‹ Le roi des étudiantsChapitre 7 sur 10 · I.E JHH liES ÉlIiHANTS. 1 .'jT · texte numérisé non relu

I.E JHH liES ÉlIiHANTS. 1 .'jT

^ uiis laire oublier vos peines. . (.)h ! je vous aime, mon père, mou père !

Et Edith se pressa contre M. de Billy. Ce tleiiiier la regardait aA ec un attendrissement étonné, lui disant ces mots : « Mon père, » les répétant, heureuse, «omrne s'il y eût eu bien longtemps ([u'elle ne l'eût appelé de la sorte.

— Oui, murmura-t-ii d'un ton affectueiLv, reste auprès de moi, mon enfant ; car il n'y a plus de bonheur en ce monde pom* moi qu'à tes côtés... Je voudrais qu'on nous laissât seuls désormais tous deiLv, toujom's, toujom'S ! que personne ne se permit de déranger notre repos... nos embrassements... personne... pas même...

— Pas même M. de Lano, continua Edith, qui lisait dans les yeux de M. de Billy la pensée cpi'il n'osait émettre.

— Ai-je dit cela, mon enfant? fit le malade a\ec vi\acité, j'ai eu tort! j'ai eu tort! Frédéric est mon ami, mon parent; je n'ai nulle raison de cramdi'e sa présence!... Non, non, ce n'est pas cela que j'ai voulu dire! entends-tu, Edith, mon intention était de te faire comprendre seulement cpie le calme, la solitude sont maintenant tout ce cpie je désire... Mais je n'en suis pas moins content (p.iand Frédéric vient causer avec moi!... Ses soins, ses attentions, sa brusquerie même, (piekpieibis, prouvent en sa faveur... Il y aurait de l'ingratitude de ma part à me plaindre de son amitié, vois-tu?

Et, en s'exprimant ainsi, M. de Billy paraissait poussé par une frayeur enfantine telle (|ue celle ipa'éprouvent souvent, en face d'mi danger imaginaire ou non, les gens dont la raison s'est aifaiblie à la suite d'mie longue maladie.

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— Eli bien! Edith, tu ne. me parles [)lus? reprit M. de liilly après iin moment de silence, pendant lecpiel la jeune fille n'avait pas cessé de le considérer avec anxiété... Tiens, vois donc, ciière petite, ce rayon de soleil (pii ^ient d'entrer ici ! Comme c'est beau, le soleil, n'est-ce pas? Cela égayé, cela brille surtout plus étincelant que nulle pai't daus la chambre d'un malade ! Le soleil, c'est un vieil ami rpii ne nous abandonne pas! Au lit de la mort ou dans mie prison, il vient nous chercher et nous rappeler nos beaux jom's de jeunesse! Ouvre la fenêtre, Edith, ouvre la fenêtre, tire les rideaiLV, ({u'il puisse s'étendre à l'aise sur le tapis ; je veux respirer l'air, il me semble rpie cela me fera du bien !

Edith se le^ a, en essuyant une larme à la dérobée, et se disposa à obi'ir aux ordres du malade.

Elle lit glisser les rideaux de damas sur les cordons de tirage, et ouvrit la fenêtre toute grande.

Et comme son regard se portait vaguement dans la rue, Edith jeta un petit cri.

— Qu'est-ce disnc, chère entant, fit M. de Billy alarmé et se tournant vers la jemie fille, tu t'es blessée, peut-être?

— Non, ce n'est rien, mon père, ce n'est rien... c'est »[ue j'ai reconnu... là... devant l'hùtel. ..

— Eh bien !

— Ce jeune Imuime ijue j'ai vu ici avec un de ses amis. . .

— Ah! ces étudiants (pie j"a\ais invités à venir me rendre visite... ils n'ont pas reparu depuis... Je leur on veiLx... Us me plaisaient, à moi... l'un d'eux, surtout... M. ■Maurice.

— C'est celui-là, mon père, ([ue j'ai reconnu.

— Est-ce (|u'il entre à l'hôtel?

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— Non, mon père, ilpassait... il est bien loin déjà. Et elle ajonta mentalement :

— C'était lui ! Aoilà deux ibis que je; le a ois aujourd'hui... immobile... à la même place, regardant de ce (îôté... PourcjTioi donc mon cœur a-t-il battu si fort quand nos yeux se sont rencontrés, et pourcpioi s'est-il enfui si vite à mon aspect?

Et toute pensive, elle alla reprendre sa place sur le tabouret, aux pieds de jNI. de Billy.

— Tiens, enfant, dit M. de Billy en lui présentant un volume de Walter Scott, lis, je te prie, que j'entende ta douce Aoix.

Edith soupira et ouvrit le livre.

M. de Billy s'étendit dans son fauteuil, les mains jointes, les yeux fixés sur la jeune fille.

Mais connue celle-ci, après avoir lu pendant quelques minutes, levait la tête pour regarder le malade, elle le ^it qui s'était endormi paisiblement, un som'ire aux lèvres. Elb^ le considéra encore bien longtemps, et laissant tomber le livre, elle recommença à pleurer ; et à répéter ces mots :

— Mon père! il n'est pas mon père!...

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