SECONDE ANNÉE — SECOND ENFANT
I.aurentine était venue quelquefuis voir Adolphe à son bureau penilaiit la grossesse de sa femme ; ci'lui-ci n'avait pas vniilu dire à sa marraine combien l'humeur de Clorin le était il> venue insupportable ; mais il ne peut lui caeh'r le chagrin qu'il éprouve de ce que Ciiirinde arefusé qu'elle soit marraine de s.i fille.
— Voire fennue ne m'aime pas, dit Laurenliin: en soupirant. Elle s'est oirensee de quelques conseils queji: lui iloiiii us dans l'iiilérèt de votre avc;iiir. Mais la voila liiere, elle coniprendra, je pense, les devoirs que c»^ iitru lui impose et devieiiJia plu» raisoiiiialile.
Ilirn Iriiii de là, aussitôt a|iréH ses relcvailles. In jeune f'inini' rcruiiiini'iice sa vie du plaisirs, de fêtes, de Jis-'ip.ilioiis; elle s y livre avi'c une ardeur nouvelle; on voit qil elle tient beaucoup a regagner lu temps qu'elle a perdu; d cumiae son mari ire-it pas
toujours prêt à l'acmnipayner, elle va en soirée avec son amie et se passe fort souvent de la compagnie de so Mais pas une seule fois elle ne songe à ail tite Juliette, qui est en nourrice à Chantil i- :; lui pro|iosede faire avec lui ce petit voyage., li peut s'acconi.; .t en deux heures, elle répond :
— Oh! rien ne pre>se! nous avons le tem -; lu cnfu' semblant tous quand ils sont si petits.
Alors Addlfilie n'insiste pas: mais il cOur 'î
se fait enlj^orle^ près de sa fille, il passe d'elle, l'embrasse, la caresse, l'admire et s' sant : « Cltrt-itide tie se d..ute pas du boiihe pressant son enfant dans ses bras. »
Puee^on s'est permis une fois de deraand ques d^agée3 diib;iplcme. Mais Adolphe lui a
— Hélas! mon àttii, je ne sais pas s'il y a je n'en ai pas vu une seule.
-^ (Cependant, patron, il n'y a pas de bai puisque c'est ce beau dandy... ce superbi pârl'ain, il doit avoir fait les cho-es galaim
— Ma femme a probablement tout gardé fttolez allei lui en demander, Puceron, je v
^^Moi!..i moi, laimn, que je me présente devant madame, qiii ne m'a pas revu depuis le jour de ses noci s! Oh ! il n'y a pas de dangir que je me risque, et je suis bien heureux de ce qu'elle n'entre jamais dans les bureaux.
Qdatre mois se sont écoulés depuis que Clorinde a donné le jour à Une fille, lorsqu'un niatiD,en se rendant près de sa femme pour dêjeUner, Adolphe est reçu par elle absolument coitittie un caniche qiii veut traverser tfti jeu de quilles.
^-Qu'ya-l-il doiic^ ma chère afHie, et d'où *lent cette humeur... celte colère mèm'6 que je lis dans vosjeui? Nous étions encore fort bons amis, cette nuif.u yué s'est-il passé depuis pour que je vous trouve toute attire?
— Ce qu'il y a!... ce qu'il jf â, inoffSieiîf, c'est que vous êtes un monstre, un homme allreux!... qui avez probablement résolu de me faire mourir de chagrin...
— Moi I qui ne cherche qu'à vous être agréable.
.— Mètre agréable!... et si je suis encore grosse, monsieur! Cruyi'Z-vous que cela me soit agréable?
— Comment! vous pensez que...?
— Oui, je viens d'avoir des maux de cœur.,, déjà j'avais des craintes. Ah I s'il faut que je sois encore eiiceinb', je ne vous le pardonnerai pas, monsieur I... vous me serez odieux !
— En vérité, madame, je ne comprends rien a votre colère : ce qui l'ait le bonheur des autres femmes est pour vous un supi>iice. Et vous ha'irez le pèrfe de vos enlants!... Ah I ne répétez point ces paroles, madame; dans votre bouche elli-s me fout trop de pi iiie.
— Ta ! ta ! ta ! il ne s'agit pas de faire des phrases, monsieur. Si vous avez envie d'avoir une troléed'eiif.intSj moi, je ne le veux pas. Je ne veux pas être condamnée, tous les hivers, à ne pins m'Iiabiller, à garder la chauilire. Il fallait épouser une boulangère) monsieur, ou quelque chose dans ce genre-là; vous lui auriez fait tous les ans des petits mitrons. Mais moi, me gâter la tai le . Je vous le jure, nion?ieur, si mes craintes se réali-ent, si je suis encore enceinte, tout sera fini entre nous.
Clorinde quitte la salle et va s'enfermer dans son boudoir.
Adolphe sort de l'appartement du premier et retourne dans ses
bur.'anx en se disant :
« Quelle femme !... me faire un crime de ce que je lUi fais det
ciilaiits : l'ouri|uoi s'est-ellc mariée, alors? »
Et Puceron, qui voit son patron revenir tout soucient, w dit :
a S'il y a <lcs dragées, je crois qu'elles sont ainères. »
Quinze jours après celte scène, M. Fliitayot arrive un ftialin et
va trouver son giiidre dans son eabiiiel. Le ln'aii-pi're a l'flis son
cliapiaii sur l'oreille et a presipie un air lap.igeiir. Il aborde sôii
gendre en lui disant :
— Je suis bien aise de vouS trouver, monsieur Corniituel; j'ai à vous parler.
— Je suis tout disposé à vous enlondre, mon cher iMjaU-père.
— Ji' viens vous gronder, monie r.
— Mt.' gronder ! et sur ipiel sujet?
— Sur un sujet .. fort de.lcal. Il b'agitde ma (illc, murtstcur.
— De ma Icmihe, al rs?
— 6e votre temrae... suit... je le veux Lieu.
UN MARi DONt ON SE MOQtlË.
ne le voudriez pas, que ce serait absolument la
)le Mais rnfin, mon gendre, je vous ai confié une
rmanic, et au lieu de la ménager, d'en avoir soin,
lites tout de suite un enfant.
ble, beau-père, que c'est là le but du mariage.
« Croissez et multi|iliiz. t>
as obligé de savoir l'Écriture par cœur .. Enfin,
premier enfant. Mais, au lieu d'- Vous arrêter là,
lUt de suite un second, sans donner à''Clorinde le
lettre. Ah ! ceci est fort ridicule. Si vous vouliez,
tagobert, avoir un enfant chaque hiver, il fallait
;; elle vous eût envoyé à l'ours, autrement dit
aon beau-père, permettez-moi de vous dire que je
rvations fort inconvenantes, surtout dans votre
»ons venez me reprocher d'aimer ma femme, de
Ah ! si f avais des maîtresses, si j'entretenais
.^euse, vous trouveriez sans doute ma conduite mé-
•ase, parce qu'il a su par , son beau-père, a depuis iuse de l'Opéra, et qu'il
!.., .^; beau-père baisse le ton,
;;;>,. eilles et balbutie :
avez tort d'aimer votre "(. . it. A(>rè3 cela, il y a des
rendent leur femme très- Tout le monde ne peut lu reste, c'est bon genre,
.. . , . ^ .„ .„„sdisais donc... qu'est ce
que je disais?... Ma foi, vous vous arrangerez avec votre femme, aiirès tout. C'est Cloi-inde qui est venue me trouver en me pviant devons avertir qu'elle ne veut plus vivre avec vous que séparée de corps.
— Qu'est-ce à di*e, monsieur, ma femme veut que nous nous séparions?
— Non, ce n'est pas cela. Vous ne comprenez pas bien. Tout le monde n'a pas la compréhension facile. Clorind", entend par là qu'elle ne veut plus s'exposer à imiter la mère Gigogne. Y étes-