ROSA.'MIE
C'est le bonheur suprême.
COPHETUA (s'asseyanl et l'attirant sur ses genoux)
Sur mon cœur...
ROSAMIE
Sur ton cœur...
COPIIÉTUA
C*est la vie et l'amour.
(// l'embrasse.)
ROSAMIE
L'amour jusqu'à la mort! (Elle l'embrasse.) L'amour, malgré la mort! l'amour grâce à la mort! (Elle l'embrasse éperdument.)
COPIIÉTLA
Que parles-tu de mort?
ROSAMIE
Je suis votre servante. Pour cette heure d'amour^ roi, j'ai donné ma vie.
COPUÉTUA
Tu as donné ta vie?
ROSAMIE
Demain, je serai morte. — Mais pourquoi en parler? Aimons-nous! Aimons-nous!
COPUÉTUA
Oh ! oh ! je te comprends. Mais toi, ma Rosamie, tu ne m'as pas compris. Cher lys de pureté, comment as-tu pu croire que mon amour pourrait faire de toi son jouet? Non, mon amour n'est pas un vil amour d'une heure! C'est l'amour éternel, à la vie, à la mort, qui prend Dieu à témoin de sa fidélité et qui fait, dans le ciel, chanter les chœurs des anges. Avance un peu la main. Tiens, reçois cet anneau. Devant Dieu qui m'entend, je te prends pour épouse. . .
ROSARIIE
Hélas! c'est de cela qu'il me faudra mourir.
COPHÉTUA
A jamais, devant Dieu, me prends-tu pour époux?
ROSAMIE
Cela ne peut pas être ! Le voile se déchire...
COPHÉTUA
Me prends-tu pour époux?...
ROSAIVIIE (faibJemcnl)
C'est donc vrai? C'est donc vrai, mon amour?.
COPIIÉTUA
Eh bien?
ROSAMIE
Oui..., à la vie, à la mort!..
COPOÉTUA
(Elle faiblit,)
Sur mon cœur à jamais I ma femme bien aimée I mon épouse! ma reine!...
(On frappe violemment à la porte. Entre Ermengarde suivie de Mario. — Cophéiua dépose Rosor mie sur un siège et s'avance.)
Qui ose entrer ici, quand j'avais défendu...
ermen(j;aude
C'est moi. J'ai donné l'ordre à Mario d'entrer, moi, mon fils, votre mère.
COPIIÉTUA
Hé bien, que voulez-vous?
ERMENGARDE
Mario va le dire.