‹ Le Roi des Placères d'orChapitre 40 sur 75 · V.'SH · texte numérisé non relu

V.'SH

'■ -. r -iM

\ M ; .-ii

: . WS

! J'Si

km

que les imitateurs, el contre lesquelles ils luttent constamment d'astuce, de l'uses et d'adresse.

Les derniers contreforts d'une immense forêt vierge qui s'étendaient très loin dans l'ouest venaient mourir au bois de haute futaie au pied même de Taccore, au sommet duquel les gambucinos avaient établi leur campement de nuit; dans Test, au contraire, la plaine était nue, découverte, parsemée çà el là de quelques bouquets d'arbres, qui surgissaient au milieu d'une herbe haute el dru poussée.

Le gambucino lança son lasso, qui s'enroula autour de la plus forte brandie d'un arbre, le premier de la foret; puis, d'un boncl l'aventurier sauta sur la branche, s'y accrocha des pieds et des mains, el il disparut au milieu du feuillage.

Ses compagnons Fimilèrenl; les dix hommes commencèrent alors à courir de branche en branche, d'arbre en arbre, sans occasionner le plus léger froissement dans les feuilles, se dirigeant aussi sûrement au milieu des ténèbres clans ce chemin aérien, si dangereux, où un faux mouvement pouvait occasionner une chute de plus de quatre-vingts pieds, que s'ils avaient suivi une route large et bien tracée, aux rayons du soleil.

Parfois ils s'arrêtaient, regardaient curieusement au-dessus d'eux, prêtaient l'oreille, puis ils recommençaient cette course impraticable pour tout autre que pour eux.

-ÎV.',

■ï.sf.

*■■•; ii

ir\

Ï'.-.lI

- "" Fi K'

* Cette singulière promenade dura environ une heure presque sans interruption. Pas un mot. ne fut prononcé, même àvoix basse.

Arrivés à un endroit où une baie, une lagune assez large barrait subitement le passage, Pierre arrêta d'un geste ses compagnons; il continua seul à s'avancer en éclaireur, avec des.'précautions extrêmes; car les difficultés devenaient insurmontables. Il explora d'un regard anxieux les rives de la lagune; soudain il étouffa un cri de joie. Deux arbres immenses avaient poussé en face l'un de l'autre, sur le bord de l'abîme, au-dessus duquel ils s'étaient penchés; les lianes avaient envahi leurs troncs, puis leurs branches s'étaient élancées par-dessus l'abîme, s'enchevêlrant les unes dans les autres, enlaçant l'arbre voisin et avaient ainsi formé une arcade de verdure au-dessus du gouffre.

C'était un pont, plus gracieux, mais moins solide peut-être, que nos ponts de fer ou de pierre.

Mais, n'ayant pas l'embarras du choix, le roi des placères n'hésila pas une seconde.

Il s'arrêla, imitant à deux reprises le sifflement saccadé du serpent corail.

A ce signal, ses hommes se remirent en marche.

Ils l'eurent bientôt rejoint.

Sans leur donner plus ample explication, sans prononcer un seul mot, Pierre leur montra le pont volant jeté par hasard audessus de l'abîme béant

Pas un d'entre eux n'eut un geste d'hésitation.

Ils attendirent.

Alors le gambucino s'élança.

Ge fut un moment d'émotion terrible pour ces braves, qui,

Si,

.if

■:gF*

■ itëT

Page 1