‹ Le Roi des Placères d'orChapitre 27 sur 75 · A 13 A S LE MASQUE! ET GUERRE OUVERTE · texte numérisé non relu

A 13 A S LE MASQUE! ET GUERRE OUVERTE

Cependant, ainsi que nos lecteurs l'ont vu, M. de Verdières s'était enfoncé dans la forêt.

11 chassait sans passion, lui, en s'occupant bien pins de ses pensées de fortune et d'ambition que du gibier qui lai parlait entre les jambes ou sur la tête.

Pendant que la redoutable et juste conspiration ourdie par l'Oiseau-Jaune se tramait contre lui, le docteur Francis de Verdières ne se doutait pas du danger qui le menaçait.

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II se croyait dans la sûreté la plus entière. Il n'avait aucun soupçon.

Ses mesures étaient si habilement prises, il se croyait tellement certain de la fidélité de ses complices,, fidélité que du reste leur propre intérêt lui garantissait, qu'il ne pouvait douter une seconde du succès de ses machinations, plus compliquées que les ficelles d'un drame de la Gaîté ou de la Porte Saint-Martin,

11 avait d'autant plus confiance dans sa bonne étoile, que toujours auprès de son compagnon de route, le jour, la nuit, sans cesseaux côtés de Gaston du Falga, il surveillait ses moindres gestes, toutes ses paroles.

L'ignorance du jeune homme, au sujet du complot dont il était la victime, ne faisait pas l'ombre d'un doule pour le docteur. Seul rOiseau-Jaune formait tache au tableau.

C'était le seul point noir qui s'élevât, à son horizon. Le chasseur canadien lui inspirait une méfiance instinctive, corroborée par les avis du Danile.

Pourtant TOiseau-Jaune accomplissait ses devoirs de guide avec tant d'insouciance, il semblait si complètement étranger pour tout ce qui n'avait point un rapport direct avec ses fonctions, que Francis de Verdi ères, malgré sa finesse, avait fini par être sa dupe.

Donc, malgré son antipathie primitive, malgré les conseils prudents de ce malheureux Houston, que le chasseur avait réduit à un silence sempiternel, le docteur n accordait qu'une fort maigre dose de considération à l' Oiseau-Jaune. Il le surveillait de temps en temps par cette habitude de défiance innée dans toutes les natures mauvaises, disposées à toujours supposer le mal chez les autres, par cela seul qu'elles sont, elles, toujours prêtes à le commettre.

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Il chassait donc paisiblement et sans arrière-pensée; déjà il avait tiré deux ou trois pièces, qu'il avaitjetées bas, lorsqu'il entendit tout à coup un galop furieux de chevaux qui s'approchaient avec un bruit semblable au roulement du tonnerre.

— Diable ! murmura le docteur, qui supposa aussitôt que les cavaliers encore invisibles étaient des Indiens pillards, en quêle d'une proie, voilà des gaillards qui arrivent avec des intentions me semblant assez peu amicales; lâchons de ne pas êlre découvert. De toutes façons, je ne gagnerai rien à me montrer.

Il se mit alors à courir dans la direction de la rivière, dont il n était que peu éloigné; se jetant au milieu des saules et des buissons qui en garnissaient les rives, il se blottit derrière un tronc énorme, à demi submergé.

.Après avoir changé les carlou-

ches de son fusil contre des cartouches à balle, il attendit, prêt à tout événement.

Le bruit se rapprochait rapidement; bientôt les cavaliers apparurent.

Le docteur retint un cri de surprise, en les apercevant; ces hommes n'étaient pas des Indiens; ils portaient des costumes américains et ils étaient armés de rifles.

Ces cavaliers étaient au nombre de neuf ou dix.

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Le docleur les reconnut aussitôt pour des Mormons.

Arrivés à peu de distance de l' endroit où le chasseur se tenait en embuscade, ils s'arrêtèrent, se réunirent et parurent se consulter à. voix basse, avec une certaine animation.

— Oh! oh! murmura le docteur, qui avait l'habitude d'émettre ses pensées à haute voix, lorsqu'il était ou se croyait seul; que signifie cela? Ce sont des hommes. Que diable cherchent-ils? et pourquoi Houston n'cst-iJ pas avec eux? Hum! Il faut tirer ceci au clair.

Il siffla d'une certaine façon.

Les cavaliers interrompirent aussitôt leur conversation, et jetèrent des regards interrogateurs autour d'eux.

M. de Verdières quitta aussitôt son abri, el.il s'avança a leur rencontre.

En l'apercevant, ils poussèrent un cri de joie.

— Eh! messieurs, dit-il en leur rendant le salut qu'ils lui adressaient, je suis charmé de vous voir; quel est le motif si sérieux qui vous a fait abandonner votre poste? et comment se fait-il que je vous rencontre dans ces parages?

— Nous vous cherchions, monsieur, répondit un des cava-

liers.

— Vous me cherchiez, Jack Staunton? Eh bien vous m'avez trouvé, mon ami; que me voulez-vous? Et d'abord, pourquoi Houston n'est-il pas avec vous?

— Houston n'est pas avec nous, docteur, parce qu'il est mort.

— Mort, Houston! vous êtes fou, Jack?

— Je ne suis pas fou, docteur ; Houston est mort, je le

repele.

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