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— Vous le supposez ainsi, et pourtant bien des gens vous y connaissent; vous allez en avoir la preuve en deux mots, car nous n'avons pas de temps à perdre. Je vais vous mettre au courant: Vous étiez sur le point d'épouser une jeune femme que vous adoriez et qui vous adorait, lorsque tout à coup cette jeune femme fut enlevée; fou de douleur et désespérant de retrouver jamais votre fiancée, dont l'enlèvement s'était opéré dans des conditions tellement adroites que nulle trace n'en existait, vous fûtes sur le point de vous tuer, un ami vous arrêta; il vous jura de sauver la jeune fille, de vous la rendre, et de découvrir le ravisseur. Tout cela est-il vrai , capitaine ?
Le jeune homme s'était levé; son visage avait pris une expression étrange; un tremblement fébrile agitait ses membres; pâle et les yeux hagards, il fixait sur le chasseur un regard qui ne voyait rien.
— Oui, c'est vrai, murmura-t-il comme dans un rêve, hélas ! mon malheur n'est que trop certain. Moi aussi je. me suis mis à la recherche de ma fiancée : j'ai visité la France entière sans résultat; le désespoir m'a pousssé en Amérique; je n'ai rien obtenu, rien découvert; aujourd'hui, je ne suis pas plus avancé que le premier ■jour. Continuer plus longtemps celle lutte insensée contre l'inconnu est une folie. Oh! pourquoi, vous, qui êtes si bieninslruit de ces sinistres événements, m'avez-vous contraint à jeter le masque d'impassibilité que j'avais collé sur mon visage? Pourquoi m* obligez-vous à descendre dans mon cœur, et me mellez-vous ainsi brutalement face à face avec mon désespoir, en me révélant mon impuissance ?Etes-vous un ami ou un émissaire de ceux qui m'ont rendu si misérable ? Eh bien! ajouta-t-il avec violence, qui que
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vous soyez, vous serez satisfait, je vais mourir ! Et cela avant peu !
. Vous ne le pouvez pas, capitaine; vous avez fait un serment,
et ce serment vous le tiendrez. Si je vous ai parlé si brutalement,
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