LA FÊTE ©U ROL
L'alUgcewe da peupl* Ml l*ëlog« an n»
M. DU Ca.
On se trompa t6i3lq«^o&..fSitiag!ne que les personnages Idf bmmb odJnjip(fe font les plus 1 heureux. On né îRk«mit-ca))^er tons les dësa-
grëmens^ to lÀfrâapem.qui entourent les pauvres gens qui n'tnit' rien à faire. Dès leur rëveil^ embarrasses d'eux-mêmes^ inquiets sur l'emploi de leur journée , exposés à périr d'en- \ nui , s'il n'ont pas l'art de tuer le temps , on i mourir de plaisir s'ils n'ont pas la sagesse d'en user avec économie; ils redoutent également l'oisiveté et l'agitation.
Que faire aujourd'hui ? est une question
que je m adresse souvent , et à laquelle je n^ (
ïik VÈtE DU BOU a48
ré^omcti f^qotfamai» tdutidtiuikèi^iiMpn qiui
cela in'«ii0igéit ffkn^imwipMi^
niis^ apoincft qne^ 4e 4eiifS 4 aalfite^ ^jvialiaiB
Kais promis. Cet Aoêm^k' sammA k tout lé monde. On commence par se manquer àa-plkJh rôle 'Sans le savoir; tm finit par ^n aumquer aux autres sacs le vonlôir : oda deviiiiieosuH^ ofiè babifude dont on &e fmt jkm m drffdire.
Ausflî , fe M conaeillerftis à persoime èeiè fier fintièr^Ql^Bil MBL)pcoQaC89ca;c'eéEtnp€faaBcèB)e>: pria ressemble au Mîriiifffia^ aof Hà^ il y en a W d^blM».-. .•■.■• *
Pmnr n'avœr pas dé reprocfito & mt fiihte , jfe ne forme phn^ aucun projet faviance; je laisse doucement au tem^ le soin dé le fiifre nahre'^ nu hasrird celui de rtie guider ; je yars , je viens ^ jm mo eondiris enfin selon ce qu'il platt i ces deux grands maîtres^ contre la puissance des*
quds j'essaierais en varin de lutter. *
Cependant il y a des circonstances , dçs éih* nemetas^ des époques qui sont de vëritable^ jbonnes fortunes pour ta jfd^ene (ir).L'ai;inçmcè
(i) Le mot n'^st pu âtns le Dictioniiàre , unie. ...
Si^ IX VÊTS DU BOL.
panduB sur un prince dont la. vie défend asses la Dàof t
Comme le Roi tardait à paraître y il nous prit ?nvie de contempler de pln$ près chacun de ces, portraits, et de deyiner, pour aiaû dire y quel sentiment animait le hëros à rin&tant où Iq {i^intre avait fixé ses t^aits^ sur la toile. Il nous semblait entendre le maréchal Augerean répondre à. quelques chefs da parti qui tentaient sa fidélité. . .,% Croyez -votis qn0 «c je coDseiate à perdre le nom: que j'ai acquis «r dans les ornées , en me faisant chef de n)i-» n sérables comniie vous ? ^ ... Que le duc de Tarente s'écriait : « Je n'ai jamais trahi ni b e princ4^ ni l'état I d. Que le maréchal Oudinot d^isaijt : « Je snii» sans penr et sans reproche. « Que le prince d'Esslî^g criait au. génénal: lien l^s : c< L'annfée évaluera Gèpes avec acmes et « bagage^ j ou bien elle se fera jour demain «r pa; la forcQ des baXonnetteSi » Que le dus
4e Montebello A Tiostant un.Hmvmnte
ftnitfBur circule dans la saUe^ la porte s'eune; le monarque parait ; chac«n se précipite atn deViiint du souverain ^ dont les '. regards m promènent avec la plus toucba|ite bonté suf
tous ses sujets. Les. spectateurs attendâs sonjL prêts à embrasser ses genoux; les cri^ redouT blent; les acclamatloiis semultiplietlti se^xo^ longeot^ et telle est rillu&H)a produite par cet ÇBtliousiasDie firaupals , que j'ai en^ voir chacun, des tableaux s'agiter et entendre- sortir de laquelle des guerriers- gu'jjUrfprés^oteuty ce cri de. viVe ïliéritierdG »9tn^£loire^'*^ 0f le père de nos eiifatis / . ,
. Cette scèue avait éam mes parentes g notif sortimes du château p^r iaire ud^ tour daiis^ i« jardin des Tuileries. Un temps xnagni^f.favO';» visait notre promenadiiç : ce)x>uf-U ^l^cici} 4taU de moitié dans les fêtes de la tert^. . [ . . , Je m'amusai à compter le nombu^ d^s.î^ qui devaient servir à l'il]iuminatios( de la'S4t* vée -: sans doute il rftait moins cpvsidàrable qiim •celui des années prëc^den^;, '^laisi minevaiH che, le nombre des' visage» jojeu^^t^it,d4(}blér lies femmes , sq^oi^tj^^ étaient dani) ih^ ravissement cpii approchait du délire; ell^ ^cwres^ saient, elles embrassaient leurs enfanji ave4 uno. tendresse i&exprîmaUe ;. elh»\ jfktaienf ensuite<up çoiqp dfosil ve^ If ^bfb|iQaii>. ejbrcé oonp d'<£il 4îl§it): « g>Stift9iftt(9nstitqi«eje,pQi|Bm4 ?i il.
95o 11 Fin T^v a^'r.
« livrer k la doucenr d'être mère I ... Je les fer* m rai vivre ceax-Ià... et du moins ce seront eut te qui fermeront ma paupière. » ~
Après avoir fait quelques tours dans ce jar« din^ qui retentissait des cris d'amour et de joie^ je proposai à mes parentes de les con* duire aux Français. Les portes du temple étaient assaillies par la foule la plus singulière que j'aie jamais vue. Des ouvriers encore afRi^ blés des vétemens de leur travail , des pcusardes endimAnchée3 , des charbonniers noircissant leurs voisines , des perruquiers blanchissant leurs voisins , des enfans se faufilant en cachette, des forts de la Halle se faisant jonr par la menace , de bons rentiers , de jeunes fiUes , des hommes de tons les états , je dirai presque de toutes les couleurs, gamisÎMient les avenues du théâtre , et se poussaient dam la salle , en chantant l'air wVe Henri IV! avec une force de poumons et un accord de sentiment-qui les dispensaient de mesure et d'har monie.
Mes cousines n'cMèrent jamais essajfer de le faire jour è travers la foule ; le désk* ne put ['emporter sur la firajeur d'être ooudoyéef;
%Jk FiTl DU EOIé dSl^
fiioissëes; ttOnlueft, dans le court trajet qu'elles »iF^ot-encpre à faire pour entrer. E31es ajournènent au leudemain un plakir qui devait ntfo^$éairement perdre de sa vivacité. Jer^;rettai de n'avoif pas été témoin de éetti^- représentation^ oùTalma a^ dit -on, dignement re* présenté le monarque que Louis XYIII nOIis a rendu.
:' De là nous allâmes chez un restaurateur^ \le mes amis , où j'ai l'habitude de dîner les joîirs de fêtes. J'avais exalté à mes parentes la prodi<». gieuse mémoire et l'étonnante activité de aei garçons ; j'en fus pour mes éloges. Ge jour^là ik avaient perdu' la tête ; on ne pouvait rien obtenir d'eux , ils vous servaient tout de travers^ et quand vous vousliasardiez à leur faire quelques observations ,■ ils vous répondaient' en chantant :galment à tiie-téte :
« Mous ayons notrs père
« De Gand .
« Nous avons nôtre père ! »
On- les entctndait , dans l'ofllce y rire /s^mi^ brasser, et crier des vi^e le Roi! qui, dans un antre moment; m'auraient £ût -encore plus '
^3 LA FÉTfi BU ROI«
de plaisir. Le maître nous pria de les ^i&Cus^r.; Le motif ét^it trop louable pour i^e pas le fair^^, Deux de ces garçons étaient del!imAi^aoe conscription, d^ 181 5 V leur joi0 ët«it: bif^anat»-; riïUe ! Le retenu des Bourl>oqi^ éfaiît poi»E fiux un certificat de vje.
Ce fut Ipien autre chose loiïsque nous fûmes dans la rue : les illuminations , les drapeaux, blancs j les inscriptions ingénieuseaJormaioit lui spectacle enchanteur. P^$ baisses de jeu-: Txe$ gens y des troupes de oiusi^ii^s. parcoun raient les quartiers de J^a çapUalfi. em scinplissfint Les airs de ce chi^nt f^^pri. 4opt nous ajvons été sevrés pendant. Jo^i-t^mpft. Un graud nf>mi>vfi .de, d^wçsfe 4^8 UiH^ilU fojsjnMieiitj des danses sur la pl^c^ 4^^ l4%poç9P^p ^ l'ins-, t^nt où not^ trav/srsipns ,, fiH^ i^p^^urept un grenadier de U. si^îliù gftMo Ifû pM94it daq». la rue aux Fers \ et de suite elles députèrent vers lui deux des plti» jeunes dames pour le prier de leur faire l'honneur dé danser avec elles. «Volontiers^ dit le soldat ; » et sur-le-^ champ il est ammïjà^^A», qefvd^ fiémijiMi y qjii Ha s<^e 4'nn "cri généiud de ou^^K lesbvaye^ ! a\{guel il r^ppnd par un cri de vi^e lnJ^raniceh
m faîiant SRuter en l'air toa boaoet . . Je vis: e momeut où ces damcï «Uaieot en faîna «ui tjtDt... EmM H cQnMUfwniQ d« L'qmbcwier ivec une eObsioa de coeur qui faisait sourira ]uel([uss apectateurt , et iâiie la idooe à dbiiz leux ou tl^oi8 duuetin facile de rester dum l'inaction. >
Je Dteretirais chez moi par U ^e Sliatm Denis,. Ionise, vers le milieu de la nm, ff fus surpris par ud dort^ge de ieunes.fîJleETétiMa le blanc , qui porUient le b)ute.ile S. AL ;. elldil l'arrosaient avec des fleurs que quatre d'entre elles puisaient dans de vastes corlieiUes. On ivait ^crit âur le Histe ces mots : Eu lai seul est notre espmr; if nous rendra la paix , qui nous rendrk Ipni lé rettei
Je réUcchissais à la gaité de cette fêle de famille, il l'uoion désirée des Fr^inçaîs^ je l'appelais par mes v<eui: , et je me flalfais antérieurement de toucher à ce moment si' nécessaire pour notre repos et notre indépendance. Tout sa réÛécliissant ainsi , je venais de frapper à ua porte , et de déplojer mon mouchoir de 3oche ; j'étais prêt à eu faire usage , lorsqu'un >étard , lancé d'une fenêtre voUine , est venu
i54 u. >iti sv ftor.
tomber entre mM mains, et a éduti aoùs taon ua en sefdatat jour k trarers mon mouchoir. . . Ce*t , dit-on , le seul acddent majeur de la joum^.
■ Heureux les rois qa'Onféte si franchement
et à si peu de frais ! Heureux les penjJa
qui ne songeut plus à leurs malheurs- lorsqu'il e'agit de Hier leur monarque , et qui , pUini dé confiance en sa prudente sagesse , et s'en «apportant à lui du aoia de leur bonheur, oa- Uient le présent en faveu' de l'avenir 1
tts ÛBOiéfWfë SSi
»«. xxhv — 31 Octobre i8i4* LES égoïstes.
Primo Imifaf S^vnmlo mUtit
SoHGER il sm est , sans doute ^ une cliose fort 9te, mais il ne faut pas pousser trop loin tte attentiotat. La fiimille de Sënanges avait ndn de grands services au vicomte d^Herbain^ i ne laiesîût échapper aucune occasion -d« nter sa reconnaiisance^ et qui soupirait , diit^il^ après le uMiment de la prouver. Il ne iDAftit pas une fiHe sans que la fiimilTej assist^ sans qu'elle occupât lès places d'honneur, ne causait jamais avec M. de Sënanges^ sans i témoigner le plut tendre intérêt pour son ffls imle> et sans'le prier instamment dé disposer ^ lui pour sou avancement , trop làewtox
s56 lES teo3si4Mi
d'être utile à une famille respectable y à laquelle il avait les plus gi:aad^ oUiga;tioaa^ Qm offres de service furent ianUdi||fei» réitérées , ftUe& le furent avec un nix de ifanchiae et da bonne foi si naturel ^ ^e le comte se promit de les réclamer lorèque Toccasion s'en présenterait. A quelques jours de là^ Emile de Sénanges ^ que son père destinait à suivre la carrière diplomatique ^ apprit qu'une place de secrétaire d'ambassade ^ qui faisait l'objet de tous ses vœux^ allait devenir vacante par la mort du titulaire qui était à l'agonie. Sachant combien M. d'Herbain était lié a;^c}e ministre, et quel poids aurait sa reçommaadation auprès de sonexcelIsBce^Eqcile&ittroiiiMtrle viçouite. 11 l'instruisit d'une vacafice do9t U ne-ite doutait pas , et à laquelle il iteliisfijl d'4b^ de croire. EtfiS'-vousbt«n69i?^;ei9:^iij^^K)itt0 ivrat' cez ? dit-îlau )euiie df SéMttgel. -^ "Xr^iiSr^ répondit ceIuihçî..--*:lHa dan^r ? ''^^ Ett fédl — L^ mort?. — Est ceDtaîne;).«oi|{9UidQ0tn:m*eil ^ a répondu. — « Et pevsoMqie il'e6t-iVi«i»truiidM I cet événement ?^ — 'PeKso^9f|i:c^0o»iy9.,.'ex<c9ep1^ quelqui35 pi^reng que lo dateur ïirmi devoir <H ]^eyur ; i^ais ^qi|B Jkurpi^ MinJiâra fmif j
LES ÉGOÏSTES. a&7.
attendu qu'ils n'hërltent pas. — Ne perdons, pas un instant, s'ëcria le vicomte , à qui Emile offrit sa voiture pour les conduire chez Je mi« nistre où il pa;raissait désirerde se rendre. Pendant le chemiQ^ le jeune Sénanges, enchante d*aToir été devin/é.par M. d'Herbaiu, dont la^ délicate prévenance lui avait épargné la peine, de s'expliquer tout à fait^ s'étendait avec complaisance sur les devoirs et les avantages d'ua secrétair^e d'ambassade. Il parlait politique , commerce) législation, et semblait vouloir donner un échantillon de ses vastes coqnals^ sanc^SL à ;son protecteur qui, dp aon càté, sou-*, riait de temps à autre , et se oontiuitaif de dirv^ k demi-voûc : Il faut avouer que cela est bien, heureux. Arrivés à l'hôtel du ministre , le vi-} comte desceodit ) et Sénanges, impatient d».
connaître lé résultat d'une démarche entreprisa, pour lui., proposa à M. d'Herbain de l'attendre^ Celui-çr revint, au bout de cinq heures ; sa fi-?» gure était rajonnante. A peine fut-il dans la voiture , qu'il embrassa Elmile avec transport^ tf Ah ! mon jeune ami ^ lui dit-il , ma reconnais-y ^nce sera éternelle. — - Comme la mienne , xéf pliqui^ $énanges«-r* Vous ne ui'en devçapa94
a58 his AcoVstM.-
-— Que dites-vous 1 Là galtë qui brille dâi traits ne m'aunouèe^t-eHe pas que tous rîénssi ? i— Je l'àfoue , et cela n'a pas éU peine ; car maigre l'assQrïince que vous iti donnée , le secret de la ttujadie de noire diplomate a transpiré^ et ce matin le ini a reçu trois cent cinquante denlandespot place qui, depuis hier seulement , menace vacante. — ^Irois cent cinquante demanda Sans compter celles qu'il recevra encore temps après que la placé aura ëtë donni Mais ne Test-elle pas? — Je suis parvenu k porter sur une foule de solliciteurs , doi ^acets étaient surchargés d'apostilles notre homme meure à présent , et nous t tranquilles I » Tout en discourant ainsi arriva à Thôtel du vicomte qui ne voulc Souffirir qu'Emilele quittât avant d'avoir et sente à sa famille : elle était rassemblée d salon. Â peine y fut-on entré, que M. i bain dit k l'un de ses neveux : Adolphe merde M. de Sénanges^ c'est à lui que devons encore le bonheur qui nea« arri^ jourd'hui : tu viens d'être nomme secr .d'ambasMide. Immobile de surprise ^ éU