LEURS MARDI GRAS
1^ Pour approuver la fièvre.
2^ Pour remercier la fièvre qui occupe l'ennuyeuse et longue nuit.
3^ Pour remercier la fièvre qui éveille les fonds refroidis de mon imagination surannée.
4° Pour remercier la fièvre qui m'endort assez d'années pour faire un siècle et demi et m'éveille A^ers les 17. . du temps de madame... honneur à toi, chloral, ô suprême liqueur. C'est du temps de madame... ô liqueur de mon cœur.
. Madame la madame, madame remarquée, madame ribaba, madame ribabée, madame Lariboi, madame la marquise.
Car Lariboisière est chéri...
Ainsi mademoiselle Lange, la favori...ite de M a rat (sic).
Du haut de nos balcons j'attendais tes malades.
Pourquoi le tortillé se croirait-il joli ?
Pierrot noir et or étant à genou, c'est comme un tortillé serpent de filigrane. Pourquoi le tortillé se croirait-il joli. Pourquoi les hautes fenêtres
sont-elles d'une époque, dit-on, où Ton prenait, dit-on, le petit pour le joli, dit-on... dit-on... diton... dit-on... Aussitôt qu'exprimé par cette bouche impure, (oh ! sa peau, sans l'amour) par l'homme, le vrai devient ce qu'il n'est pas : horreur ! et tout ce dix-huitième. C'est un problème d'architecture. Mais les hautes fenêtres vous mettent à votre place dans le vaste univers, un rien devant le ciel. Tricorne qui sert de lunette à un ofïicier de bronze malgré les rubans le long du canon. A tout... je préfère!... le son du canon... le son du canon... Ah ! ma poitrine que la douleur transforme en oiseaux croassants. Des rouge-gorges ! Des rouge-gorges. Soyez ma doctrine et mes armoiries en ce pays de l'arbre pulmonaire, rouge-gorges ! On comprend difficilement que le goût des canons et celui des rubans se marient ai^ point d'avoir fait d'un seul mot deux sens et même trois, car les musiciens naissaient à la fugue, renaissaient, connaissaient.
Ah ! j'ai tort de me fatiguer !... dans cinq minutes... Sous la haute fenêtre, le bonnet phrygien de mon voisin l'arabe ; quand on t'a fait ta piqûre dans le projecteur échiquier, tu as jeté, pauvre vieillard, coifïé d'un bonnet phrygien sous cette guillotine, un regard de reconnaissance avant de mourir à la république qui va naître. Rien à signaler du côté marquise de Lariboisière. Je crois que tout le xviii® siècle revient chez feu la marquise de Lariboisière avec l'intention exquise de s'amuser de nos soufTnmres du haut de
son indifférence morte. Sans cœur non à cause qu'il est xviii® siècle dur et grimacier, le xix® seul étant signalé bienveillant par Stendhal (si on l'eut été avant lui on l'eut dit avant lui). Sans cœur parce que ces revenants ici ne peuvent être que des démons vu le cas, l'ipéca, l'euréka. Or les démons suivant les cas ne peuvent être... oh ! que j'ai mal à ma...
Ah ! ma... oh ! Est-il vrai qu'au xviii® le paillasson était la seule fourrure permise aux cuisinières. Aujourd'hui, tout le contraire ! La Révolution de 89, la seule décidément qui m'intéresse, a trop bien réussi les choses. Dans un hôpital très xviii® sans meuble, rien que du convenable puisqu'il n'y a rien (applicable à la morale, aux mœurs, etc..) (faut bien avertir le lecteur autrement il ne voit rien), rien que du convenable à l'époque selon le goût du grand Jules, ou du grand Pie... comme si les grands quelqu'un faisaient vraiment quelque chose. On pourrait démontrer que Molière aurait noirci du papier mieux que Feydeau, même sans la mode des perruques. Tout est à refaire dans les vocabulaires historiques^
Quand la gardienne change, tout change ; pluS de pierrot, la marquise de Lariboisière reçoit le Coq. Le Coq est un monsieur très bien, mais en pantalon de velours brun et sur deux jambes, comme les Plantes. Son chapeau est pareil au bec. Tout change : acteurs différents, cris différents. Le tableau est toujours d'époque, mais la bougresse n'apporte pas le même talent. Donc
moi qui veux me faire des relations pour avoir des commandes de tableaux... je ne plaisante pas... croyez bien que je suis persuadé que personne ne manquerait de rien si tout le monde savait s'arranger — même l'État — et c'est toute ma science en Économie Politique. Le mal est venu du jour où la marquise de Lariboisière a mis l'Économie Politique « en Science » « côté Science ». Jusque-là on savait s'arranger ou 0:1 ne savait pas s'arranger. On était peut-être plus malheureux, mais nous ne nous en apercevons que deux siècles après parce que nous savons... oh ! mon râle... nous... aïe... arranger... nous arranger le râle... Le râle... oui... continuation de la douleur au cas où tout le monde saurait s'arranger, car Dieu n'a pas fait de cadeau plus grand que celui de la vie, mais pour l'apprécier il nous faut approcher la vie en approchant la mort. Est-ce compris ?
En conclusion donner de l'argent aux arti:>tes comme l'a fait la marquise de Lariboisière, c'est très mauvais, car cela les éloigne de la mort et par conséquent de la vie. Je ne sais pas bien formuler cette vérité monastique mais elle est la base de toute esthétique pratique et il n'y a pas d'esthétique en dehors de celle-là ; mais vous ne comprenez pas ? Oh ! si ! vous me comprenez^ vous,
— Visiteurs de la marquise Lariboisière,
— Les honnêtes hommes des siècles sans inau gurations de statues et de statiil^,
Sans légion d'honneur, sans grands enterrements, sans vestibules de ministère, sans comités consultatifs, sans compétences, sans cours, sans courses et sans concours et tout ce qui a tué, tue, tueras l'art, les arts, les hasards et les lézards, car c'est la vie, et l'art ne vit que de la mort.
Mais vous n'y comprenez rien ! rien ! rien !