LES DEUX FRÈRES
Va fiète est on aaU ètVMé par la Bâlorf. ( LtfooVTi. Mbit ^AbcL)
MM. Nerville épient de ricKes habifans cle ChâlellerauU \ ils devaient leur opulence au commerce de leur père.qui^ en mourant^ leur avait laissé une fortune immense. L'alnë^ tourmenté d'un petit grain d'ambition , avait , dès 1787 , alongë son nom d'upe syllabe^ et l'avait fait suivre^ l'année d'après , du nom d'un petit village dont il était devenu le seignenr : on l'ap-* pelait , à un quart de lieue à la ronde , M. de Nerville de Saint -AÎaurice. Député du tiers aux Etats généraux ^ il 7 protesta de toute sa force .contre tout ce qui avait le moindre caractère de résistance à l'autorité, et d'innovation^
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tandis que son frère , qui avait obtenu le même lionoeor; arccucilkit avectramsport tant^ks propositions de cfiangemféAt;'de renversement, étr botdiBrerWftient qiri circulaient dans Fassemblée, et concourait ^ sans le savoir^ peutêtre^ à la chute d'un trône qu'^touraient des siècles d'amour^ de- gloire et de grandeur!
Enthousiaste des talens et des principes du courageux Cazalès ^ M. de Saint-Maurice cherchait a marcher sur ses traces; et Neuville, séduit par Téloquénte audace du comte de Mirabeau ^ augmentait avec érgueil le nombre de «es prosâytes. '
Eflrayés delà tnarche rapide des évèitrènietas^, xnetiàcés par leé fureurs populàités^ tes {nrindèi qiiîttèrèïit le foyaudaef; et la ttôbïwsf^ iisà^ çaîsé , dont rhoùneui* est la pWtioîètë loi , torftiit d'elle-même se ràûgér sotls leùirs di^apekni M. dé Saint - Môuricè fut Vnii deis préïhiêrs à suivre un si belexeniplé; tandis qu'il faiàail à son Bôi le sacrifice de ses biens et de se$ jours y son frère seéondàit les efforts dé Ver- , gnîaud, Gaudet, Brissot, Gensonné^ etc., qui demandaient une loi de rigueur contre les émigrés. Je dois cependant rendre justice à
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ces difux frères *) tout ea suivant des sentiers si opposes ; i]s'ii.'oublIaient point les âeroîrs q[tte leur imposait le lien qui les unissait : Nerville^ après avoir adroitement soustrait au Couver^ nement tine faible partie des biens de son frère y .lui en^t passer la valeur av^c une SGmptderuse exactitude ; et lorsqu'à Coblentz on lan^^ait quelques mots piquans sur la conduite du membre de l'assemblée législative ^ M. d< Saint^Manrice prenait sa défense avec une eha-« leur qui prouvait à quel point les droits de la nature étaient sacrés pour lui.
La campagne de 179a s'ouvrit. Nerville^ qui n'avait point été réélu à la convention^ prit le parti des armes ^ et servit sous le général Keltennann ^ dont le nom sC' rattache au pre-. mier succès que les Français ont obtenu dans les guerres de la révolution» La bataille de Valmy> donnée le 1^ septembre t^ga ^ est lan de nos premiers titres de gloire *, le roi de PrufiisBe y commandait en personne. Meryille fit des prodiges de valeur^ et mérita les éloges du général *, bientôt après il passa dans l'armée deDumourier^ et^fut témoin de la fameuse retraite du duc de Brunswick. Entraînés J>ai^
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celle 'valeur bouillante qui a toujours' é l'apanage des Français ^ plusieurs émigrés 1 trouT.èrént enveloppés par une compagnie i hussards commandée par Nerville'. * • Qudqûe uns se font jour à travers l'année; les autrei et c'est heureuseoient le plus petit nombre ne peuvent parvéïkir à s'écbapi>êr. On les' et^ duit au capitiûne , qui dans lun ^euai recoi naît son frère. • • Entouré de soldats , il n'a se livrer auxmouvemens de son cœur*. • Il im pose silence à ses regards *, ' il compose so visage 9 donne à sa voix, un ton d'assuranc qu'elle est bien loin d'avoir^ et fait suhit M. de Saint -Maurice un interrogatoire à<m éliàque mot est un coup de poignard pour lui Maii^ dès que Tobscurité de la nuit Ta délivr de h mainte d'être reconnu , il court- à la pri son de son frère ^ brise ses cbaines , le re?é d'un uniforme français ^ le conduit lui-^mém* jusqu'aux avant-postes ennemis^ et le sauve ai péril de ses jours. . • C'est en vain que son frèr lui représente les dangers qu'il court s'il , es rencontré, il ne veut le quitter qu'avec la cer titude qu'il est sauvé. . . M. de Saint-Mauric< le presse d'abandonner un pays en pro^e au:
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Iiorrertirs de Tanarchie . aux malheurs des guerres ciyiles *, mais y trop attaché aux lieux qui Foat vu uaUre ; ^enrîUe ne peut quitter la France. : l'espoir d'jr faire un peu de bien, d'adoucir quel^pies chagrins^ d'essuyer quel- €fS^ larmes y et d'arracher aux hommes qui la gouvernent quelques-unes des victimes qu'Os ^Bvpient. chaque jour à Téchafaud^ suffit à son ambition.. • Les deux frères s'arrêtent • s'emlorassent et se s^[>arent avec le regret de ne 4^uvoir assigner une ëpoque à leur prochaine Jréunion.
Six ans s'étaient écoules. Nerville , parveni| .au grade de cplonel y n'avait reçu aucune nouvelle de son frère ; seulement il savait que son courage et son attachement à la famille rojale l'avaient fait distinguer par les princes^ et lut avaient procuré l'honneur d'un commande* ment. Les troubles de la Vendée n'étaient pa» encore appaû^és \ le Haut-Poifôu signalait eur core sa fidéKté aux Bourbons . et combattait pour le petit-fils de Saint Louis Le Gouvernement français envoya des troupes pour soumettre ceux qu'à cette époque y il appelait des rebelles. Le régiment de NerviUe fut du a. 8.
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nombre de ceux dë^ign^s pour cette expëditiotr; il partit pour Mortagne; Après quelques jours d'observation , les deux armëes qui brûlaient 'd'en venir aui mains ^ se livrèrent cfombaf. Tout ce que peut inspirer la ruse et l'audace', tout ce que peut tenter la pfiideAce èf lé courage , tout ce que peut entreprendre té sang froid et la valeur fut mis ëh usage dès deux côtés. Le colonel Nerville , blessa j ftit fait prlsdnbier , et présente au général vetidéén qui y en l'apercevant , jeta un cri , et côurtit 3è précipiter dans ses bras.... Revenu de sbti étonnement, Nferville voulait intérrogélr M. de Saint-Maufice^ qui lui im{)osa sileiicé^ fitpan^ sër ses blessures , et certain dd peu dé datigel: qu'elles oâraient , ^ livra sans rékérVè à la joie de fetoîr. un frère dont il avait été ^i îôôg* tetn^s feéj)àré. '
La paciâèalioti de I800 reftiAït enfin la bnttt* quilllté à ces inalfa^ûrètt^es contrées. Néfville fut rappelé par le Ifiînistré, et M. de Sàlttl- Maurice , fidèle à la càtirse de febii souverain , demanda et obtliit dë^ pàëàe-pot'ts pourl*** t<)unîer en Angleterre.
Kerville^ pendant soti séjour à Mortagne
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n'avait point questionné soa frère sur l'ëtat de ses affaires *, il pensait, avec quelqn'apparence de raidon , que les chances de la guerre avaient pu lixt -cr^er une tiouvelle fortune ^ et que l'espèce de simplicité àvôc laquelle il se mon-» trait à ses jéux^ était moins le résultat de la tnodicité dé seâ revenus que TeiS^t de son choix.
8èi ^tprisè fut exttéine^ lorsqu'au -boni da quelques temps il apprit d'un de ses «mis qui revenait de Londres Texiguité de sa fortuite 9 il conkf aissait trop le boble caractère et l-opiïiton invariable de M. de Saiht-MMirice p^uf lui proposer de vivre en France j lui-mÀoie était peu riche alors ; mais ^ ayant reçu de Buona* parte une dotation de 4^000 fr. en payséltuttger, il s'etkipressa de la partager avec ^o^ frèhé ^ qui versa des larmes d'attendrissement eti^^bévant répargne de l'amitié.
Quoique TAnglelerré let k Fraàee fu^^ent CDtotifluellement en guerre, iios deux feèr^ s'écrivaîetit très-souvent. Leur'ceirreependaèiee avait cela dé remarquable^ qu'ils ^se féisaiétît nne confidence récrprotjwe de îeé^h^r^^ftè^ dont le but était loin d'être le même , et que
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cette confidence n'altérait point leur atettlifi M. de Saint-Maurice ne pouvait s'emp^her.dç montrer à son frère le désir et Tespoir qa*il avait de voir l'héritier de Heiuri. IV rentrer .dans la succession de ses pères , et le colonel ne cessait d'instruire son frère des progrès de nos armes ^ de la rapidité. de nos succès^ de l'immensité de nos conquêtes qui , en portant an plus haut période la gloire des armées firançaises^ semblait détruire l'espérance de M. de Saint-Maurice.
. Là campagne de Moiscpi; arriva ; ses débuts l*emplirent l'Eairope d'admiration et d'épou; vante *, mais quelques nuits suffirent pour briser une puissance contre laquelle toutes les autres puissances étaient venues jusqu'alors se briser. Iferville^ privé d'un bras^ fait prisonnier d$ns les a£Sreux marais de la Bérésina ^ apprit à la fois^ au fond de la Russie^ l'abdication de l'empereur , le retour du Roi, les honneurs conservés à l'armée française , et la perte de sa dotation..,, n ne fut sensible qu'au bonheur àe sa patrie , qvd.y jqprès vingt ans de guerre^ .f oyait enfin huit l'aurore de la paix ; et à la
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I0 soa frère gui allait recevoir la recoin- I 4/0 son dérouement.
asî, tandis que des milliers de familles it dÏTisées par l'esprit de parti, ces deux . , quoique d'une opinion différente , n'en ent pas moins toujours unis ; quelle que (àt inière de voir de chacun sur les grands mens dont il avait été témoin , il respec- Dpinion de son frère, ou , s'il cherchait à aener à la sienne , il employait , pour le incre , les armes de la raison qui font Le prosélytes que les puissances de la per-
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NO. XVII. — 3 Mai 1816.