RDV PEN ERP RENE ET RRSMEREET SEE TT CE PRE NT
|toir.. vous vous arrêterez tout à coup, telles des
lavandières haletantes et fatiguées !.…
Dans larouge buanderie d’un champ de bataille, vaporant la mort sous un soleil africain, assis sur des monceaux d’or, vous poserez enfin vos mains sanguinolentes à plat sur vos cuisses maillées d’airain! Et, vous regardant l’un l’autre, au fond
des yeux, vous sentirez couler soudain dans vos veines puériles le lait pacifiant de la justice et de légalité!
Oh! rions de bon cœur!... Oui, àbas les Rois !.… à bas les lois féroces!.. Vive l’Anarchie débonnaire, dans le sommeil des fortes digestions... dans la fatigue et le dégoût de mordre!.…
La liberté? Elle est insaisissable, car elle a l’ampleur élastique de votre désir grandissant!
comme l'horizon a l’ampleur de vos regards en éventail!
Celui qui crie, debout sur une cime : « Je respire enfin! » est bien près d’étouffer!.… | La liberté !.. c'est notre essor à tire-d’ailes vers | un azur toujours plus large et plus abreuvant!.…
ESTOMACREUX, violemment tiré par ses deux hyènes en 4 laisse, s’avance en criant de formidables jurons pour pousser en avant les spectres affamés ; mais ceux-ci demeurent immobiles, comme figés par une terreur superstitieuse, 4 devant la table qui les sépare de l’Idiot.
Sacrédié!.. en avant !... Aurez-vous bientôt fini d'écouter ce pleutre?.. Tuez-le!.… En avant, fichue 4 bourriquel.. Sale mazettel.. Vous avez donc 4 peur?... Nous voulons abattre toutes les têtes 4 ambitieuses, pour imposer la divine Justice dans 4 le royaume des Bourdes!.…
L'IDIOT, goguenard.
Ah! la Justice ?.. voilà bien le plus encombrant 4 des boucliers pour un Bourde aussi puissant que 4
toi! Je préfère encore la baignoire funèbre de Bombance... pour me défendre de toi.
Cependant des crêpes jaunes et mordorés monteront de la rampe brouillant de rêve sinistre l'éclairage aveuglant de la salle, pour simuler les miasmes des étangs qui se mêlent aux baleines forcenées, La horde véhémente des Affamés semblera ainsi gesticuler et se battre, fantastiquement depuis toujours à travers les siècles dans la poussière soulevée et la buée rouge des batailles immémoriales — sous les mains planes de Sainte Pourriture,.
Mais, sarpejeu!.. Je suis plus noble que tous
les rois de la terre! Il s’agit bien de sang bleu! C’est l’azur même du ciel qui coule dans mes veines, et je sens des fleurs de lys s’éclore dans mon âme! Pouah!... vous sentez bien mauvais, et mes narines sont sensibles !.. Je daigne enfin vous massacrer. Ventre saint-gris!.… Vous ne bougez pos, mes fantoches? Vous attendez. donc le boniment funèbre? Ah!...Me voilà devenu un esclave comme vous! esclave de mon dégoût et de mon courage qui m’impose de ne pas lâcher pied devant vous !... Qu'importe?
L’Idiot se retourne et, s’élançant d’un bond vers le Roi, qui recule terrifié, il lui arrache « La Succulente » et la brandit très haut sur les Affamés.
A moi, les Bourdes, revenants!.… Tiens!
Tiens.
L’Idiot frappe violemment avec adresse dans le tas des Bourdes, dont il massacre tout le premier rang, sauf Estomacreux.
Palsambleu!... Votre sang me dégoûte encore plus que votre peau! J’en ai assez, ventre-noir !.…
J’ai soif de poésie. je veux chanter, au mépris de votre vengeance, devant vous... au prix de ma mort?.. Je rêve de chanter un sublime chant de mort!... Me voilà esclave d’un beau rêve! Ah!... non!...il me dégoüteaussi!...Je veux laisser chanter la Mort dans mes veines! Tuez-moi donc! Vous n’osez pas ?...
J’ai tué les plus braves d’entre vous, en les frappant en plein estomac... Quant à moi, c’est différent!... Mon front! voici le point qu'il faut frapper!
Il empoigne à deux mains « la Succu-
lente » et se donne un grand fendant de
glaive, au beau milieu du front. Il tombe mor!
ESTOMACREUX, enjambant la table d’un bond, avec ses deux hyènes en laisse, qui reculent épouvantées devant le cadavre de l’Idiot,
Faut remâcher le Roi !
Faut remâcher le Prêtre !
LES AFFAMÉS Ses valets et reîtres !
farcis de haine !
porteurs de chaînes !
ESTOMACREUX
Rends-moi donc mon râtelier, sacré dentiste de Bombance | SAINTE POURRITURE, haussant sa voix de tôle stridente
et de vapeur jaillissante.
Sur les algues qui matelassent les berges des Etangs du Passé, j'ai trouvé le grand peuple des Bourdes, innombrablement couché sur le dos... Morts ou vivants? Voilà bien vos termes 1llusoires ! Ni l’un ni l’autre, et tous les deux... Ils étaient tous incapables de chasser les mouches vertes et gloutonnes qu'ils portaient collées sur leurs paupières closes. Leur ventre semblait vidé des entrailles, tant il était aplati ; lesos de leur frêle bassin avaient percé la peau !
Mon lourd baiser de vapeur puante et jaunâtre les a fait sursauter tout à coup, et les voilà debout, allongeant démesurément leur cou comme des autruches à la course, les prunelles dilatées dans la fiévreuse convoitise des pâtisseries idéales. Voilà! leurs dents se desserrent pour un long cri de louve.
LES AFFAMÉS Estomacreux... creux ! creux !
SAINTE POURRITURE [ls grouillent tous, surgissent et s’avancent en balançant leurs visages masqués de vermine noirâtre et dont les lèvres recroquevillées ruissellent
de pus marron. Leurs paupières entrouvertes sur des abîmes sinistres sont ourlées de grosses mouches azurines qui semblent enchâssées dans la peau terreuse, comme des saphirs dans du cuir de Cordoue !
Ecoutez donc... leurs ossatures sonnent comme des brettes entrecroïisées ! Leurs doigts font un bruit de cliquets de bois ! Leurs mamelles pendent comme des sacs vides sur les cercles du thorax ! Ils sont ni morts ni vivants. Ils se décomposent depuis toujours entre mes bras ! Ce sont mes fils. les fils bien-aimés de Sainte Pourriture !
Avec mes mains d'ivoire. jauni, j'ai recomposé soigneusement leurs membres désagrégés, en les soudant par un lourd baiser fuligineux…
J’ai insufflé en eux la fièvre exaspérante et amère de la vie.
J’ai versé dans leurs veines la sève divinisante qui gonfle d'angoisse les végétations printanières !
Voilà donc qu'ils désirent revivre l’antique désir leurré.….. le vieux rêve ardent, friable et lisse. fuyant aux doigts comme le sable!
UN AFFAMÉ
Je veux étrangler le Roi, pour lui ravir sonor.… et m'acheter des courtisanes fascinantes…