‹ Le roi des HallesChapitre 4 sur 28 · DISCORDE MILITAIRE · texte numérisé non relu

DISCORDE MILITAIRE

— Nier la vérité est chose facile ; mais ne pas croire à l'évidence!

— Tu persistes à soutenir ce monsonge ?

— Et je donne ma tête pour enjeu, au cas où le témoignage de mes yeux m'aurait trompé. '

— Quelques minutes, et je suis à loi. Va maltendre sur la place.

Et Nemours s'éloigna en répétant tout bas : — Ah ! mes soupçons ! mes soupçons ! prenez garde à vous, M. de Beaufort!

Le chevalier de la Tournelle traversa fièrement les domestiques qui emcombraient les escaliers. Il allait au rendez-vous que Nemours venait de lui indiquer.

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Eii sorlanl d'Etampes. par le faubourg d( Sainte- iNlario, deux carrosses se renconlrérent à la |>orle du reni[)arl. Tous deux (Maieul ej^alemciit l)lasoniiés sui' les |K)rlières. avaient nièinc (|uantilé de valets et de pi(|ueurs aussi

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les cochers , après avoir consulté ce qu ils possédaient de la noble science du blason, ne sachant s'ils devaient avancer ou céder le pas. se décidèrent tout -à coup à se couper mutuellement le chemin. Ce fut donc au plus adroit: mais cette joute d'un nouveau genre eut des suites fatales pour le carrosse aux livrées bleues de ciel qui se vit renversé contre une borne et brisé en mille morceaux : les glaces volèrent en écMs , en même temps qu'un cri perçant et douloureux vibrait dans les airs : les domestiques s'empressèrent de porter du secours à la personne qui se trouvait dans le carrosse, et parvinrent, en écartant les pannaux avec précaution, à en retirer une femme ieune et belle, que la frayeur, causé par cet accident, avait fait s'évanouir.

L'autre carrosse s'était arrêté: une dame vêlu(; magnifuiuement et d'une beauté éclalante en descendit lentement et s'ap[)rocl»a de 1 in(!onnue à lacjuellcon proiliguail les soins le* plus empressés.

— MadiiiiM (|r Nrinour.HÎ h'ccna l-oilr m reculant en arrirrc : la renconlrc vn\ iMr.iii;;**!

— Lit (liirlu'^sc (le (Jiàtilion! inui mura soiinlcincnl I un «les |)i(ju{'urs dr iiiiuJame de Nemours.

Olle-ci avail repris (onnaissanre : oUe se souleva péniblemenl. cl son regard s'arrèla sur la (huhesse (le ChiVilIon qui était à quelques pas (le là. et considérait avec uue émotion, (ju'ell'? cherchait vainement à réprimer, cette femme qu'elle s'était donnée pour rivale, ^ladame de Nemours fit taire la colère qui s'allumait dans son cœur, et résolut de profiter dune circonstance qui lui permeltail d'éclairer d'anciens doutes sur la fidélité conjugalede son mari. Lii duchesse de Chàtillon vint d ClIe même au devant de ce désir en oilranl a ma dame de Nemours une place dans son carrosse.

— Nous suivons môme roule, ajouta-t-elle a\ec empressement, vous vous rendez a Orléans, et moi à mon rhàt(*an «le (Jiàtilli)n

dans lequel M. le prince a daigné mellre garnison, et c'est pour éviter les désastres que ne manqueraient pas de faire naître de semblables complaisances, que j'ai quitté Paris.

Madame de Nemours lui apprit à son tour qu'elle se rendait à Orléans, afin d'y soulager, par sa présence et ses soins, les souffrances du duc qui avait été blessé à l'attaque du camp de Bleneau. Les nouvelles les plus alarmantes avaient, à cette occasion, couru dans Paris, et Monsieur, qui malgré son traité d'alliance avec le prince de Condé devait prendre un vif intérêt aux succès de son allié, fut cependant un des premiers à propager des bruits dans lesquels les ennemis des Frondeurs trouvèrent de nombreux sujets de contentement et d'espérance. Pendant quarante-huit lieures environs , et grâce au cardinal de Retz, on crut que l'armée de M. le prince avait été complètement battue et mise en déroule; que plusieurs généraux, et [)armi eux le duc de Nemours . avaient été mortellement

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