‹ Le rôdeur français, ou, Les mœurs du jour [signed De R..... ]Chapitre 9 sur 42 · LES AMIS DU PRINGE · texte numérisé non relu

LES AMIS DU PRINGE

. L'amitié doit «e :ftoafraettt à Uê^ ecfmmnai»

( LÀ BaUTBAX. )

• Moins violente , mais jjus durable qoe l'atnour^ moins exigeante dans ses prétentions ; plus'simple dans ses' di^ôursV plus dëàintéreseéé'dans ses sacrifices , pins entière dans son dtfVouéménl^, Fabiitië, dit Platon ^ « est une « bienveilWce rëeiproquè ^' qui rend deux «. -êtres également soigneux du bonheur l'un « de l'autre. » Cette société de pertes et de gains doit avoir pour base l'égalité de mœurs et l'indépendance de caractère : de là vient , ' sans doute , que le^ rois , qui ont toujours des flatteurs ^ souvent des Ëiyoïfis , quelquefois des maîtres , ont rarement -dëé amis.

Cet intervalle imihense qui sépare le son-

lES AMIS nV PRINCE. "^

reralu du sujet ^ œ pouvoir sans bornas d'ua :ôté , et àe Fautre cette soumission sans rë- >enre ^ sont autant d'obstacles contre lesquels rient se bris^er la fragile amitié des cours.

S'il y a quelquefois de l'oi^ueil > il j a sourent du courage à se montrer vëritablemeijit .'ami du prince : les rois, ces illustres ingrats^ le sont pas toujours disposés à reconnaître ^ à ippréciernos services; la flatterie^ qui faitseninelle aux pieds du trône y en ferme l'accès ft a vérité, et, quelques clairvojans que soient es monarques , il est rare qu'à travers les valeurs de l'encens qui s'élève autour d'eux , ils puissent distinguer l'ami fidèle du courtisan lervile qui en emprunte si facilement le langage «t les traits.

Quelques sujetS'Ont payé de leur vie l'amitié p'ils portaient àleur souverain. Clitus, qui sauva a vie à son roi au passage du Granique, Ciitus aeurt de la main di Alexandre y de cet ambiieux qui n'a compté que trop d'imitateurs, le ce conquérant qui a fait encore plus de mal . lliuinanité par son exemple que par ses exiloits , et que n'ont cependant pu flétrir dans a mémoire des hommes, ni l'embrasement de a. 3

So X.ES AMIS DU PRINCE.

Thèbes et d'Halicarnasse ^ ni regorgement des 'Marmariens y ni le meurtre de Parmënion et de Pbilotas , ni le sang de vingt nations verse pour consacrer ses glorieuses folies.

Strafford expie sur Téchafaud son attachement pour son roi ; sollicité par l'intrigue et la calomnie , Chartes I^^*. abando«ne aux fac» lieux l'ami de son cœur^ l'un des plus fermes soutiens de son trône ; il signe en gémissant Tarrét de mort de son ministre ^ trop heureux lui-même de mourir avant l'infortuné monar*»

g[ue y et d'emporter au tombeau la douce persuasion que son trépas va cimenter la paix du royaume , en réconciliant le prince et ses sujeto.

€es deux exemples, choisis entre mille autres y suffisent pour prouver que l'amitié des rois n'est pas sans danger, et que celui qui s'en rend digne peut avoir également à redouter la liaine des courtisans et l'ingratitude du monarque. Quoi qu'on en dise, les rois sont hom^ mes , la louange les chatouille , la censure les irrite-, ils souffrent impatiemment qu'on résiste à leur volonté : habitués à l'adulation , ils s'ér tonnent toujours de trouver un homme debout au milieu de la foule qui se prosterne.

XES ÀWia. PU PWNCB. ti

Et cependant , qu'ils ne. $ y trotmpent paa , Bt homme<^U tieàt souveat «entre fies «i«iiu nie partie de leur gloice ; c'est à la sagesse de es conseils^ donna sans intérêt^ c'est à la se-* "érîfë fde ses reproches ^ adressés sans mena"* [emeiity qu'30 devront peut-élre un jpur cette -enommëe qui triomphe du temps et qui per^ ^taera leur souvenir. N^en doutons point , ce IfonanqtteJ&ançais dont nous aimons jusqu'aux aiblesses ^ Henri IV serait moins grand sans 'ànflexîUe Su%^ ce digne mintstrls qui conbndait dans sa pensée le bonbenr du peuple ;t la ^oire de son roi , ne lui épargâait ni les (ris, ni les remontrances -^ sa courageuse amiiê bravait iout , s^exposait à tout ^ et , grâce m .sens droit du monarque y. eUe parvenait à rîompfaer de tout. Celui-là se connaissait bien iQ Jiommes , celui-là. méritait, bien un pareil lévouement , qui , lealgré.la violence de son imour. disait i Gabrielle, en lui montrant hillj : (c Je TOUS déclare que si j'étais réduit c en cette nécessité de perdre l'un ou l'-autre^ c yd '■ me passerais mieux de dix maltresses c comme vous , que d'un serviteur xommo c lui. » Convenons aussi que , même -au milieii

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