‹ Le roi des HallesChapitre 2 sur 28 · C:()lvaF..Sl'(iM)AN · texte numérisé non relu

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iiii\<|iH'ls < Iles riaient adressées: iniiis la Miroir (II» l'Klnl cxi^cnil ces sacrifices.

Kl cnvcrilr. on ne concnil pas lrr)p cr)niincnl ri.lal pouvail se Irouvcr iiilcrcssc dans ces vols faits aux particuliers , par des ç^ens (jiie la naissance cl le pouvoir rendaieni impiinissal)les{1) et inallafjuahles.

INlademoiscIl* allait congédier M. de Pra dines lorsque l'ofiicier de service se présenta en disant que M. le comte de Guilaut deman dait à ùlrc introduit sur-lc-clianip auprès de son altesse. Il était porteur de dépêches ini|)orlantes. INIademoiselIe consentit à le recevoir.

(1) De nos jours on a porfeclionne co houleux espionnage H tout le monde se rapprllc l'iinnioral cabinet twir qui fonctionnait sous reujpire et sous la rtiëlaiiralion. nous n'osons dire qu'il existe enrore. Toujour^- esl il que Ir-, employés ipii recevaient im salaire i>our amollir les c^ichels et soustraire les lettres séditieuses se contentaient de ne faire que ce (pfils appelaient leur devoir, saas jamais nuire aux intérêts du conmierce innocent et ixiciluiue. Mallieu rcuscmcnf, il n'en était pas de même powi- ceux «ju'on soupçonnait être cnlache de royalisme >ous l'empire, et d»; libéralisme ou de l)i)napartisme sous la restauration.

Paul se leva et se dirigea vers la porte. La princesse s'en aperçut et lui dit gracieusement : — Vous reviendrez, monsieur; après le départ de M. de Guitaut, j'aurai à causer avec vous. Le jeune secrétaire salua en signe d'adhésion et sortit.

INI. de Guitaut entrait.

Il était couvert dépoussièrent il commença par prier Mademoiselle de l'excuser s'il se présentait dans un si piteux équipage, mais en faveur des bonnes nouvelles qu'il apportait , il espérait qu'on lui pardonnerait.

— J'arrive de Châtillon, ajouta- t-il en tirant de sa poitrine un paquet cacheté, et voici ce que M. le prince m'a chargé de remettre à votre altesse royale.

IVIademoiselIe se retourna vers M. de Pradines auquel elle dit en souriant qu'elle était dans un jour à recevoir des nouvelles bonnes et mauvaises; mais que jusqu'alors les premières étaient les plus nombreuses. Elle prit le paquet que le comte de Guitaut lui présentait

( OIUII'.SPONDANCE. ."9

rn l)ii.sa le (atlicl. (jui était aux arim-s dr la innisoiî (!(" (-onde*, ot lut à vf)ix hassc ce fjui suit :

u Mademoisemj: .

« A mon arrivée à ly)rry, j <-us avis (|uo ♦< 1 armcc Mazarinc avait passé la rivière ( l ) et « s'était séparée en {)lusieurs (juartiers; je ré- « solus de l'aller atlacjuer sur-le-eliamp; et « eela m'a réussi si bien (jue je tombai dans « leurs premiers retrancliemens sans (ju'ils «t en eussent avis: j'enlevai trois réj,dmens de « drainons d'abord et après je marchai au « quartier-général du maréchal d'Hocquin- « court (jue j'enlevai aussi. Il y eut un peu de «I résistance, mais enfin tout fut mis en déroute; « nous les poursuivîmes pendant plus de trois <i heures, et ensuite nous allâmes à M. de « Turenne. mais nous le trouvâmes posté si tt avantai^eusement, et nos gens étaient si las et « si chargés de butin que nous ne crûmes pas

(1) La Loire,

40 CORRESPONDA.NCE.

« devoir l'attaquer dans une situation aussi « propice à faire une longue résistance.

c< J'ai fait sonner la retraite, et nous arria vons àChâtillon, d'où j'écris ces quelques « mots, pour vous apprendre que désormais « Orléans est à l'abri des tentatives des Maza- « rinistes. M. de Turenne retourne à Gien où « la cour est maintenant.

« Nous n'avons aucune perte digne d'être « citée, et si j'en excepte M. de Nemours, qui « dans une escarmouche a eu son cheval tué t( sous lui, et par suite de cet accident est un « peu contusionné.

c< Recevez, Mademoiselle, les vœux que je « fais pour la prospérité de notre cause.

Cliâtilloii-sur-Loing

« Louis DE Bourbon. »

Mademoiselle adressa à M. de Guilaut quelcjues questions touchant les mouvemens de l'armée Frondeuse, et changeant toul-à-coup le sujet delà conversation, elle se fit raconter par Guilaut toutes les avoiUures qui élaientar-

r()F\nf:si»()M)\îiCE. 61

riv(M's :iu j)nn((' »lr (>)îi(Ic lorscjn'il <|uill.« Monlroiid pour se reiKlnsi Montar^i».

l/iiii (h*s capitaines des t;ar(l«s du roi. !<• lîoinine Saiiile-Maurc avail failli l(sur|)ren(ire dans nno auluTgo où il s'clail arrèlc et dans lacjuellc il remplissait, aux yeux des ^^ens de la maison, l'emploi de valet; el comme on lui avait dit de l)rid<'r et de seller un cheval.il s'était montré si peu familier avec cette l)es(jgne, que sa maladresse fut remarquée. Il n'avait eu que le temps de se sauver, car l'hôtel lier ayant conçu des soupçons le dénonça comme espion. Sainte-Maure survint, mais trop tard. Condé galoppait sur la route. Son altesse lui apprit ensuite qu'elle avait écrit dans la journée à "M. 1(^ prince, louchant sa situation à Orléans: elle lui témoigna la joie qu'elle éprouvait de voir que les succès de M. le prince lui permettaient de mettre à exécution les projets (]u'elle avail formés pour consolider entièrement la cause des Frondeurs, (jui n'était pas adoptée el défendue avec aulant d'empressé-

42 CORRESPOIVDANCE.

ment et d'enthousiasme dans les provinces qu'à Paris.

M. de Guilaut ne tarda pas à prendre congé de Mademoiselle; il annonça qu'il retournait à Châtillon où le prince de Condé l'attendait. Son altesse renouvela les félicitations qu'elle voulait adresser à M. le prince, par son entremise, et lui permit de se retirer. Le comte de Pradines accompagna M. de Guitaut jusqu'au bas de l'escalier et se confondit en salutations et en complimens près de l'ancien capitaine des gardes de la reine qui avait changé d'opinion, et de Mazarin renforcé était devenu Frondeur intrépide et ami du prince de Condé qu'il avait arrêté et conduit à Vincennes : mais depuis, bien des événemens avaient eu lieu, et les hommes d'un esprit facile et d'une certaine flexibilité d'opinion trouvaient aisément des excuses pour se justifier des tergiversalions dont on pouvait les accuser.

£V Sra'/taiic iiitinif.

Le rôle que Mademoiselle jouait alors a Orléans ne convenait nullement, disaient mesdames de Ficsque et de Frontenac, ses confidentes les plus intimes, à son humeur inconstante et capricieuse, et surtout à ses goùl>

qui n'avaient pas toujours eu celte leinle chevaleresque empreinte sur ses dernières actions. A vingt-cinq ans, renoncer aux douceurs d'une vie que sa haute position et son immense fortune pouvaient rendre brillante . heureuse, enviée ; abandonner la cour et courir les aventures sur les grand'routes au risque de devenir victime de tous les accidens inséparables d'une semblable condition, enfin risquer le nom brillant qu'elle portait pour prêter assistance à un parti dont le but ne s'avouait pas entièrement, mais qu'on supposait être dans l'intérêt du peuple, tandis qu'en réalité la Fronde ne devait servir que les intérêts de quelques ambitieux à la tête desquels se trouvaient les princes de Condé et de Conti, le duc d'Orléans et le coadjuteur Gondi, devenu cardinal de Retz par suite de ténébreuses intrigues, que Mademoiselle se dévouùt corps et biens à une semblable faction, voilà ce qui étonnait ses amis , car son enthousiasme pour la Fronde, et sa haine j)our le cardinal Mazarin n'é-

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