‹ Le Roi des Placères d'orChapitre 3 sur 75 · WM · texte numérisé non relu

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enthousiasme.

|pi^; ; — Charger quoi? demanda paisiblement le docteur.

^ftjEf En effet, les Indiens avaient disparu; ils semblaient s'être éva-

ifetev; nouis dans les ténèbres.

: M0 |fe; — Pardieu, vous arrivez à temps, POiseau-Jaune, s'écria le

li,^/- capitaine en serrant cordialement la main du chasseur.

ife£ sole !

!$£$£- — Perdu, moi ! égaré, s'écria le chasseur en riani. vous plai-

tfe, sautez agréablement. Capitaine, il n'est pas possible que celte

pensée soit venue au docteur.

m$h ■".' — Oui, il veut rire : ah ca ! vous ramenez aussi la mule?

|fe ; . — C'est elle qui m'a retardé, la maudite bête ; elle avait jelé

IjfifD**- sa charge à terre et s'était sauvée pendant que j'examinais la

IJHfé '.■■ ■ piste des rôdeurs.

IfëS-. — Des Indiens, rectifia le docteur.

fif/ — Des rôdeurs, monsieur, reprit le chasseur; supposez-vous

Mftf^ donc que vous ayez été attaqué par des Peaux-Rouges seulement?

j|f%'- ' — J e Fai pensé, répondit simplement le Canadien, à la rapi-

M^W-;'-- dilé avec laquelle je vous ai entendu décharger vos armes sur

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#fK- cette engeance. ' î

K|;? — Nous ne comptions plus vous revoir, ajouta le capitaine,

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pijlï-'. sans réfléchir à la portée de ses paroles.

ppï--"- — Pourquoi donc cela?

— Dame, je ne sais pas, repril-il avec embarras ; je vous croyais perdu, égaré, que sais-je? nous voyageons sans bous-

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Dame ; leur costume est assez reconnaissablë, il me

semble.

— Il Vous semble mal, monsieur, répondit-il en hochant la

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te le ; le costume ne signifie rien; vous en aurez bientôt la preuve; mais laissons cela quant à présent, et établissons le campement; il est tard, et vous devez avoir faim.

— C'est-à-dire que nous sommes affamés tout simplement,

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dit en riant le capitaine. Puis, celle pistolettade nous a creusés davantage.

— Alors, nous n'avons pas un instant à perdre.

La mule fut aussitôt déchargée, les tentes dressées, les vivres placés sur le feu, et une demi-heure plus tard les trois voyageurs faisaient honneur au festin improvisé, grâce à un appétit aiguisé d'une façon formidable par une dièle de douze heures.

A peine achevaient-ils leur repas, qu'un léger bruit se Jil entendre du cô.lé du fleuve. Ils étaient tous trois sur leurs gardes, l'oreille au guet.

Instinctivement, machinalement, les Français avancèrent leurs bras vers leurs armes, posées à terre auprès d'eux.

L'Oiseau-Jaune les arrêta d'un geste :

— Ne faites rien, leur dit-il rapidement à voix basse, quel, que soit l'homme qui arrive, il est seul ; laissons-le venir, et ne témoignons à sa vue ni surprise ni crainte.

— Mais si cet homme était un espion? objecta le docteur.

■ — Il est problable que cet homme est un espion, répondit nettement le chasseur,

— Espion de qui ? demanda le capitaine avec élonnement. Dans ce désert, je ne comprends pas l'utilité de. . ,

Le Canadien se mit à rire.

— C'est cependant bien simple, dit-il, le désert fourmille d'espions, invisibles la plupart du temps, visibles quelquefois.

— Ah ! par exemple, quand vous me prouverez cela. . . je reconnaîtrai la justesse d'appréciation de notre ami le docteur. . . à . . . à l'égard des Indiens.

L'Oiseau-Jaune sourit.

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C'est comme cela, pourtant. Suivez-moi bien : vous avez

quille San-Francisco dans le but avoué de vous rendre dans

ruiah?...

— Eh bien?

— Eh bien! reprit-il paisiblement, on a supposé que ce but avoué en cachait un autre dont vous faisiez mystère. Ce qui, après tout, ne serait pas impossible.

Les deux hommes détournèrent la tête sans répondre.

— Alors, continua le chasseur, chacun a pris ses mesures. Les Américains vous surveillent pour vous empêcher de vous joindre aux Mormons; les Mormons vous épient dans la crainte que vous ne soyez des agents secrets des Etals-Unis; les mineurs voient en vous des hommes qui peut-être les veulent dépouiller, en exploitant un riche placer, connu de vous seuls ; les Indiens, eux, vous guettent, au contraire, pour vous dépouiller, si cela leur est possible. Me comprenez-vous maintenant, et voyezvous à combien de paires d'yeux et d'oreilles vous allez avoir affaire?

— Oui, murmura le capitaine.

— Nous sommes ici un territoire neutre, qui, en réalité, n'appartient à personne, et dont chacun prétend être propriétaire; ainsi où la force seule fait loi, vous vous trouvez être l'objectif de toutes ces avarices et de toutes ces craintes. Vous avez été attaqués déjà; préparez-vous à l'être encore. On lutte contre vous par la force et par la ruse ; répondez par la ruse et par la force, sinon vous êtes perdus.

— Je crois que vous nous faites la situation beaucoup plus sombre qu'elle ne Test en réalité, dit en souriant le docteur.

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