UN COUP DE CARABINE
Cette dépêche n'était sans doute pas un sot mensonge comme il avait d'abord essayé de le croire; il y avait dessous quelque chose de plus sérieux, de mieux fondé; il le saurait le lendemain, peut-être avant. L'essentiel était d'avoir la tête claire, pour faire face à toutes les difficultés.
Depuis trois jours, tout en régalant ses hôtes, il n'avait bu que du thé, du café ou de l'eau; il appela son valet de chambre et demanda son costume de ville.
Le serviteur fidèle obéit, et, tout en aidant son maître à s'habiller, il lui fît savoir que Paddy, depuis une heure rôdait autour du wagon changé en cabinet directorial, demandant à parler à master John.
— Qu'il vienne! dit celui-ci émergeant d'une cuvette d'eau fraîche où il venait de tremper son visage.
Paddy apparut, le visage bouleversé. Sa mobile physionomie d'Irlandais en disait long sur ses angoisses.
— Eh bien? fit John en se frottant vigoureusement avec un tissu rugueux.
— Eh bien, c'est par centaines que les maudits papiers sont distribués dans la salle. Pas possible qu'on ait envoyé tout ça de New-York. C'est venu avec vous dans le train, ou bien, il y a ici une espèce de sang-mêlé ou Mexicain, je ne sais lequel, une peau tannée, toujours, qu'ils appellent
Maiioël, qui aura distribué celle vermine pendant que vous parliez, masler John. Quand on pense que j'ai eu envie de l'étrangler et que je m'en suis refusé le plaisir.
— Qu'est-ce qu'il avait fait? demanda John.
— Il riait d'une façon qui ne me convient pas, voilà tout! Si je l'avais envoyé rejoindre ses pères, ça aurait mieux valu, au moins pour l'instant.
— Pas pour longtemps, fît Bruce. Alors, c'est décidément un coup monté?
— Tout ce qu'il y a de plus sûr. L'ingénieur entra, un nouveau télégramme à la
main.
— La ligne télégi^aphique est assaillie d'une façon extraordinaire, dit-il. Il vient de New- York des télégrammes pour tout le monde ici, mais, naturellement, masler Bruce, les vôtres passent avant tout; en voici un de votre caissier.
Bruce fit allumer les deux puissantes lampes à réflecteurs qui éclairaient son travail nocturne. Il congédia l'ingénieur et conserva Paddy, comme garde du corps, puis, tirant de son carnet la feuille de son chiffre, il lut lentement et avec soin ce qui lui était mandé.
A peu de chose près, c'était l'odieuse dépêche anonyme, seulement la main qui portait le coup avait essayé d'en adoucir la rudesse. L'illusion n'était plus possible, l'édifice élevé par toute une vie d'honnêtes labeurs était maintenant sapé par une armée d'envieux sans scrupules. Ils jouissaient d'un crédit considérable, puisqu'ils ne reculaient devant aucune dépense; mais ils espéraient bien récupérer cent fois les capitaux engagés, quand ils auraient jeté à terre le colosse qu'ils comptaient dépecer à l'aise.
— ■ La baisse pour acheter, et faire remonter ensuite, pensa John Bruce quand il eut terminé sa lecture; c'est le système de bascule bien connu, enfantin, mais qui réussit, parce que la masse se
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laisse effrayer comme un troupeau de moulons... Messieurs mes ennemis, vous avez vendu la peau de l'ours avant de l'avoir mis à terre. J'y laisserai bien sur une portion de mon avoir, mais vous n'en aurez rien, vous autres. Le « vieux Bruce » n'est pas si vieux! Il est encore capable de vous voir étendus tout de votre long dans la poussière... Pourvu qu'ils n'aient pas touché à ma pauvre Laure! Paddy! criat-il d'une voix forte, tout en rédigeant pour sa femme un télégramme qui disait seulement : « Je reviens sain et sauf. »
L'Irlandais se montra : sa bonne figure anxieuse, ses yeux bleus, clair et vifs, auraient réconforté un homme découragé. Mais Bruce n'avait pas besoin en ce moment, d'élre réconforté. Il se sentait porlé par une force presque surhumaine.
— Le souper est fini? demanda-1-il.
— On n'y songe plus, répliqua Paddy avec un geste de dédain vers la salle.
— Nos trains sont formés? les locomotives sous pression? les employés à leurs postes?
— Comme vous l'aviez ordonné, master Bruce. La nuit sera fraîche ici. Ce wagon vaudra mieux pour la santé.
— • Très bien. Faites sonner le départ; nous démarrons dans une demi-heure.
— C'est bon, ça! fit Paddy en s'en allant. Près de la porte il se retourna :
— Et ceux qui ont pris plus que leur compte, que va-l-on en faire?
Bruce réfléchit :
— Qu'on les installe confortablement, partout où il y aura de la place. Mon train n'emmènera que les hommes solides et de bonne volonté. Prévenez l'ingénieur : un train, demain, pour les autres.
Un quart d'heure après, dans la nuit noire, mais criblée d'étoiles, la cloche argentine d'une locomotive retentit. Une centaine d'hommes, sobres et se-
riciix, arais de Bruce et parlicipants à l'affaire, se groupèrent autour du train. John se montra sur la plate-forme, à l'arrière.
— Mes amis, leur dit-il, une machination a été tramée contre moi et par conséquent contre vous. ]\fa présence est indispensable à New-York. Au lieu de rester ici quelques heures encore, à nous reposer, je pars sur-le-champ. Ceux qui préfèrent rester en sont les maîtres : un autre train suivra dans deux heures, et un troisième demain m.atin. Il est possible qu'on essaie de me faire dérailler ou de pro\oquer quelque autre accident : tout se peut. Je dois à ma conscience d'ajouter que nous irons très vite et que la voie est encore bien nouvelle, par conséquent peu stable : il y a du danger. Comme il se peut aussi que rien arrive... Choisissez votre train, messieurs; les autres seront plus sûrs.
Une douzaine d'hommes seulement hésitèrent, sur la centaine qui l'écoutaient, et c'étaient des pères de famille.
— Partons! crièrent les autres.
— Attendez, fit-il avec un geste de commandement.
Sa fière silhouette se confondait avec l'ombre : son visage seul, éclairé par le fanal le plus proche, était lumineux.
— Devant Dieu qui m'entend! fit Bruce levant la main droite, devant mes amis et compagnons que j'ai entraînés dans une entreprise que je crois excellente et qu'on prétend être dangereuse, je déclare que la ligne Laure ne doit rien à personne. Tous ceux qui ont ma signature seront payés à mon retour. Lundi matin, à huit heures, les bureaux de ma banque seront ouverts et on payera à présentation. John Bruce n'a promis que ce qu'il peut tenir.
— Hourrah! crièrent les auditeurs en s'avancant pour lui serrer la main.
— Hourrah! crièrent les ouvriers, groupés derrière les actionnaires.
Ils étaient payés, ceux-là, et savaient que Bruce ne mentait pas.
Un coup de feu raya l'ombre épaisse : la balle d'une carabine à longue portée siffla à Toreille du capitaliste, qui fit un léger mouvement.
Un cri d'horreur et d'indigation sortit de toutes les bouches affolées, qui se retournèrent vers l'ombre avec des cris furieux et des revolvers menaçants.
— Je vous l'avait dit, fit Bruce en retirant de son oreille sa main légèrement tachée de sang. Laissez, c'est une tentative isolée; vos existences ne sont pas en péril, messieurs; c'est à moi seul qu'on en veut. Cependant, je vous engage à monter dans les wagons. Paddy, restez ici pour assurer l'ordre, et rechercher le coupable; et vous, mes bons travailleurs, gardez fidèlement mes hôtes, que je vous confie. Le mécanicien est à sa machine? Tout le monde est monté? A toute vapeur, alors!
La cloche tinta, les wagons brillamment éclairés se refermèrent sur leurs hôtes; le train s'ébranla sans secousse et bientôt vola comme un grand oiseau noir, pailleté de feu, sur la voie entièrement libre, laissant derrière lui une traînée d'étincelles.
Dans son wagon, Bruce serrait des mains, les yeux las, distinguant à peine les visages; enfin, il put prononcer le dernier discours de la soirée :
— Messieurs, il y a du soda-w^ater et un souper froid au wagon-restaurant. Vos lits sont prêts. Je crois que vous ferez bien de dormir, car demain nous aurons à causer, et beaucoup. Je vous souhaite une bonne nuit.
Demeuré seul, il épongea son oreille, qui saignait un peu.
— Les imbéciles! murmura-t-il; à quoi bon? Estce parce qu'on a tué un homme qu'on a tué une
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chose? Ils cioienl faire mieux que moi, c'est là qu'ils se trompent. Je leur donnerais mon réseau, et toutes mes notes, et mes plans, et l'argent pour les exécuter... Ils n'en sauraient que faire!
Pendant que le train s'éloignait, quelques-uns des invités quittaient le camp par groupes, à cheval.
— Pourquoi avez-vous tiré? demanda à Manoël un ranchcro de ses amis, venu avec lui : ce n'était pas dans les conventions...
— Il était trop tranquille! répliqua rageusement le sang-mêlé. Il m'ennuyait avec sa lanterne; c'était une tiop bonne cible! Tout de même, je l'ai touché : ce n'est pas un vilain coup, la nuit, avec une carabine, à cette distance!
L'autre secoua la tête.
— Ce n'est pas un vilain coup, répliqua-t-il, mais c'est une vilaine chose : je ne suis pas trop délicat, mais je ne voudrais pas l'avoir faite!
Manoël haussa les épaules.
— On s'amuse comme on peut, dit-il : la vie n'est i>as déjà si drôle!
Ils gagnèrent une ferme isolée où d'autres montures les attendaient; Manoël en choisit une et se prépara à repartir.
— Tu t'en vas tout seul, comme cela? demanda son camarade.
— J'ai de la besogne sur le Saint-Laurent, répondit le sang-mêlé brièvement. Ces Bruce et toute leur famille me portent sur les nerfs, et le beau Harry surtout...
— Mais il est en France! fit Taulre étonné.
— Raison de plus! Il me gênerait pour l'ouvrage que j'ai à faire; cela s'arrangera à merveille pendant qu'il étudie son architecture, là-bas, sur les bords de la Seine. Je rattraperai le chemin de fer quelque l»art, un peu plus à l'est, et je rentrerai chez moi.
Il disparut dans la nuit en sifflant une chanson espagnole.
l'i:.\\lrs d'un TRiuMi'iit:
Annie cl Zilo, les mains dans les mains, serrées Tune contre l'autre, roulaient vers l'hôtel Bruce dans le. coupé de leur tante, le cher coupé qui, tant de fois, les avait voiturées ici ou là, pour leurs plaisirs!
Si peu de temps, un an à peine, s'était écoulé depuis qu'elles avaient joui ensemble de cette vie facile, lumineuse; de celte vie de tendresse qui était io paradis! Douze ou quatorze mois suffisent donc pour bouleverser le fond môme des existences? Elles revenaient, les colombes voyageuses, meurtries, blessées, prêtes à guérir les blessures que Zite avait faites : bien d'autres chagrins les attendaient, dont elles ne se doutaient pas.
Leur première déconvenue, le premier souffle de la froide haleine du m^alheur, était venu les chercher ;j bord de leur bateau; elles s'attendaient à voir leur lante, ou Bruce lui-même, et c'est un domestique, pas même le vieux valet de chambre, qui avait apporté un mot de bienvenue, très bref, écrit à la hâte par Mme Laure.
— Seraient-ils encore fâchés contre nous? se demanda Zite, prompte aux découragements depuis fiue la nécessité de la résistance ne faisait plus partie de sa vie quotidienne.
— Serait-il arrivé quelque malheur? pensa Annie, c(ui comprenait mieux les admirables protecteurs de leur jeunesse.
Durant le court trajet, elles ne se parlèrent pas : il n'était pas un coin de rue, pas une enseigne de Itoutique, jusqu'à un grotesque sauvage sculpté en plein bois, qui, planté au milieu du trottoir, offrait aux passants des cigares fictifs, à peu de dis-
lance de leur maison, qui ne leur rappelât des gaietés folles ou des heures de larmes.
Enfin, elles descendirent de voiture et montèrent les quelques marches. Oh! ce hall, ce tapis, dont les couleurs éteintes évoquaient tant de précieux souvenirs!... Une porte s'ouvrit, et Mme Bruce reçut dans ses deux bras ouverts, aussitôt refermés, les chères filles de son cœur, qu'elle eût voulu retenir là, prisonnières, à jamais.
Zile n'osait la regarder : un coup d'œil furtif la lui avait fait voir si changée, amaigrie, lassée, vieillie, que son cœur, jadis rétif, n'avait plus assez de larmes à trouver, de reproches à se faire, pour un tel désastre.
Annie parla la première.
— Ma tante, dit-elle, sûrement quelque chose ne va pas! L'oncle n'est pas malade, j'espère?
— Je l'espère aussi! fît Laure avec un petit frisson. Vous arrivez à point pour nous aider de votre bon cœur, de votre bonne grâce, de toute la consolation que deux jeunes êtres peuvent apporter à deux vieux époux qui ont été très heureux...
Un court sanglot souleva sa poitrine amaigrie.
— L'oncle rentre demain, dit-elle. Il a inauguré son chemin de fer.
— Eh bien? fit Annie.
— Venez ôter vos effets de voyage, et je vous dirai tout.
En peu de mots, elle les mit au courant de la situation, qui ne s'était pas améliorée depuis trente-six heures. Les actions avaient encore baissé; on n'en voulait plus, à aucun prix; c'était le moment, avait dit le caissier, où, lorsque l'on est décidé à la perte d'un homme, on fait une rafle générale de son papier, pour le mettre au pied du mur.
— Mais, fit Zite qui avait arrêté l'opération de sa toilette dès les premiers mots, il doit y avoir un remède à cela?
— Cerlainemenl! Mais il faudrait que voire oncle fût ici! Or, il n'y peut ôlre que demain, et d'ici demain...
Zile remit son chapeau sur la tôle, d'un air résolu.
--- Ma tanle, dit-elle, voulez-vous me prêter votre \oiture, pour une heure? Je suis encore trop faible pour aller à pied...
— Que veux-tu faire? demanda Annie.
.Sans attendre la réponse, Mme Bruce avait déjà sonné et donné ses ordres.
— Je vais voir quelqu'un, dit Zite. J'ai fait beaucoup de sottises dans ma vie; une de plus ou de moins... Et j'en prends la responsabilité! Vous permettez, ma tante?
— Fais ce que tu voudras! dit Mme Bruce avec mélancolie. Je ne sais plus ni penser ni vouloir.
Zite disparut, la porte du coupé se referma après qu'elle eût donné une adresse, et les deux femmes se regardèrent.
— • Que peut-elle vouloir? demanda la tante.
— Quelque chose de bon, certainement, répondit Annie. Si vous saviez combien son malheur l'a changée! Ce n'est plus la même femme. Elle était égoïste, et maintenant elle ne songe plus qu'aux autres. Ma tante, racontez-moi tout...
— ■ Ah! soupira Mme Bruce, tout! ce serait trop long! Ce qu'il faudrait, c'est que Harry fût ici.
— ■ Câblez-lui de revenir! dit la jeune fille dont une jolie teinte rose colora tout le visage.
— Il faudrait que l'oncle l'eût permis; je n'ose le faire sans lui. C'est si grave! Interrompre ses études, alors que nous ne pourrons peut-être pas l'en dédommager! C'était bon quand nous étions sûrs de lui créer une belle situation; mais à présent, à moins que la chance ne tourne, il ne fera pas bon être de nos amis, petite Annie!
Une heure après, Zite revint, le teint un peu fiévreux, les yeux pleins de lueurs phosphorescentes
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qui doiiiiaicnl naguère à co beau visage uu inexprimable attrait.
— Qu'as-tu fait? lui demanda Annie, avec une insistance enfantine, qu'elle savait toute-puissante sur sa sœur, depuis leur réunion.
— Tu veux le savoir? Eh bien, j'ai été payer une dette.
— Ah?
— Une dette d'honneur. Je ne pouvais pas la garder sur ma conscience. Es-tu satisfaite?
— Apparemment! fît la jeune sœur, puisque je ne dois pas en savoir davantage.
Après le dîner, le caissier vint, comme il le faisait tous les soirs depuis le départ de Bruce. Plus encore que la veille, il avait l'air grave et préoccupé.
— Cela va mal? demanda Mme Bruce.
— Ce qui éîait à prévoir est arrivé, répondit-il. On a acheté vers quatre heures tout ce qui restait d'actions disponibles.
— Un seul acheteur?
— ■ Un seul. Sauf celles qui appartiennent à M. Bruce et à ses amis, tout à disparu.
— On a acheté... à la baisse?
— Ah! certes, oui! fît le caissier en soupirant comme un homme désespéré.
Zite ne disait rien; ses doigls traçaient sur la table des chiffres mystérieux.
— Alors? demanda ^Ime Bruce.
— Eh bien, ça ne peut pas aller plus mal; c'est une espèce de consolation. Quand attendez-vous M. Bruce?
— • Demain, je ne sais à quelle heure. S'il a eu l'idée de quitter son train et de revenir en coupant au plus court, ce pourrait être dans la matinée.
— Soyez sûre qu'il l'a fait, affirma Jameson. M. Bruce a montré un sang-froid extraordinaire. Ses ennemis en sont confondus : ils ne s'y attendaient pas.
rj; iioi i)i:s mili,iaiu)s ses
- \'uus les connaissez? fît Mme Bruce vi\ement.
— Si jo les connais? Aussi bien que vous-même. Il y a...
Il énuméra une dizaine de noms, fameux dans les affaires ou le commerce,
— Ceux-là! fît Mme Bruce indignée. Mais ils ont dîné chez nous le mois dernier!
— ■ Sûrement! Si vous les invitiez le mois prochain, ils viendraient encore, allez!
Prenant son chapeau, le caissier ?e retira.
— Allez dormir, chères enfants, dit .Mme Bruce en posant un baiser sur chaque front.
A son extrême surprise, Zite l'enlaça soudainement de ses bras. Elle était devenue aussi grande que sa tante; sa taille avait pris de l'ampleur : c'était une femme dans la plus noble acception du mot.
— Tante, dit-elle, c'est moi qui ai fait entrer le malheur dans cette maison J'espère pouvoir le réparer en partie, au moins. Je vous supplie de me pardonner...
— Tais-toi, fit la bonne Laure en la serrant plus fort.
— Me pardonner, insista la jeune femme, et me laisser vous aider en tout, quoi que ce puisse être.
Une dernière étreinte les réunit, puis Mme Laure rentra chez elle.
Lorsque les deux sœurs se retrouvèrent dans leur appartement, si frais, si coquet, Annie tira résolument sa sœur par le bras.
— Chez qui as-tu été, tantôt? lui demanda-t-elle d'un ton résolu.
— Chez Hester Raven, répondit Zite. Elle m'avait donné de l'argent dont je ne me suis pas servie; je le lui ai rendu...