‹ Le rôdeur français, ou, Les mœurs du jour [signed De R..... ]Chapitre 40 sur 42 · LES MONTAGNES RUSSES · texte numérisé non relu

LES MONTAGNES RUSSES

La Biocle ett vu tyxm/doBl rieii ne 'non* délivre , A «on tiûtane coftt jl £aut t'accvnmoder t .

Et êon» Ma follea lois étant forcé de TÎvze , 2#«'Mge n'est )amais le pntnler à la HâiVB9y . ^i h dernier k la quiuer»

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de 410^ jovial*

L'année qui vient de s'écouler n'a point 4i^

.^^11^9486 len'îfiveniiôns'nQUT^lles ; peu.d!ou-

T^KTag^^ 4kamati^U!Qs pQt ^u le prirUége 4fe fiiw

^J'iiicmistàkioe du public) k £Emle se s-ett ao-

tétét cpi'nià instant soiCaié des mille Colonne^

Jl y a long-temps que la maîtresse de ce c;afé

(t) PayiUon.

a66 I.BS MONTAGNES RUSSES.

est à la mode. Hamlet n'a fait frémir qu'une quinzaine ; les brochures du vicomte , les soirées de Corinne n'ont eu que la vogue d un moment Les distractions morales du président ont fait peu de sensation*, mais les cachemires ont tué son discours : les cachemires ont une puissance morale à laquelle on ne résiste p^s.

De tous les enfans de la mode et du caprice que cette aunée a vus naitre ^ les Montagnes russes seules menacent dé vivre long-temps; elles ont déjà tous les symptômes de la célér brité : onles chante, on les joue, on les mange f eShss ont inspiré des couplets fort gais à Ton de nos plus spirituels chansonniers (i) , un tableau piquant à trois vaudevillistes estimés (2) , •et des bonbons d'un goût exquis à deux confiseurs dont la renommée vole de bouche en bouche.

Paris est la capitale du monde où Ton accueille avee le plus d'empressement les modes étrangères. Les montagnes artificielles étaient imitées de celles des lies de Chrisio%yskY et

(1) M. Oury.

fa) Les Montagnes Russes, ânTandevi^è,

LES MONTAGNES BUSSES. 267

Jelaquinn en Russie : aussi , dès qu'elles furent élevées , le jardin qui les renfermait devint la promenade à la mode.

La position topographique de ce jardin ^ les divers plaisirs qui s'y trouvent réunis contri* buèrent aussi à sa vogue rapide. Il est placé vis-à-vis le bois de Boulogne , qui ne présente plus à nos regards que le triste aspect d'une plaine immense^ k quelques pas de la barrière^ et dans le même endroit où le Paustéréonama mo^tre aux curieux^ Naples^ Rome^ Londres^ Amsterdam et Paris sur une table de douze pieds cariés. .Dès l'entrée ^ quelques massifs d'arbres , quelques touffes de fleurs reposent agréablement la vue ; à gauche un petit bois invite » la rêverie ; à droite , une salle de danse , un tir d'armes à feu , des jeux de bagues , etc. j offrent une récréation variée ^ ceux qui ne peuvent ou qui n'osent dégringoler.

En ma qualité d'observateur , je devais une visite à ce nouveau jardin. Je la remettais de jour en jour; peut-être même n'y serais-je allé que Tannée prochaine, si le pouvoir de la mode ne m'v avait condjiit d'une façon assez. singulière. Il y a quelques jours, je reçus d'un

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3e mes anciens camarades une petite lettre pleine de protestations d'amitié etdedemaDdes de service; il me priait de voir de sa part trois personnes qa'il m'indiquait ^ et il m'assurait de sa reconnaissance. Dès que j'eus un momeat de libre 9 ftn profitai pour faii« mes yisites. Je un présentai diez M. de Seymours , ric^e banquier de la Chaussée-d' Antin ; j'étais porteur d'une lettre que j'avois ordre de ne rstnetlre qu'à lui seul. Le concierge* m'annonça que Monsieur était sorti ; et comme il s'aperçut de ma surprise^ il ajouta que^ depuis quelques {oxvs , son maître avait pris l'habitude d'aller passer une partie de sa journée aux Afontaffics russes. D'aptes sa réponse^ je dirigeai mes pas vers làmiaison de M. Prévd , jeune avoeat, que j'étais iiiargé de consulter de k part de mon ami ; ma seconde course ne fut pas fins beurense que la premiène : Préval étudiait, aux Montagnes russes, les moyens de défense doitt il comptait faire usage dans une caus célèbre qu'il devait plaider le lendemain.

Je devais prendre çbez M^^. N..., actrî de la Comédie française y le manuscrit d'« tragédie que mon ami lui ayait adressée a

JLES MONTAGNES KUSSMSf ^Ç^

priéro de s y iutéresser ^ et dont il a'tTait paseu de nouvelles depuis dix-huit mois. Je crair goais y eu me prësentaut ches elle avajit midi ^ de troubler son rep^s > mais je fus d^tcomp^ par une petite femme de chambre trés^lerte ^ qui m'instruisit que sa^ maîtresse était partie 4ès le matiu , pour aUes: se faire ramasser auv Montagnes russes.

Eu vériU , dis-je eu me retîraut^ il u^ppu-* Mit m'arrivev nen. de plus heuxeuit : je puis ^ Tinstani même contenter ma curiosité ea m^ débanassi^t des^ comipîssiont doJat on m'ayait efaargé *, e\ je prends aussitôt le d^Aomi de 1^ iyftrrière d^ Roule.

, il j a?ai^ à 1^ porte di4 ifa:âlji une foule ^Tëfuipa^ qui indiquaient le ba^it rang de^ priMBfteneurs. Au momeat d'entrer , je fum ac^ tmM ptff un homme d'utt certtin âgj&^, qui me patut atturé dana ce jardin par le mémt 3DOtif que moî. Ses regards se pertinent altecr natiirement swr les acteurs et les spectateun Un murire iij^perceptible , un léger fconce^* zMttt de souxcil'y étaient les seiiles m^rqua^ d'appfobation au d'improdbation qu'il se peiv afeettait. Tout le monde ^vait les yeux sur lui y

a7<> l'BS MONTAGNES RUSSÊ9.

•t semblait solliciter son suffrage. Je me sus bon gré de son voisinage ; et jugeant à son ton y à ses maiiières y aux égards dont il était l'objet y que je pourrais obtenir de lui quelcpies renseignemens sur les personnages qui s'amusaient à dégringoler , et dont la chute égayait les spectateurs^ je me déterminai à le prier de vouloir bien satisfaire ma curîosité.

« Volontiers ^ me réponditril en souriant comme un homme charmé de trouver roccasion de montrer ce qiiHI sait. Tous ces gens que vous vojez 'en haut et qui s'appi^étent à deiscendre ^ me sont tirés-connus; j'ai vécu dans leur intimité y et il fut un temps où ils m'estimaient assei peu pour se montrer à moi tels qu'ils étaient; tels qu'ils sont encore. » Comme il achevait de parler^ un char partit, et mon* voisin continua ainsi : a Ce petit homme qui y en dégringolant se plaint d'aller trop vite , est un des plus riches spéculateurs que nous ayons : il n'y a pas de maison de banque en Europe qui n'ait été dans le cas de traiter avec lui \ il a fait des affaires •avec l'Angleterre y avec l'Autriche y la Prusse ] la Russie y et ;' dans toutes , il a travaillé pour son compte avec un rare bonheur -^ un jpeu re^

IBS M0NTAGI9ES RUSSES. 27V.'

muant de sa nature , il a toujours un pied en l'air. Les maisons prêtes à faillir ont souvent recours à lui ) il les oblige au poids de l'or , el ne retire ses fonds de leurs mains que lorsqu'il se présente une occasion de les placer plus avantageusement. Sans marcher droit à sou but, il y arrive cependant plus facilement que ceux qui suivent une ligne directe ; et , dans ce moment où il a l'air de descendre , je ne serais pas étonne qu'il n^eùt déjà pris ses mesures pour remonter incessamment au sommet da pavillon qui se trouve derrière nous. »

Lé char du petit homme était à peine arrêté f que mon voisin me fit remarquer sur le poini le plus élevé de la montagne, un cavalier qui avait tontes les peines du monde à se décider à dégringoler. A sa droite était une jeune fille qu'à la douceur de ses traits on eût pris pour la sagesse, et à la simplicité de son costume pour la vertu : elle faisait tous ses efforts ^our le retenir ; elle lui montrait avecl>onté tous les dangers de la route où il allait s'engager , tandis qu'une vieillefemme, vêtue àTantique^lalance au poing , le casque en tête , et une mauvaise trompette de renommée à la bouche^ ne cessait

a^ IB8 VONT Aon ES BUSSES.

de le solliciter. L'une appelait à son secours la taisoD qui parle quelquefois trop bas pour se fiire entendre ; l'autre se contentait d'emboa"» •ker sa trompette qui couvrait facilement la ?oix de sa rivale. Le pauvre cavalier^ ami dn bruit; céda aux instances de la vieille femme; et se. précipita avec elle du haut en bas. S'il est vrai ; comme l'affirmait nwn voisin ; que faiit dtt bruit est un des grands plaisirs du cavalier, sa chute a dû hii causer une douce satisfaction ; cor il est tombé arec un fracas épouvantable.

Nous vîmes dégringoler successivement :

' Un monsieur Moi ; qui avait pris une mauvaise x'oute pour s'élever ; et qui, une fois ea baut; avait Cru pouvoir s'y maintenir en od« bKant te chemin qu'il avait parcouru^ et en reniant ses compagnons de rojage.

Un négociteiiit très^-ricbe qui faisait teop d-a^ jbires à l'Opéra et point assex à t» Bourse.

Un Viiem médecin qui parSatt d'amour k st% teiÛAàes ; Un jeune avocat qui parlait k«in à ses )ti$es '; un journaliste ^ parlait raisM à ses àbomiés.

Dlstns cette fdùle dé genâ^ q^ se faisaient ra* masser ; je n'avais point encore a)^r^ les per-

LES MOHTAGMB» SVfSES. a^

sounages que j'étais venu chercher. Je craignais qu'ils n'«ufiMal déjà quitté la place, et je ra'^gprétais à les imiter Ictfsqu'un brouhaha d'applandÎBsemeDs me fit lever la tête. J'apecçus M. de Seymours dégringolaul atec une jeuue

danseuse, et mademoiselle N • faisant route

avec M. Sréval. Je courus les attendre au bout du voyage ; après leur avoir expliqué les motifs de ma singulière visite , ils retournèrent i lenrj«Q,etjé les laissai continuer un exercice <|ui avait pour' eux tout l'attrait d'un plaisir.

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If<>. XXVI.

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