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il s'embusqua à quelques pas seulement de la cabane. Il voulait
s'assurer si mislress Strog mettait réellement son prqjfet à exécu- : /^|
lion.
Il ne conserva plus bientôt le moindre doute à cet égard. Les .deux époux, montés sur d'excellents mustangs, -parurent bientôt, se disputant à, qui mieux mieux, et s'éloignèrent au grand trot, peu gracieux, mais solides sur leur selle. ;--j§|
— Bon voyage! murmura le chasseur en ricanant, et de son. côté, il se dirigea vers la masure où il avait laissé son compagnon.
— Eh bien? s'écria le jeune homme en l'apercevant. Quoi de nouveau?
— Eh bien! tout va bien, capitaine, répondit le chasseur tranquillement.
— Renseignez-moi; je meurs d'inquiétude. Vite, p.our Dieu! dites vite?
— Ce ne sera pas long; les jeunes filles ont été enlevées il y a une heure. . . On a saccagé l'hôtel, bâillonné les hôteliers, cl. . .
— Comment, enlevées? s'écria Gaston en bondissant et Tinter- - ;f rompant au beau milieu de son récit.
— Je veux dire délivrées; la langue m'a fourché. ;-$
— Délivrées! Par qui?
— Par nos amis, donc; ainsi, tout est pour le mieux, tranquil-
lisez-vous!
— Je ne comprends pas un mot à tout ce que vous me racontez g| là; vous semblez vous faire un jeu de ma douleur, l'Oiseau-Jaune !
— Pardonnez-moi, capitaine, j'ai tort, je suis une brute; mais que voulez-vous, il faut me prendre comme je suis. N'empêche que je vous suis dévoué, allez ! Mais j'ai faim, et, quand je suis à . ' . . . .,.„
jeun, je ne vaux pas la cendre d'une pipe de tabac. Je ne comprends les soucis ni les douleurs de personne. fvH
— C'est vrai, je Pavais oublié, dit le capitaine en lui tendant la main avec un sourire désarmé, nous causerons en mangeant.
— C'est cela. Je vais tout préparer ... Le principal est que les jeunes filles sont en bonnes mains. -
— Si nous pouvions allumer du feu, ce sérail l'affaire d'un instant, ce repas ! . . . Et alors vous seriez plus lucide, mon ami !
— Rien ne nous en empêche; nous sommes en sûreté; provisoirement, du moins; tous nos ennemis sont loin en ce moment. J'aime à croire qu'ils attendront que j'aie mangé pour revenir.
Le feu fut allumé, le repas préparé, et, ainsi que le chasseur l'avait promis, tout en mangeant et niellant les morceaux doubles, il raconta au jeune homme ce qui s'était, passé. Gaston l'écoutail avec une extrême surprise.
— Mais, dit-il, vous me parlez toujours de deux jeunes filles.
— C'est juste; vous rappelez-vous une orpheline élevée au même couvent que M lle Jeanne, votre fiancée?
— Certes, elle avait été recueillie par Jeanne, qui l'aimait comme une sœur; pauvre enfant! si belle et si bonne! Que serai-ellc devenue?
— Elle n'est rien devenue du tout! Elle n'a pas quitté son amie. . . voilà!
— Elles sont ensemble. . . ensemble, . . On ne les a pas sépaa^ées?
— Parfaitement ensemble! Ca vous rassure, mon maître, hein?
— Ah! je comprends tout, maintenant!
— Que comprenez-vous, capitaine? Voyons, dit-il d'un air
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— El allez donc! vous y voilà, enfin! Maintenant bon courage, capitaine, bien Loi vous serez réuni à M" Jeanne.
— Que le ciel vous enLende, mon brave; mais où sont-ils, maintenant? Ou? le savez-vous?
— Quant, à cela, je l'ignore; mais rapportez-vous-en à moi pour les retrouver. Rien ne se perd dans la prairie, les jolies femmes moins que les autres. Il est onze heures, nous allons dormir jusqu'à deux heures du matin; au lever de la lune, nous nous mettrons en route, nos chevaux seront reposés, frais; nous
goguenard en buvant une large rasade d'eau-de-vie, racontez-moi
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— Lisbelh- . . elle se nommait Lisbeth! , /:■?.$
— Vous pouvez même assurer qu'elle se nomme toujours
ainsi; elle n'a pas changé de nom, que je sache. . . À quoi bon ?
— Soit; Lisbelh était aimée d'un brave et loyal garçon, officier dans la marine du commerce et, entre parenthèses, très attaché à ma famille; je me trompe fort, ou c'est lui qui . . .
— Vous brûlez, capitaine!
— Oui, il aura été plus heureux que moi, ce cher Louis! ...
— C'est-à-dire que la jeune fille. . . car il est inutile mainte-
nant de vous cacher ce qui s'est passé, puisque vous l'avez presque
deviné; ce que c'est que l'amour, pourtant! La jeune fille donc est ^J
parvenue, on ne sait comment, à faire savoir son enlèvement et
celui de son amie, M lle de Mercosur, au marin en question. . . '
L'autre n'a pas perdu de temps. . .
— Voilà donc pourquoi Louis m'a fait jurer d'attendre sixmois ! s'écria le jeune homme avec une explosion joyeuse. ,]
aussi , et, avant, le jour, nous aurons fait de la roule utilement.
Malgré l'impatience qu'il éprouvait, le capitaine fut obligé de consentir à cet arrangement dont il reconnaissait la justesse ; puis il savait que l'Oiseau- Jaune ne perdait jamais de temps.
À l'heure dite, les deux hommes se levèrent, sellèrent les chevaux, partagèrent les bagages entre eux, et la mule fut laissée libre daller où elle voudrait! ce qui ne sembla nullement lui déplaire.
Cette mesure fut prise parce que le pas lent et mesuré de la mule les aurait considérablement, retardés, et qu'ils avaientbesoin d'aller vite de toutes les façons. Du reste, les bagages étaient peu embarrassants, et surtout forts légers. Ils s'en fussent passés au besoin.
Ils quittèrent le village et reprirent à peu près le même chemin qu'ils avaient suivi pour venir. Rien ne les arrêta. Aucun incident digne d'être rapporté ne troubla leur voyage. Ils croisèrent plusieurs pistes qui se confondaient les unes dans les autres, mais ils n'aperçurent aucune figure suspecte.
Le soir du second jour, un peu avant le coucher du soleil, rOiseau-Jaune s'arrêta devant un arbre immense, isolé dans la plaine; il mit pied à terre, s'approcha de l'arbre et commença à tourner autour du tronc en l'examinant avec la plus sérieuse attention. Evidemment, il venait de faire une grave découverte.
Le capitaine ne comprenait rien à cette singulière inspection. Le chasseur lui fit signe de s'approcher. Gaston lui obéit surle-chanip.
— Regardez, lui dil-il, et il lui fit voir trois balles engagées
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— Ne vous fâchez pas, mon ami, lui répliqua le jeune homme, houleux d'avoir laissé si clairement entrevoir ses craintes. Je vous devrai un bonheur si grand, si vous venez à bout de votre entreprise, que je serai bien embarrassé pour vous en témoigner ma reconnaissance.
— Bon! bon! je fais de mon mieux! le reste ne me regarde pas . . , Si vous croyez que je ne serai pas moi-même très content de réussir. . . vous vous trompez, monsieur* . . En attendant, tout ce que je vous demande. . .
— C'est? interrompit Gaston.
— C'est de vouloir bien croire à la parole d'un homme qui ne
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dans Técorce de l'arbre; elles formaient un triangle: dusommel *-0Ê$
de ce triangle parlaient deux lignes verticales qui se rejoignaient slp
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à leur extrémité. C'était un signe de reconnaissance perceptible pour lui seul.
— Que signifie cela? demanda le capitaine.
— Cela signifie, répondit le chasseur, que nos amis ne sont v$; pas loin de nous.
— Comment voyez-vous. ♦ . . <ijj
— Nous avons suivi leur piste sans nous en écarter une seconde.
— Vous en êtes sûr?
— Pardieu! à moins d'événements impossibles à prévoir, celle nuit même nous les rejoindrons.
— Je n'ose pas vous croire.
- — Vous me failes là un joli compliment, capitaine, gronda ;-;||
l'Oiseau-Jaune. Si c'est pour me remercier, je ne comprends pas. . .
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s'est jamais vu mentir.'. . avec des amis. . . ajouta vivement v^
rOiseau-Jaune . . . parce que, avec des ennemis, c'est paiiibéniL
— Je vous crois, mon ami,
— Bon! en roule, alors!
— Enroule!
— Et vivement, capitaine!
Us remontèrent à cheval et partirent à fond de Irain.
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