DEUXIÈME PARTIE
AiC C/'ortége du Roi de la Bazoebe.
A celte époque, Penceinle de Paris était encore fort resserrée, et, depuis le règne de Philippe-Auguste, elle avait gagné bien peu de terrain.
Aucune adjonction n''avait été eflPecluée sur la rive gauche de la Seine.
L'enceinte commençait, comme par le passe, au Clos du Chardonnet, situé en face de la pointe de Vlle-auœ-Vaches, qui %'c^i fondue depuis dans l'aile Saint-Louis, montait jusqu"'au clos de Sainte-Geneviève, enfermait les Jacobins et les Cordeliers, et allait finir à la Tour de Nesle, qu''un drame moderne a rendu justement célèbre.
La Tour de Nesle était placée à côté du Petit Pré aux Clercs, et faisait face au Louvre, situé de Tautre côté de Teau.
C'étaient toujours les mêmes limites ; les trois siècles qui venaient de s'écouler depuis Philippe - .Vuguste n'avaient pu réussir a les reculer. Ce quartier était déjà, à cette époque, frappe d'immobi-
litc, et loute la vie, toute Panimalioii, semblaient s\"*tre portées de Pautrc côte.
Paris, c''était ileja la rive droite !
L'*enceinte primitive avait subi, en elfet, de notables modifications.
Autrefois, celte enceinte commençait au Louvre ; maintenant, elle parlait de la Tour du Bois, c''est-;«-dire de remplacement qu'occupent auiourd''hui les Tuileries.
De la Tour du Bois, elle gagnait la porte vSainl-Honoré, longeait la rue des Bons -Enfants, passait U Pextrémilë de la rue CoquilUère, traversait la rue Montorgueil, cl allait atteindre la rue Saint- Denis.
C'était déjà un bon pas de fait.
De la porte Saint-Denis, elle suivait, à quelque différence près, la ligne actuelle des Boulevards, touchait successivement à la porte Saint-Martin, à la porte du Temple, à la Bastille, et allait finir à la tour de Billy, qui élevait ses mâchicoulis à la hauteur de Pile Louviers.
La tendance était manifeste.
Du reste, hâtons-nous de le dire, si la capitale avait gagné en étendue, elle était loin d''avoir obtenu les mêmes avantages sous d'autres rapports.
Â.ucun monument ne s''était élevé. Les rues nouvelles commençaient a être habitées, mais elles Tétaient fort mal ; elles
se irouvaient, en outre, très-peu pavées,
presque point éclairées, et ressemblaient bien plutôt à des coupe-gorges qu''à des habitations destinées à d'honnêtes gens.
Sur une soixantaines d''édifices publics, on comptait trente-huit églises. C'était certainement beaucoup trop pour le nombre peu considérable de fidèles que renfermait alors la capitale.
Le peuple du seizième siècle a son individualité bien caractérisée. Il n'a pas encore pris son rang dans le siècle moderne, mais il commence à en avoir l'instinct ; il ignore ce qu'il peut être, quelle place lui sera réservée dans la hiérarchie sociale de l'avenir, mais il a