‹ Le Roi des Placères d'orChapitre 20 sur 75 · JJ · texte numérisé non relu

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autant qu'il le pourra, sans cependant se comprometlre ni agir ostensiblement. Les Etais-Unis nous menacent de nouveau de la guerre, et le réyérend chef a trop à faire pour se mettre de nouveaux ennuis sur les bras; il faut surtout éviter les moyens violents! une ibis les deux femmes entrées à Dcseret, il répond de

loul; mais, tant qu'elles ne seront pas au milieu de nous, il ne se soucie pas d'intervenir.

— Hum! fit le docleur d'un ton de mauvaise humeur, cette protection tant vantée, et dont il a fait: si grand bruit avec moi, me semble assez mince jusqu'à présent.

— Vous vous trompez, mon ami;

pour être cachée, elle n'en est peutêtre que plus efficace; vous allez en juger.

- — ■ Je ne demande pas mieux.

— Dix Danites choisis, dont je fais partie, sont mis à vos ordres; ils vous obéiront en tout ce que vous leur commanderez, pourvu que vos ordres concernent l'affaire en question.

— Ceci est déjà quelque chose,

— Ce n'est pas tout.

— Voyons,

— Les Elders de tous les défrichements sont avertis, afin de vous protéger au besoin; de plus, un courrier de confiance a été expédié aux gardiens de vos prisonnières afin de hâter leur marche et de les faire entrer le plus tôt possible sur notre terri-

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toire; depuis deux jours déjà, elles sont arrivées au défrichement de John Strogg, auquel on les a consignées, et qui les surveille attentivement; aussitôt que vous en donnerez l'ordre, on les dirigera sur Filmore.

■ — ■ Comment elles sont chez John Strogg, déjà? Eles-vous sûr de cela?

— Je les ai vues aujourd'hui même, répondit le Danite, blessé par le doute du chasseur.

— Tout va bien, alors.

— Vous êtes satisfait?

— Certes.

— Tant mieux; maintenant, que comptez-vous faire?

— Je rie le sais pas encore : seulement il est important qu'ellesne soient plus chez John Strogg lorsque nous arriverons, mescompagnons et moi.

. — Bon; on les fera partir; est-ce tout?

— À peu près.

— Et l'homme? n'avez- vous rien arrêté à son égard?

— J'hésite à m'en défaire; le pauvre diable n'a- pas de soupçons, il me croit son ami; je répugne à le tuer.

— Vous avez tort; dans une affaire aussi importante, hésiter,, c'est perdre la partie. Il ne vous épargnerait pas, lui.

— Je voudrais m'en débarrasser sans verser son sang.

— Qu'à cela ne tienne, je m'en charge.

— Comment ferez- vous?

— Nous l'enlèverons, tout simplement.

— Me promettez-vous de ne pas faire tomber un cheveu de sa tète?

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^: ce soir, mon pauvre ami.

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— Parfaitement! d'ailleurs, que vous importe? Et pourquoi È£; vous intéressez-vous tant à lui?

— Pauvre jeune homme, si doux, si confiant! N'est-ce pas assez déjà de lui enlever sa fiancée? Il y a des moments où j'ai

. des remords.

— Cependant, s'il y a lutte, s'il résiste?

— Vous serez alors dans le cas de légitime défense.

— Très bien, dit en riant, le Danite; j'ai compris. Vous vous en lavez les mains. Laissez-moi faire.

— Mais n'oubliez pas mes recommandations,

— le n'aurai garde. Brigham Young m'a chargé de vous rappeler voire promesse; l'argent lui manque en ce moment. Vous lui rendriez service en. , .

— Voici une lettre que j'ai préparée à ce sujet: vous la lui remettrez, interrompit Francis de Verdières. Tenez, prenez.

Il lira un pli cacheté de son vêtement et le présenta à Houston, qui s'en saisit avec vivacité, et qui reprit :

— Bon! alors tout va bien.

jjl — Quand vous reverrai-je, et où?

— Chez Jonh Slrogg, le plus lui possible. Times is money. lit — C'est entendu. Où sont les autres Daniles?

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— À trois lieues d'ici, campés sur une accore de la rivière. — Faites qu'ils soient avec vous là-bas. Nous en aurons peutêtre besoin.

— Ils y seront.

— Vous n'avez pas été heureux dans votre reconnaissance de

Grâce à votre démon de chasseur. . . Mais il me payera ce

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coup de fusil. . . Nous nous retrouverons. Qu'il ne tombe pas entre les mains des Daniles.

— Pourquoi?

— Ils le détestent tous à qui mieux mieux. . . Vous avez eu tort de le prendre pour guide; c'est lui qui a attiré sur votre piste la nuée de Clioclionès qui. vous a attaqué dans la soirée. Ils n'en voulaient qu'à sa personne.

— Àh! cela leur a bien réussi, fit en riant le docteur. Le ca- :-4t

pitaine et -moi, nous en avons bien calmé deux ou trois. Mais, sans ..■ J|

l'arrivée del'Oiseau-Jaune, nous aurions peut-être passé un mau-

vai quart d'heure. Il a fait son devoir en rude et vaillant com- 5|

pagnon.

— Oh! ce n'est pas le cœur qui lui manque. On ne peut lui refuser le courage et l'adresse. Mais il est dur comme un roc. Il ne demande de grâce ni n'en accorde à aucun ennemi. Il subit et il exécute inexorablement la loi du désert. Aussi, qu'il me tombe sous la main, et ce ne sera pas long.

— Libre à vous; une fois qu'il nous aura conduits à destinalion, pourtant, n'est-ce pas? ajouta le docteur avec un sourire-.

— D'accord. Oh! il ne l'échappera pas. Les Peaux-Rouges sont exaspérés, furieux contre lui.

— Pour quelle raison?

— Dans la bagarre, ils ont beaucoup souffert.

— À qui la faute? les avons-nous attaqués? ■ — ■ Non, mais ils ne s'arrêtent pas à ces détails, ils ne considèrent que les tristes résultats de leur expédition.

— Et ces résultats sont? . . .

— Cinq hommes tués et huit blessés.

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