ mais la promenade y présente un coup d'œil chartnant*, c'est là que la vu^ie étale avec orgueil ses nouvelles découverjtes , ses ingénieuses inventions , fruits précieux du goût et de l'étude ; c'est là qu'un jeune homme viett essayer le pantalon russe ^ l'habit américain; c'est là que, pour la première fois^ on se montce parée du chapeau aaglais ou de l'ëcharpe écossaise. Le tailleur vient y méditer. b coupe d'un nouvel habit ^ la niodeate coûta* rière vient y recueillir les éloges prodij^ i^

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ses robes à la vierge. Nouchalamment étendu sur deux chaises qu'il oubliera de payer ^ le commis-marchand y passe eu reyue la coquette qui agace le désir , et la prude qui le repousse \ la jeuxie fille qui se donné des airs de femme ^ et la femme qui se donne des airs de jeune fille ; le vieillard qui veut reculer les bornes de la galanterie , et le jeune homme qui a passé celles de l'impolitesse. Mais ^ tandis quil pour*^ suit le cours de ses piquantes observations , il est lui-même en butte à la malignité de deux femmes qui Tout reconnu , et qui lui rendent anec usure les épigrammes dont il gratifie sou prochain.

Le jardin du Luxembourg est ordinaire^ jneut le lieu d'études des élèves en droit et dei itttdians. en médecine. Quelques habitans du faubourg Saint<Germain viennent y régler leur montre au cadran de Thorloge de la Chambre des Pairs ^ et pairceurir lentement ces longues ' et tristes allées , où l'on rencontre par hasard un comédien de Fodéon apprenant le râle d'une pièce nouvelle; une jolie bonne d'enfimt que poursuit avec ^Ité un jeune docteur en herbe j une vieille £cmme qui se réchauff^^

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au sol^]^ à cÀtë de son mari qui s'est endormr 5ur une brochure de M. Bergasse.

Le Jardin-des-Planles , situé à l'extrémité de Paris ^ est d*une grande ressource pour cen^ qui aiment la solitude -, on y rencontre souvent des personnes du même âge ^ mais d'un sexe dififérent qui mettent à vous éviter .autant d'empressement que vous en apportez à chercher à les reconnaître. La plupart des femmes qui s'y promènent y font usage d'un Toile qui cache leurs traits et les rend méconnaissables même aux yeux de leurs amis. C'est une pré* caution sage contre la chaleur du soleil qui a soustrait plusieurs de ces dam«s à rinfluencf de cet astre brûlant.

Un rayon de soleil ^ quoique douteux , m'av Tait fait sortir de chez moi l'autre jour *, je to»lais essayer de perdre encore une journée à h promenade. Indécis sur le lieu que je devais choisir pour y faire ma station , je longeais lentement les boulevards ^ jetant de temps à autre un coup d'œil furtif sur les nombreuses caricatures qui forment aujourd'hui la devanture des boutiques de nos marchands d'estampes ^ et toujours étonné de n'y voir que deS'

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