‹ Le roi de BéotieChapitre 30 sur 46 · RÉFLEXIONS CLINIQUES · texte numérisé non relu

RÉFLEXIONS CLINIQUES

La douleur unanime de la salle arrive aux mêmes heures : il faut que l'un des malades l'exprime, car si l'un se tait, l'autre reprend, et souvent les deux reprennent ensemble. Alors toute la salle hurle pour approuver les deux ténors douloureux et le premier ténor se tait comme le petit tambour Bara quand la victoire est assurée. La poitrine de la terre s'ouvrira, la 'poitrine de l'hôpital s'ouvrira et le sang va sortir, le crachat qui ronronne depuis sept minutes.

C'est la toux, la toux, la toux,

C'est la toux qui cherche la porte.

Viens, infirmier pareil à un arbre qui a mal poussé, tu es mon ami parce que tu as refusé mon pourboire. Depuis que j'ai appris que tu ne peux plus faire ton métier de mécanicien, depuis que j'ai appris que tu attends d'être tout à fait aveugle, tu es mon ami. Tu es mon compatriote et tu as un nom de ville, un nom de village, un nom de château, un nom d'église. Tu es au-dessus de la douleur, car tu as le sourire de la résignation : tu sais que tu vas à la cécité et tu as déjà la beauté des aveugles, tu es mon ami. (Réflexions philosophiques sur la sympathie de la douleur : Testime pour les résignés, la sérénité.)

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