‹ Le rôdeur français, ou, Les mœurs du jour [signed De R..... ]Chapitre 41 sur 42 · CORRESPONDANCE · texte numérisé non relu

CORRESPONDANCE

Paris , k x8 térniet itift

A MON8IEUIL LB BÔDEUft.

Ezf vente ^ Monsieur ^ c'est une grande calamité que cette manière expéditive avec laquelle on bâcle tout aujourd'hui !*ilja'est pas jusqu'aux procès qui n'aillent un frain d'eàfer. Une cause est gagnée ou perdue dans la qi^nzaine. On n'a pas le temps de s'jr recotina^tre : nous autres habitues du palais ^ nous ne pourrons jamais nous faire ii cette marche-là. En quatre séances, ce pauvre M. Béy... , je dis pauvre sans tirer à conséquence , s'est vu débouter de sa demande et de ses prétentions sans avoir eu le temps de nous faire quelques-unes de ces révélations

CORRKSFOnBANCE. 27S

scundaleuses dont son Mémoire nons avait

dbkinë un avant goût ; certainement ce n'est

j>a» la honte qui Ta retenu ^ mais c'est le temps

<|ui lui a manqué. Ce clier homme ! 11 en avait

tant à nous dire sur le compte de sa femme et

de ses persécuteurs! heureusement qu'il erx

appelle , et que ^ cette fois-ci^ il aura un avocat ^

du moins celui-là parlera^ ou nous aurons bien

du malheur.

Ah ! Monsieur ; le bon temps des affaires criminelles est passé. Je ne sais pas si ^ comme le dit ma voisine ^ nous commençons à devenir meilleurs ; mais je sais que les bons procès deviennent rares : nous n'avons plus de ces affaires en calomnies ; où le calomnié prenait si bien sa revanche *, nous n'avons plus de ces affaires de faux si éclatantes , de ces affaires de faux où la vérité avait tant de peine à se faire jouri de ces affaires où les juges, les témoins et l'auditoire s'embrouillaient à qui mieux mieux; où les apparètices changeaient tellement d'un moment à l'autre la nature de la cause. et la situation des parties que la même personne pariait tantôt pour ^ tantôt contre les accusés^ Je pleure encore de plaisir au souvenir du pr<h

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éès Mkhel et R^[uier^ qui a fraintf si Meinent en longueur» J'ai en le bosl It'en pas perdre une séance ; aussi , à 1.

Fffffaire, fen savais presqu'âutant quea éieurs qui ^ par un excès de modestie q saurait trop louer, voulaient nouB pe:

qu'ils n'y avaient rien compris.

Depuis le fameux procès de M>^. d haut^ à qui Ton a bien dit qu'elle n'ëi hk marquise y mais à qui on ff oubB^ < ^i elle ^tait ^ les tribunaux végètent, ques petites bonnes fortunes otif encori nos loisirs ^ mais elles ont été rares ^ 1 Aialheur , elles n'ont pas duré. Nous »

le petif empoisonnement de Cfaoisy , qi d'une manière à Paris ^ d^une autfe à Ter 6t qui a foujouts été très-bien )ug^ part procès de M. Huppé, qui reprochait h sa d'avoir eu presque trois maris ^ te dont justifiait en accusant son époux d'avoir < femmes timt à fait ; la plaisanterie de M Ael qui , par pudeur ou par obstinati foulait pas absolument que son mari qu'il avait à cœur d'être y et ce que le ti l'a convaincu d'avoir été-, mais y Moi

XORRESÉOMSiMCi. ^77

truies ces affaires^Ià sont tef minées , et nous ^n sommes maintenant réduits à courir cha^e soir au tribunal criminel de la porte Saint*' Martin ,■ pour entendre plaider la Pie voleuse et M. d'Anglade. Je conviens que ces procèsi« là ont leur mérite -, la Vertu s'y tire toujours^^^ d'affaire avec assez de bodheur -, l'aetitm en est vive et asse2 bien filée ; les rncidens sont inté'^ ressanB\jft bien préparés ^ l'audience est sou-** vent coupée par de petits ballets qui ont Tarailtage de <£vertrr TauditoiTe et les accusés y ce ^ui manque au Palais de Justice-, mais tout cela n'occupe que nos soirées y et les jouméts d'un rentier sont si longues !

Je m'étais laissé dire dans le monde ^ et jufCK de ma joie à cette nouvelle ^ que le Journal de Paris avait un procès dont la cause était singulière , et dont les détails laisaient espérer des scènes comiques et des plaidoyers originAtti. On prétendait qu'une dame qui s'est fait tiomme de lettres , uniquement pour ton plaisir ^âyâttt fait recevoir et ttettre à l'étude une espèce de petite cotnidie eu cinq actëS; de«a façon , avait trouvé màwvÂis que l'un des rédacteurs du Journsd de Paria se £fct ayisé de soulever te

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voile qui la dérobait encore à l'adoiirattoQ an pnblic , et qu'elle avait eu recours aux tribunaux pour faire punir cette coupable indiscrétion ^ qui suffisait y disait-elle , pour faire perdre aux curieux qui visitent FOdéon^ l'envie de v^r voir la pièce nouvelle. Par quelle fatalité la montagne a-t-elle encore une fois en-* fauté une souris 7 M"^^. Julie Mole y conoitesse de Vàliivon ^ et ancienne actrice du^ théâtre Louvois y après avoir commencé les hostilités, a jugé à propos de les cesser. Elle s'est désistée de sa plainte -, et au mépris des égards dus à un nooibreux auditoire rassemblé pour l'entendre y elle nous a privés de quelques scènes pliaisantes qui n'auraient pas manqué d'égajer ce procès , que plusieurs appelaient une cause •de carnaval.

Madame la comtesse se retire , c'est à merveille *, mais ces messieurs abandonneront-ils le champ de bataille sans combattre ^ et n'ontils pas ^ dans la conduite de leur adversaire , la source d'un bel et bon procès qui nous ferait passer quelques matinées agréables. Quoi ! on leur demandait des dommages et intéiféts pour te tort imaginaire qu'ils avaient fait h l'auteur

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d^ane pièce inconnue ! ce qui , entre nons soit clit^ avait l'air d une mauvaise plaisanterie, et ils négligeraient à leur tour d'exiger les dommages et intérêts pour le tort réel que l'auteur leur fait f en condamnant à l'obscurité son petit chefd'œuvre allemand ! Calculons. L'ouvrage eût obtenu ^ je n'en doute pas ^ un succès Brillant ; mais aujourd'hui que la main-d^œuvre est si chère , la gloire est hors de prix , et l'on ne réussit plus gratis. Nous avons les billets de rigueur^ les loges de complaisance^ les cadeaux d'habitude , et mille autres menus frais d'usage dont on n'est remboursé à certain théâtre que par les complimens de l'administration ou le suffrage des amateurs. Enretirïmt sa pièce , l'auteur s'est épargné tous ces fraislà ; c'est pour lui de l'argent trouvé : mais aussi ^ par cette démarche , de combien d'articles ^ de combien d'abonnés n'a-t-il pas privé le Journal de Paris !

La pièce jouée , quelques feuilletons em*preints d'une critique spirituelle et légère , d'autant plus piquante qu'elle eât alors été di*^ rigée contre un ouvrage destiné à briller d'nit éclat immoste) , auraient éveillé la curiosité

z80 eo&asspoKDAMc^.

]>arisi€iu^e ^ la, foule maligne les aniait lus avec.; avidité.^ 0lle les aurait recherches ai^ec •mpre^semedt *, et dans la crainte d'en laisser échftpper qaelque»-ttus^ elle eut pris le cheïnia du bureau d'ahounement du journal. Ainsi totre article a mis cinquante louis dans la poche de Tauteur^ ce qui est nn beau cadeau-, et son action vous a prive d'une douzaine dar^ ticles et d une ceutaiae d'ahonnds y ce qui est un fort vilain trait Je conclus donc ^ mon cher Rôdeur , à ce que vous engagiet les propriétaires du Journal de Parijs à attaquer tout de luite devant les tribunaux M"'^ la comtesse de YalEvOn^ pour qu'elle soit forcée de restituer les abonnemens cpi'elle leur a enlevés y ou tout au moins condamner à £ûre jouer la pièce y ce qui est de toute justice. Us doivent cela à leur honneur y ei surtout à l'intérêt que leur porte un vieil h^bitné du Palais^ un vieil ami des procès qu'on menace de prendre par fjamine> et qui^ dans €#• mome^t'ci ^ n'a pour toute récréation que le procèi^ d^ Augustines eldesSwik^rdineS; quisera^ dit-on^ plaidéavec cMeur ; et l'affwre des itWkSk de Jtf . Lannes ,

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qui ?eulent absolument avoir tous les deux pour père le duc de Montëbello.

J*airhoniieur d'être^ et€.

J.'P. Dandin , abonni aux séances ik la Cour criminelle j et des dif firent tridunanx.

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Â,,. , dëpftrfemeiit ck...», It 9 noytÉdurt i8ft6^

MoirsiEtru le Xlèoroi:^

Vous ayez aanOBcë le d^ir iê taper \en^ ^icule partout o& il st trouv^aitv Péntreprise €st louable , mais la tàebft est difficvle. Vet* mettez que je vienne à vôtre secouiv. II faut absolument que jcr t^us Mette dans la conft^ dencc d'une mystification judievaîre ^i vîenC é'accômpagner la rentrés def tribunaux de notre endroit. Elle a fait asseï de bruit pour mériter tin^ place dans votre mémoire critiquer C'est un quiproquo d'une nouvelle espèce qui amusera vos lecteurt. Les détails que yè vou&

aSa CORRRS^ONDANCE.

fais passer sont vrais ^ ils sont exacts, demandez plutôt...

La rentrée a eu lieu la semaine dernière devant un grand notnbre d'amis de la justice. Tous nos messieurs étaient en robe. Notre président seul y qui avait une revue à passer , était en ba^ bit d'officier de la garde nationale. Ce n'est pas qu'il soit ennemi de la robe , au contraire; mais il sait que Thabit ne fait pas Thomme: en effet, quel que soit le costume de notre président ; il est toujours le même.

C'est lui qui , dans le temps ^ s'était avisé de loger Bonaparte au-delà de F histoire humaine^ et de le flàcer au'^ssus de T admiration ^ ce qui était assurément fort généreux de sa part. Une chose plus étonnante^ c'est que notre président avait dit cela sans rire'; c'est un homme qui garde à merveille son sérieux; que les circonstances ne trouvent jamais en défaut y et qui a un nom qui lui porte bonheur y car il se trouve toujours le cousin du premier de nos messieurs. Vous allez voir comment il se tira du mauvais pas où le hasard l'avait jeté ce jour-là.

Ce pauvre président avait passé ls| nuit à ré*

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ter un beau discours d'ouverture qui , commd vous le pensez bien , né^ parlait que de justice ^ et ne s'éloignait pas des attributions de nos messieurs. Il l'avait écrit très-lisiblement sur une feuille de papier grand-aigle qui lui restait de son ancienne provision *, il l'avait plié en quatre et mis dans la poche de sa robe *, mais ne voila-t;i) pas que se souvenant le matin qu'il est de revue ^ notre président endosse son ha-<^ bit d'of&cier^ met son bonnet de grenadier^ oublie le discours , et part pour la cérémonie^' la poche vide , et n'ayant rien dans la tête de ce qu'il devait dire , car il avait négligé d'ap* prendre son discours ; c'était bien assez pour lui de l'avoir composé.

Au moment de parler, le pauvre président tousse , crache ^ se mouche , et tire de sa poche sept ou huit morceaux de papier sur lesquels étaient consignés des lambeaux critiques sur les mœurs et les actrices ,. sur le divorce et lar^ chitecture , sur la mode et le matérialisme , sur les maladies morales et le danger des ca« chemires.

C'était un ainas de petites notes que^ dans ses momens pejrdus^ notre président avait dé-.

jA4 ÇORBESFOHDiNCI.

lob^s à ïHermile de la Chaussée-^ A ntin ^ au Glaneur, au Rôdeur ^ et à quelques autres ouvrages de ce genre , où chacun a peint les moeurs à sa volontë* Il s'aperçut à l'instant même de son étourderie *, mais comnoLC s'il eut été habitue à de pareilles contrariâtes^ il n'eut ]pas J'air d y faire attention , et lut^ avec une gravité dont se dispensa l'auditoire, le discours rai vaut que j'ai copié de mémoire j, à l'excepfi^n du préambule que je n^ai po retenir^ faut« ^ l'avoir bien compris.

Femmi^s. — Elles oat la hardiesse de s»

mettre à la mode , ce qui coûte beaucoup 3 leurs maris. Les cachemires ont tué la vertus c'est le tombeau de la fidélité conjugale.

TnÉÀTmES. -^ Etaient moins muabreoi sC plus moraux autrefois. Voir U Mariage. d$ Figaro y Vénui Péleràie et tes BaMus paietH tamende,

MAiiitQE. «-- On a fait coatracteraux eB{an$ une bien mauvaise habitude dès leur plus bas âge; on les accoutume à appeler tout le monde papa , ce qui non-seulement scandalise les mo^

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