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APRÈS LA FUITE

La fêle de Plester Raven avait un peu dépassé le point culminant de son intensité; on dansait partout, on avait déjà renouvelé le buffet; les voitures commençaient à emmener les hôtes fatigués, lorsque Mme Bruce s'avisa que, depuis longtemps, elle n'avait vu Zite.

En général, le moyen de trouver Zite était de chercher Annie, la cadette gravitant presque toujours autour de l'astre qui éclairait son existence.

Annie n'était dans aucun des salons; Mme Bruce en fut surprise. Ce n'est pas cette fillette qu'elle eût crue capable de flirter à une heure ou deux du matin dans des bosquet où, malgré la douceur de la nuit, devait tomber une assez forte rosée. Comme elle se disposait à la faire chercher par un des domestiques, elle la vit entrer sous la véranda, ses cheveux un peu en désordre, l'air essoufflé, les yeux battus, le teint paie, marbré de taches rose vif.

— D'où viens-lu? demanda la tante Laure d'un ton passablement mécontent.

— De la maison, ma tante.

— De la maison? seule? à cette heure? As-tu perdu l'esprit?

— Non, ma tante, et puis il y a du monde tout le long de la route; mais j'ai passé par les jardins. Ma tante, est-ce que vous ne pouvez pas venir?

— John est malade? balbutia Mme Bruce, trahissant la pensée dirigeante de sa vie, l'amour unique, intense, qu'elle avait de tout temps porté à son mari.

— Non. L'oncle John dort dans son lit. Il dort même très bien, m'a dit son valet de chambre; et plaise à Dieu qu'il dorme tard, demain matin. Ma tante, n'avez-vous pas vu Zite?

— Je la cherche! fit Laure qui se sentit soudain très faible.

— Moi aussi... dit Annie tout bas.

Elles s'entre-regardèrent avec des yeux pleins de terreur.

En ces derniers temps, Zite s'était montrée si sombre, si différente d'elle-même, qu'une seule idée pouvait leur venir : lasse de la vie, en proie à quelque souci dont personne n'avait de\'iné la cause, elle aurait voulu mourir...

Leurs mains se joignirent et se serrèrent désespérément.

— Cela ne se peut pas, dit Laure Bruce. Elle a des principes religieux, elle n'aura pas fait cette chose épouvantable...

— Ma tante, rappelez-vous comme elle était triste! fît Annie.

— Triste, oui, mais on ne fait pas cela... Elle t'aime, elle aime la vie. Je sais bien que... oh!...

Mme Bruce se rappela soudain la façon dont l'enfant indocile lui avait dit :

^ — Vous n'aurez plus ce reproche à me faire.

Une terreur snns nom tomba sur elle, l'empêchant de marcher, de remuer môme la main, pour un instant qui, heureusement, fut court.

— Rentrons, dit-elle; il ne faut rien dire au milieu de ce monde. Songe à l'esclandre que cela ferait. La pauvre enfant! As-tu cherché partout?

— Partout, ici, chez nous, dans les maisons, dans les jardins...

Elles s'enfuirent, courant pres(jiic, lorsqu'elles en avaient la force, et soudain arrêtées de temps en temps par le moindre bruit qui leur semblait un cri.

A la villa Bruce, toutes les lampes brûlaient d'une lumière tamisée, le mobilier était en ordre; elles entrèrent dans la chambre de la fugitive.

Sa femme de chambre avait tout rangé et remis en place : le lit attendait la jeune fille; sa toilette de nuit, la robe qu'elle mettrait le lendemain, préparées sur des chaises, rendaient la solitude plus poignante encore.

— Ma tante, il faut qu'elle soit morte! dit Annie d'un ton résolu. Mais pourquoi serait-ce de sa main? Elle avait des bijoux sur elle, on a pu vouloir s'en emparer? Quelqu'un l'a peut-être enlevée; elle est si belle!

— Elle aurait crié! jeta douloureusement madame Bruce.

— Oui, elle aurait crié... fît lentement la jeune sœur.

La recherche recommença, la tante Laure ne voulait laisser inexploré aucun recoin de la vaste demeure. Restait un seul endroit : la chambre de son mari...

Elle hésita. Troubler le repos dont ce travailleur avait tant besoin! Faire naître l'inquiétude en ce cerveau déjà si plein de soucis, était-ce nécessaire ou même utile?

Et cependant, si le valet s'était trompé? Si John Bruce était malade? Si, en tournant le bouton.

elle allait le trouver en proie à la souffrance, et Zite assise auprès de son lit? Mme Bruce implora le secours du ciel, et entra. Bruce avait le sommeil léger : au grincement, si discret, du pêne dans la serrure, il fut sur son séant.

Une veilleuse brûlait dans un coin éloigné. Point de forme blanche assise au pied du lit.

— Qu'y a-t-il? demanda le chef de famille, dont l'esprit était parfaitement clair.

— C'est moi, John, fît sa femme.

Annie, restée sur la galerie, s'appuyait contre le mur pour ne pas tomber. Sa robe légère, lamentablement trempée par l'humidité, collait à son jeune corps, dont l'attitude douloureuse eût attendri un bourreau.

— John, mon ami, Zite a disparu!

— Zite? fit Bruce.

En un clin d'œil il fut debout, la tête dans l'eau froide. Il s'essuya avec une étoffe pelucheuse, se sécha, s'habilla sommairement, alla à la porte et dit à Annie :

— Entre. Quand ta sœur a-t-elle disparu? Et il s'assit.

— Je l'ai vue pour la dernière fois au commencement du bal, fît la cadette en cherchant dans ses souvenirs. C'était pendant la Marche aux {lambeaux. Il était un peu plus de dix heures et demie, moins de onze heures.

— - Il n'y a pas eu d'étincelles, pas de robe brûlée, pendant leur imbécile de feu d'artifice?

Si Annie avait pu pâlir, elle l'eût fait, mais c'était impossible.

— Tu n'as pas entendu crier?

— Non.

— Tout le monde criait.

— Oui, je sais : on faisait un vacarme inouï. Etait-elle seule?

Annie fouilla dans sa mémoire.

— Non... elle était avec...

— Mais dis-le donc!

— Avec votre peintre, M. d'Albrcniunt. Ils marchaient ensemble.

— ■ EIi bien, c'est d'Albremont qu'il faut trouver, fit Bruce en se levant de son fauteuil. Toi, petite, va te coucher.

— Non, mon oncle, s'il vous plaît. Je ne peux pas.

— Alors, va mettre d'autres vêtements. Ce serait assez d'en perdre une; pas deux à la fois. Va, et reviens : tu es mouillée comme une éponge.

Quand l'obéissante Annie eut refermé la porte, Bruce dit à sa femme.

— Allez mettre votre robe de chambre, Laure; je viens avec vous.

Tout le monde obéissait, dans cette maison, à ces ordres précis et rigoureux.

Pendant que Mme Bruce se dévêtait, son mari, assis près du feu, lui tournant le dos, déclara :

— ■ C'est l'homme qu'il faut chercher quand une femme disparaît. A-t-on vérifié si elle n'avait pas laissé une lettre?

— Je n'y ai pas songé, avoua Mme Bruce. S'il y a une lettre, elle est chez Annie. J'y vais.

Elle revint avec un morceau de papier, qui portait deux lignes.

— Où était-ce?

— Sur la cheminée d'Annie. Elle ne l'avait pas remarqué. Sur le marbre blanc, c'était presque invisible.

— Que dit-elle?

« Ma sœur, pardonne-moi, et obtiens mon pardon de ceux que j'offense. — Signé : Zite. » Bruce tourna le papier dans tous les sens.

— Cela signifie tout et rien, dit-il.

Il sonna son valet de chambre.

— Faites-moi donner la communication avec le chef de gare, lui dit-il.

L'homme sortit. Deux minutes après, la sonnerie du téléphone résonna au chevet du lit.

Bruce s'approcha et entama la conversation d'une voix calme, pendant que Mme Laure et Annie écoutaient, silencieuses, effarées.

— Quels voyageurs sont partis au train de dix heures quarante-cinq, ce soir?

Une réponse parvint que seul il entendit; elle fut longue et souvent entrecoupée.

• — Personne autre? insista-t-il?

Le même bruit confus pour les oreilles des deux femmes résonna au téléphone.

— Aviez-vous d'autres trains à peu près à la même heure? demanda l'oncle.

Après avoir reçu une troisième réponse, Bruce dit à haute voix :

— Merci. Bonne nuit.

Puis il referma l'instrument d'un geste sec et regarda sa femme.

— Au train de dix heures quarante-cinq une jeune dame vêtue de blanc, un jeune homme qui vient souvent ici, — autrement dit d'Albremont, — en tenue de soirée; un clergyman, et deux employés d'une maison de commerce de New- York. Le chef de gare n'en sait pas davantage. Au train suivant, des masses de monde, mais pas de clergj'man. Notre nièce est mariée, à l'heure qu'il est, el installée avec son... époux à Providence.

— Comment le savez-vous demanda Laure, étourdie de surprise.

— Par les billets. Ce n'est pas difficile de trouver quand on cherche... Il a fait un joli coup, le roué... ou plutôt il a cru le faire... mais il me le payera cher. Ils seront punis, tous les deux...

Annie s'approcha suppliante :

— Mon oncle, pardonnez à ma sœur! elle est si jeune!...

— Moins que toiî fît Bruce en la regardant d'un

air de pitié. Si jeune... très habile. N'en parlons pas ce soir. Allez vous coucher, mes chéries; dormez si vous le pouvez, et surtout n'allez jamais vous imaginer que quelqu'un est mort avant d'avoir téléphoné l\ la station du chemin de fer... Quand il y en a plusieurs, — c'est des stations que je parle, — évidemment, c'est plus compli(jué! Bonsoir, mes chères. Avouez que le téléphone a du bon, tout de même...

Il les congédia, et, demeuré seul, connut un des plus beaux accès de colère froide de son existence, se promenant à petits pas et mûrissant sa rage.

A l'indignation très légitime que lui causait cette double trahison, se joignait chez cet homme autoritaire l'humiliation petite, mesquine pour ainsi dire, d'avoir été joué par deux êtres qu'il croyait tenir absolument dans sa main; l'une par la nécessité de vivre, et peut-être un peu de reconnaissance; l'autre par la fortune qu'il allait lui procurer, et dont lui, John Bruce, était l'unique artisan.

Cette petite fille... Il serra les poings avec un vif désir de la secouer ferme et fort; puis ses mains s'ouxrirent et retombèrent.

Une enfant, une fille de vingt ans! Ce n'était pas elle qu'il fallait blâmer; connaissait-elle seulement l'importance de ce qu'elle avait fait? Et n'en seraitelle pas assez punie par celui-là même qu'elle avait choisi pour maître?

— Elle no peut pas l'aimer! se répétail-il obstinément. Alors, pourquoi? Mais lui, le voleur, il connaissait son affaire! C'est-à-dire qu'il croyait la connaître. Il avait pensé faire un beau coup, devenir le neveu de John Bruce, s'introduire dans la famille, hériter un jour ou l'autre... Il s'était trompé, le beau monsieur!

Tout à coup, Bruce s'arrêta court au milieu de sa chambre : d'Albremont avait épousé Zite... c'est donc qu'elle ne l'avait j^oint averti qu'elle n'aurait

pas un sou dans ces condilions-là? Un homme de cet acabit n'aurait pas épousé, de son gré, une fille pauvre, menacée de la colère de celui qui tenait dans sa main leurs deux fortunes, les moyens mêmes de leur existence. Alors elle l'avait joué, lui aussi, l'heureux époux?

Il éclata de rire, plein d'amertume, et trouva que le genre humain était tissé d'une bien pauvre fibre. D'Albremont joué par Zite, et Zite épousant d'Albremont pour son titre problématique, pour son talent, destiné à rester quelque temps inconnu, pour peu que Bruce y mît opposition... C'était très drôle, et c'était absolument vilain!

Il avait repris sa promenade, l'esprit déjà presque allégé par l'idée de la vengeance certaine que le destin réservait aux coupables...

Il ralentit le pas, son visage s'assombrit, et il se laissa aller dans un fauteuil.

— Le misérable! murmura-t-il. Pour avoir osé faire une pareille chose, il devait être sûr de l'impunité... Il sait bien que je ne peux pas me passer de ses aquarelles! Si je le chasse, tout le côté artistique de mon plan, toute l'originalité s'en va avec lui! Je ne connais pas l'homme qui pourrait le remplacer, et, même si je le trouvais, le temps perdu ne reviendrait pas...

Bruce médita quelque temps, devant son lit défait, sans songer à y rentrer.

Les terrains sur lesquels passeraient ses chemins de fer étaient vendus conditionnellement; l'émission des actions, — car, si riche qu'il fût, sa fortune suffirait à peine à mettre en branle son projet colossal, — l'émission des actions devait se faire à jour fixe, éclater comme uti coup de tonnerre après une courte et gigantesque réclame; c'était une affaire comme on ne sait les organiser que dans ce pays, où les fortunes s'élèvent et retombent comme une gerbe de feu d'artifice.

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Un instant, il pensa à renoncer à raiïaire. Seul engage jusqu'ù présent, il pouvait biiser tout : au moyen de quelques indemnités, il satisferait aux justes réclamations de ceux qu'il avait déjà englobés dans son plan, à leur insu, par l'achat ou la promesse d'achat de parcelles de terre, Ijande étroite (jui renfermait le réseau futur; on n'en parlerait plus, ce serait une chose morte et enterrée...

A cette idée, John se sentit ému. Son projet était devenu son enfant; il ra\ait couvé, choyé, caressé, bien longtemps avant d'y adjoindre un commencement d'exécution. Le détruire lui semblait l'assassinat d'un proche, presque un suicide. Tristement, il secoua la tête.

Si riche, si puissant qu'on soit, faut-il toujours dépendre de quelqu'un? Et quelle amertume de se dire que, sans sa bonté, Zite ne fût pas entrée dans sa maison, et que ce malheur ne fût point advenu! John Bruce descendit jusqu'au plus profond de sa conscience. Etait-ce uniquement pour l'amour de ces deux lilleltes qu'il les avait admises à son foyer? Il savait bien que non! Il les avait prises comme on achète des chevaux de luxe, un chien familier; pour jouir paternellement de leur jeunesse et de leur grâce, puisque le soit lui a\ait refusé des enfants...

« Egoïste, John Bruce! Egoïste! » se dit-il amèrement. Et cette sotte condition de rester filles cinq années, c'est elle qui avait tout gâté! L'esprit de contradiction fait partie de la nature humaine; lorsqu'on le piovoque, on éveille un animal qui peut devenir furieux et ^ous dévorer...

Laure a\ ait eu bien raison de vouloir l'en dissuader! Pourquoi n'avait-il pas écouté sa femme? Mais écoutait-il jamais quelqu'un, lorsqu'une idée avait germé dans son cerveau de maître omnipotent, indiscuté?

Tout doucement, sans faire de bruit, il se recou-

cha; une tristesse, une fatigue singulières s'étaient emparées de lui; d'un effort suprême de sa volonté, il repoussa le souci, et, voulant dormir, s'endormit.

Au matin, il passa dans la chambre de sa femme, et la trouva pâlie, vieillie, brisée par cette horrible nuit. Avec une profonde tendresse, il baisa le front encore sans rides, et regarda au fond de ces yeux dont la flamme brillait pour lui seul.

— Laure, ma chère, dit-il, j'ai bien réfléchi. Je crois que j'avais commis une faute... On ne conduit pas les jeunes filles comme des courtiers d'affaires».. Je me suis trompé. Il ne faut pas prendre les choses au tragique. Si notre nièce a épousé cet homme, c'est qu'elle avait de bonnes raisons...

— Il n'y a pas de bonnes raisons pour une semblable action, dit fermement Laure, dont les yeux étaient brûlés par les larmes.

— Au moins, sinon des raisons, des excuses, reprit l'oncle. Soyons indulgents, ma' chère femme.

Si jamais âme fut surprise, ce fut celle de Laure Bruce. Elle croyait connaître son mari, et s'était attendue, par conséquent, à quelque effroyable explosion de colère. Cette mansuétude l'étonnait au point de l'inquiéter.

— Alors, John, dit-elle, vous pardonnez? Il demeura un instant silencieux.

— Pardonner... dit-il ensuite, je ne sais pas si je pardonne... Pour pardonner il faut avoir le cœur délivré de toute mauvaise pensée; et, si je n'ai pas beaucoup de mauvaises pensées contre Zite, j'en ai pourtant quelques-unes. Quant à l'homme, je le méprise absolument. Vous voyez que je ne puis pas pardonner, dans le sens chrétien du mot. Mais je crois qu'un esclandre ferait du tort à tout le monde... C'est le point de vue mondain, et on ne peut pas le négliger.

Laure baissa la tête; elle n'avait pas songé au

scandale, au retentissement de la fuite; elle n'avait pensée (ju'au chagrin.

-- En agissant comme si nous approuvions, continua Bruce, nous mettrons tout le monde de notre côte. De plus, je suis honteux de le dire, mais j'ai hesoin de ce garçon pour mes travaux... Ne me blâmez pas, ma chère femme.

— Oh! John, je vous admire! Je n'aurais pas eu le courage de tant de sagesse! s'écria Mme Bruce éperdue.

Il la serra dans ses bras, heureux d'avoir ce tendre cœur d'épouse toujours prêt à approuver, même alors qu'il confessait devant elle les moins bons côtés de son âme.

— Alors, dites à Annie qu'elle se rassure, lît-il sur-le-champ. La pauvre petite doit trembler de frayeur. Ce n'est pas elle qui aurait jamais fait une chose pareille.

— Annie a le cœur de son père, le nôtre, dit Mme Bruce en sortant pour sécher les larmes de Cendrillon.

Avant neuf heures du matin, un télégramme arriva :

« Mariés. Demandons pardon. Revenons, prêts à subir tous reproches.

« Victorien d'Albremont. »

Bruce le tendit à sa femme qui le lut deux fois et le rejeta sur la table où ils prenaient tardivement leur premier déjeuner.

— Que voudriez-vous de plus, demanda-t-il en levant les sourcils.

— Un mot du cœur! répondit-elle, non sans amertume.

— Le télégraphe n'est pas fait pour ces choseslà, répondit judicieusement Bruce. Vous en entendrez des mois du cœur, si vous les aimez!

— De Zite? fit Mme Bruce incrédule.

— Non, de son chenapan de mari. Il parle bien, vous savez! Il vous offrira de la littérature sans marchander, si vous voulez l'écouter! Mais je ne lui en laisserai pas le temps. S'il veut rentrer en grâce, il faut qu'il mette du zèle à mes aquarelles. Plus que jamais je veux faire vite... vite et bien. Annie, viens m'embrasser. Ils seront ici pour le lunch, je pense.

La pauvrette apporta sur l'épaule de son oncle sa tête pleine de soucis et de larmes. Il la caressa comme un petit enfant, et, sans mot dire, alla se remettre au travail.

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