‹ Le roi des gabiersChapitre 52 sur 103 · LVIIL — TROIS TÊTES DANS UN BONNET · texte numérisé non relu

LVIIL — TROIS TÊTES DANS UN BONNET

— Voyons, reprit Bamboula après un moment de silence, ton moyen.

— Voici la chose, répondit Pick. C'est une idée qui nous est venue à Roquefort et à moi ce matin même en sortant de la rue des Lombards, et après nous être fait vendre des dragées par la jolie mifinonneen personne. Les deux marins sont à Parfs avec Léonore ; mais ils ne savent pas que Blanche y est aussi, n'est-ce pas?

— Si fait, ils le savent !

— Comment?

— Papillon et Pâquerette m'ont rencontré alors que je ramenais Blanche ici. Ils nous ont vus tous deux, ils nous ont reconnus tous deux.

— Ah ah ! !

— Cela te contrarie ?

— Au contraire, tout n'en marchera que mieux.

— Cependant, nous avons à cette heure à notre recherche tous les gens du ci-devant vicomte.

— Eh bien ! non-seulement il faut qu'ils nous cherchent, mais encore.il faudra qu'ils nous trouvent.

— Hein? fit Bamboula avec étonnement.

— 11 s'agit, d'après mon plan, de les attirer dans une embuscade adroitement combinée, et s'ils nous cherchent, la chose ne sera que plus facile à exécuter.

Bamboula haussa les épaules.

— Faire disparaître les deux marins, dit-il ; à quoi bon ? Ils ne nous gênent en rien, eux. D'ailleurs, ils sont toujours sous le coup de la condamnation qui pèse sur eux. Pourquoi courir un danger en cherchant à nous en défaire ?

— II ne s'agit pas de nous défaire, dit Pick en appuyant sur ce mot, des deux marins, mais bien de laisser Léonore seule et sans défense.

Bamboula saisit la Inain de Pick.

— Je comprends ! s'écria-t-il.

— Les mari^g pris au piège, continua Pick, nous nous emparons de la demoiselle, et, le couteau sur sa gorge, nous forçons Blanche à t'épouser; est-ce clair ?

Bamboula parcourait la pièce avec agitation.

— C'est une idée, fit-il. Mais les moyens d'exécution?

— La maison de la rue aux Fèves n'est-elle pas là?

— Oui !oiii! tu as raison. Il faut maintenant savoir à quels instants de la journée Léonore se trouve seule.

— Nous aurons la certitude de sa solitude alors que nous tiendrons les deux marins.

— Ils est inutile de s'occuper d'eux.

— Comment ?

— Ton idée m'en a fait venir une autre.

Bamboula reprit son siège. Ses yeux fauves lançaient des éclairs, et un rictus, semblable à celui de la -face du tigre flairant sa proie, fit grimacer son visage.

— Ecoutez, dit-il en s'adressaut à ses deux interlocuteurs : chercher à faire tomber Charles et Henri dans une embuscade, c'est le 'chemin le plus long pour arriver au but. C'est exciter la difficulté au lieu de la tourner adroitement. Il faudrait. préparer cette embuscade, y pousser les deux marins, lutter avec eux, les tuer peut-être, c'est-àdire perdre un temps précieux et courir les chances d'un combat. Il faut agir vite et ferme ! Ce qu'il nous faut pour réussir, ce n'est pas la capture des deux jeunes gens, c'est celle de Léonore, et cette capture doit s'opérer sans bruit, sans scandale, sans rien enfin qui puisse attirer l'attention sur ceux qui l'opéreront.

— Parbleu, dit Pick, tu parles d'or. Il est évident que ce que tu proposes serait le meilleur à exécuter; mais le moyen ?

— Pour amener Léonore entre nos mains sans que le marquis et le vicomte sachent même où elle est?

— Oui, comment faire?

Bamboula, sans répondre, passa dans la boutique, infiniment mieux éclairée que la seconde pièce.

Il prit place au comptoir désert, attii;a ' ' ^ , .jjut ce qui lui était nécessaire pour écrire et ,ti-< . .ques lignes rapides sur une feuille blanche. .,■•.,

— Tiens! dit-il en appelant Pic'ii' près de lui et en lui tendant le papier.

Pick le prit et lut.

— Eh bien ? demanda Bambi

— Merveilleux ! répondit l'.c, ., -y

— Donc le point uniquement îinportant est de faire parvenir cette lettre à Léonore, sans que le marquis ni le vicomte puissent en avoir connaissance.

— Je m'en charge.

— Quand aura-t-elle cette lettre? demanda Bamboula. Pick réfléchit.

— Demain, dit-il, avant trois heures très-probablement.

— Alprs très-probablement aussi, demain avant quatre heures Eléonore sera entre nos mains.

— Et moi je me charge de contraindre Blanche.

— Et un municipal ?

— Léonidas en connaît un.

— Parlait.

— Et, dit Roquefort on s'approcbant, avant quinze jours la noce ! Après, que ferons-nous de la sœur?

Bamboula fit une moue si^^-nficative.

— On ne sait pas, f'ii-il. Muis on verra.

— Maintenant, reprit Roq; efort, à ton tour de nous dire comment nous pouvons lious débarrasser de Camparini.

Bamboula, qui était rentré dans l'arrière-boutique, reprit l'œuf rouge qu'il avait replacé sur le poêle et le fit de nouveau danser dans sa main.

— Le moyen est là-dedans ! dit-il.

— .La conspiration des œufs rouges ? fit Roquefort.

— Oui, et dont Camparini est un des chefs.

— Eh bien ! fit Pick en faisant des efforts évidents pour deviner.

— Eh bien ! reprit Bamboula, je suis, moi, un des conjurés. Seulement, je sais qu'il esta notre tête et lui ne sait pas que je suis affilié. Donc je connais les intentions des conspirateurs. Je sais'ce qu'ils veulent faire, ce qu'ils espèrent, ce qu'ils oseront tenter. Depuis que cette conspiration est née, je la suis dans l'ombre pas à pas ! Des hommes à moi se sont faits les agents indispensables des principaux chefs. Rien ne m'échappe; je sais jour par jour ce qui se passe, ce qui a été convenu et décidé. Je pressentais que cette affaire, tramée avec soin et s'étendant sur uue vaste échelle, me fournirait tôt ou tard, qu'elle réussît ou non, l'occasion de me débarrasser enfin de mes plus dangereux ennemis.

— Mais, en réalité, qui conspire ? demanda Pick,

— Les Jacobins.

— Pour faire une réaction terroriste?

— Sans doute.

— Mais quel est le chef suprême ? le nom qui servira de drapeau ?

— Il n'y en a pas encore de définitlvcmrnt adopté ; c'est pourquoi on a retardéjusqu'ici le iMoraetit où la coiispiralion doit éclater. A la dernière assemblée, Cainpariui s'était fait fort de donner un chef illustre. Qui vculail-il prcndie? Je ne l'ai pas deviné...

— N'a-t-il donc pas réussi? n'a-t-il pas tenu sa promesse ?

— Je l'ignore.

— Il n'y pas eu d'assemblée nouvelle depuis?

— Non, mais il y en a une ce soir niénic.

— Et si Camparmi a trouvé le chef, le nom qui doit servir de drapeau ?

— La conspiration éclatera prochainement.

— Et s'il n'a rien trouvé ?

— Le temps presse, la patience manque aux Jacobins opprimés : la conspiration éclatera de môme ; seulement elle aura moins de chance de succès.

— Eh bien? dit Pick qui écoutait avec une attention profonde.

— Eh bien ! donc, poursuivit Bamboul;\, la conspiration éclatera. Or, de deux choses l'une, ou elle réussira ou elle ne réussira pas. Si elle réussit, il y a en France un bouleversement général, l'anarchie régne en maîtresse absolue, la Terreur revient plus formidable encore que par le passé, et Camparini, lout-puissant, grâce à la part qu'il aura prise, Camparini, doublant les forces invisibles dont il dispose de celles que lui donnera une autorité publique, Camparini devient un géant invincible. Oh ! je reconnais là son génie, je reconnais là les ressorts magiques de son infernale iniaginalion !

— C'est un grand homme! dit Roquefort en poussant un soupir.

— C'est dommage qu'il soit notre ennemi ! ajouta Pick. Oui, dit Bamboula; mais si nous triomphons, nous

serons plus grands que lui !

— Mais, pour triompher, ajouta Pick, il ne faut pas que la conspiration réussisse 1

— Peut-être !-

— Cependant..

— N'avons-nous donc rien à gagner à l'arnarchie? dit Damboulà.

— Oh ! fit Roquefort, la pêche en eau trouble.

— Slais Camparini...

— Si les Jacobins menacent les Thermidoriens, ceux-ci sont hommes à se défendre, poursuivit ijamboulà. Si les Jacobins ont poiir eux les sans-culottes, les TliorniiJoricns seront soutenus par la jeiu, 'sse durée. La moitié des seclions de Paris sera pour la t.onvention, si les seclions des faubourgs lus m lacent. Donc, il y aura lutte, et lutte teiribli'. Il faudra .icn qu ''.u;hefs n:nrclient. D'ailleurs Cainparani est l 'ave, ii ^ju» liiune gra ide partie, il vou-

it ré»'.! ra doue pour nous

i'énioute! dit Roquefort.

-nilif'ilà.

dra tenirles cartes lui-P'^r dans une main ferme e

— Tuer (Camparini a

— Oui, répondit Iroidei Roquefort haussa les épauler-

— Tuer le Hoi du baçine, 7111-1), c'est vouloir se faire l'ennemi de toute l'assoeialion des cnlanls des galères. Quel homme sera assez brave pour tenter un tel coup'? Et jiuis, qui en profilerait? Ne connais-tu jias les lois du bagne:' Vrngeaiiee jusqu'au cinquième deseeiidaut sur celui qui aura tué un roi dcsiialèim ! Mort jtour tons les siens, pour tous ses amis, anéantissement complet. Pour dix i{ui maii(|ueraienl au serment fait, dix mille le tiendraient! Oli ! Cam|)aiini pst iuallarpiable en face;! Il le sait bien, et c'est ce (pii fait sa sécurité. Tuer le llui du harjiie, le trésorier l^e l'association, celui qui a tous les secrets, tout l'argent, tous les pouvoirs, ce serait se tuer soi-mCtnc. I*our entrer seulement (mi liille avec lui, il faut avoir l'intérêt puissant que nous a\oiis, nous! Il fiut qu'il s'agisse de millions h contiiu'rir... l'.i coiribien sommes-nous? Six pent-éirr et riicnre, à bien prendre, nous ne sninnies ipie trois :loi, l'irk et moi, car l'rutus, Scajvola et Léonidas, ipil nous sont dévoués, j'en suis sur, ne savent pa.s que c'est contre le l{<ii du /'flfjnr qu'ils agissenl. Ils ignorent la cause qui est en jeu ; ils ignorent qu'ils servent nos intérêts privés aux dépens des iiiléréis généraux . S'ils le savaient, ils seraient les |ireniiers contre nous. Pi-oposeleur un coup contre Cnuipjrini, iinn-seuleuient ils le refuseront, tuais encore, pour obéir aux lois qui nous gou-

vernent tous, ils te vendront et, au besoin, ils te tueront ! Lirtler sourdement contre le Roi du baynecst possible à la rigueur, mais agir ouvertement, mais le tuer en plein jour!... Allons donc, c'est sottise que d'y penser !

Bamboula avait écouté Ro(iuefort sans interrompre.

Quand celui-ci eut achevé, l'ex-comte de Sommes haussa dédaigneusement les épaules.

— Tu entasses à plaisir obstacles sur obstacles, dit-iL Qui te parle de* te mettre sur les bras tous les enfants des galères? 11 faut les amener à toi, au contraire!...

— Mais tu dis... lit Roquefort. < ^

— Je dis, interrompit Bamboula, qu'il faut que Campa-J rini disparaisse à jamais; je dis qu'il faut qu'il meure,' mais je n'ai jamais dit qu'il faille aller le frapper bêlement au grand jour, en pleine rue et aux yeux de ions; de façon à ce que, l'action accomplie, chacun eu connaisse l'auteur.

— Cependant, pour qu'il meure, il faut bien le tuer

— Bah ! Est-ce qu'on ne meurt que des suites d'une violence ouverte? dit Pick.

— Et les accidents, pour quoi les comptes-tu? ajouta Bamboula.

— Le Roi du bagne est à l'abri des acciJents, répondit Roquefort. Sa force physique prodigieuse, et jusqu'ici sans égale, le sauvegarde contre une attaque : sa dextérité à se servir de toutes les armes connues est juslemeut devenue proverbiale. Enfin, vous savez tous qu'adoptant les anciens usages royaux pour mieux veiller à sa sécurité, il ne prend aucun aliment sans que cet aliment ait été essayé de\aut lui par deux de ses compagnons, et que chaque jour ces compagnons sont changés, alin que l'estomac d'aucun d'eux ne puisse s'habituer à un poison lent qui tuerait le Boi du bagne.

— Je sais tout cela, dit Bamboula avec impatience. Mais si Camparini est de force, je le reconnais, à liiompher dans une lutte quelque inégale qu'elle soit, s'il manie l'épéc mieux que Saint-Georges, et qu'il colle au pistolet vingt-cinq balles les unes sur les autres, ainsi que je le lui ai vu faire plusieurs fois; si enfin le poison ne peut atteiudi'e jusqu'à lui, il sort, il se promène, il se sert darnies, il se lève, il se couche : donc il est exposé à ces mille accidents qui uienaceut à chaque minute la vie humaine !

« Une pierre ne peut-elle lui tomber sur la tête? Un ti'ou ne peut-il se pratiquer sous ses pieds? Une arme ne peutelle éclater dans sa main? Une voilure ne peut-elle l'écraser? Une balle, dirigée ostensiblement sur un autre, ne peutelle le tuer en ricochant?

— C'est difficile.

— Soit ! mais c'est possible? ,

— Il faudrait l'un de ces hasards...

— D'autant plus facile à diriger, interrompit Bamboul!), qu'on l'a fait naître. Tout gît dans l'adresse...

— Et tu es adroit, ajout;i Piel<,qui prêtait rattcntion la plus .siwiteuue îi ce que disait Bamboula.

— Or, reprit celui-ci, en temps d'émeute, au milieu des insurrections, ces hasards sont incessants. Je suppose que la coiispiralion écLle, je suppose que la Con\enlion soit menacée. Parmi les défenseurs du |)onvoir aduel, parmi les Thermidoriens, ne pent-il se trouver l'un de ces hommes qui ne reculent devant rien pour faire triompher la cause à la(|Uelle ils sont allachés?

« Eh bien, que cet hoinine, poussé par sa passion politique, connaisse la marche de l'insurrection, qu'il devine (et cela lui serait facile) l'endroit par lequel se prêt ipilera la foule, conduite par ses chefs, pour envahir l'.Vssemblée; qu'il ait sapé une maison qui s'écrolde, qu'il ait miné une chaussée qui éclate : d'un même coup, tous les chefs ol une partie des émi'utiers seront anéantis. Qui accusera-l-on d'avoir voulu tuer un seul lionime? Quels enfants des galères supposeront que celle niachinalion a été dirigée ronire le Roi du bagnel

— C'est vrai? dit lloquefort en réiléchissant.

— El, continua llamboulà en s'animant de plus en plus, sans avoir recours même A ces mo\ens cxirêmes, mille autres aceideiils ne peuvent-ils pas alleindre un homme au milieu de ce catacivsmc social?

— Oui ! oui! (hlPick. *

— Ou n'a qu'à i lierrher...

— Et on Irouvera !

— Eh bien, reprit Pick, l'insurrection a éclaté, le moyen a élé trouvé, Camparini est mort, après?

— Il faut un .successeur au Roi du bague, dit Bamboula.

— Et ce successeur serait ?

— L'un de nous !

— C'est-à-dire toi !

Bamboula regarda ses deux interlocuteurs.

— Eïi connais-tu un plus digne de l'être? fit-il. Les deux lionimcs secouèrent la tcte.

— J'apporterais dans la caisse de l'association les millions dcsNiorrcs, joints aux millions des d'IIoiliigiiy !

Pick et noquel'ort se consultaient du regard ; puis, après un uionicnt de silence, tous deux tendirent à la t'ois la main à JBanitioulà.

- C'est dit ! firent-ils d'une même voix.

— Vous serez mes lieutenants! fit Banibouli. A nous trois la puifsance, les ricliesses, le bonheur de réaliser des impossibiiitt^s !

— Donc, reprit Pick, l'insurrcclion éclate, Camparini meurt par accident, il faut un cliet'uux entants des galères, tu es nommé ! après?

— Crois-lu que la citoyenne d'IIorbigny puisse lutter ensuite? Elle restitue les millions qu'on lui arrache en prouvant la substilulion de l'cnlant : ces millions deviennent la fortune de Blanche en vertu de la donalion faite par niademoisellc de Morandes, et comme je te le disais, je joins ces millions à ceux des Niorres, et grâce au renversement des Thermidoriens, nous nageons en pleine richesse et en pleine anarchie.

— Bien, mais maintenant, si l'insurrection est repoussce?...

— Camparini n'en seia pas moins mort.

— Mais notre situation politique, à nous?... elle est assez importante par le temps qui com-t, cette situation !

— Elle est facile à établir d'avance.

— Coninienl?

— Je suis affilié à une conspiration, et je la sers.

— Sans doute.

— Toi, tu seras affilié ce soir à celte même conspiration, et tu la tiijdiiras !

— Je préviendrai Fouché?

— Dès demain.

— Bravo '. je comprends.

— C'est heureux. Que la conspiration réussisse, Camparini disi)aru, je deviens l'un des chefs et je t'assure l'iarpunité, à loi qui auras trahi. Que la conspii'ation échoue, je m'efface, et loi qui as prévenu l'autorité, lu nie présentes à clic comme un sauveur de la patrie, car alors ce sera moi qui t'aurai poussé à agir... C'est compris?

— A mei'vcille ! dirent b. la fois les deux hommes.

— Eh bien, maintenant tout est prévu, il ne s'agit que de faire parvenir à Léonore cette lettre que je viens d'écrire. Elle viendra Blanche cédera, je l'épouserai, et...

— A nous enfin les millions ! s'écria lloqueforl. Seulement...

— Quoi? demanda Bamboula, qui s'était levé.

— J'ai une vengeance particulière à exercer !

— Contre qui?

— Contre Brune.

— Le général ?

— Oui ; toutes les fois que cet homme s'est trouvé sur ,nia roule, il m'a écrasé.

— Eii bien, laisse-nous réussir , une fois puissants, nous trouverons facilement à f^ire naître une accusation...

— Oh ! fil Roquefort avec un accent de haine et de férocité indescriptible, je veux qu'il meure ignominieusement.

— Je te l'abanJonne d'autant plus volontiers qu'il a été contre nous un adversaire implacable, lui et Fouché I

— Fouché!... fit Pick; son heure n'est pas venue à celui-là !

— Non, dit Bamboula, mais elle viendra !

Les trois hommes s'étaient levés et s'apprêtaierii à se séparer. .

— Tu me conduiras ce soir parmi les conjurés ? dil Pick en s'adressant à Bamboula.

— Non, pas moi, je ne veux pas me montrer, répondit vivement l'ex-corate de Sommes. Je donnerai des instrucliqns à BrnUis, et c'est lui qui te présentera. Mais emploie toutes les ruses pour te déguiser : Camparini sera là, il ne faut pas qu'il te devine; il nous croit encore à Brest, je le sais,,etje me suis arrangé de l'agon à Ce que ce:te conviclion ne lui fasse pas défaut, mais il a un coup d'œil d'une pénétration cxtranrdiuaiie ; s'il peut te soup^oimer, s'il a seulement un doute, il comprendra tout. Il ne piciit supposer encore nos intentions, mais il est homme à lire clairement

dans notre jeu s'il voit seulement le dos && nos cartes. Donc, redouble de précaution et sois ce soir ici, à huit heures et demie !

Pick fit un signe d'assentiment.

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