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renls, suivaient, en la modifiant peu à peu, la Iradilion qu'ils avaient reçue et acceptée.
Il devait y avoir un choc entre ces deux civilisations en présence: il se produisit d'une façon terrible, comme cela avail eu lieu dans l'ancien monde, lors des invasions des Barbares, seule- . ment dans des conditions différentes; les barbares, cette fois, furent ceux-là mêmes qui prétendaient être les seuls civilisés.
Les quatre puissantes nations dont nous avons parlé plus haut étaient; : les Mexicains, les Péruviens, les Muyscas ou Moscas ; cette dernière nation, beaucoup moins connue que les deux premières, et dont nous nous réservons de raconter un jour l'histoire, si Dieu le permet, formait, comme le Mexique et le Pérou, un empire ayant, à sa tête un prince de race blanche dont, entre parenthèses, le teint était beaucoup moins brun que celui des Espagnols; les Muyscas vivaient clans un étal social avancé, comparable à celui des anciens Egyptiens, et habitaient les parties montagneuses des contrées qui plus tard formèrent la vice-royauté de la Nouvelle-Grenade, la province de Cundinamarca, le Venezuela, enfin tout le territoire connu sous le nom générique de centre Amérique.
La quatrième grande nation était celle des Àucas ou Araucans . A l'arrivée des Espagnols, ce peuple habitait le Chili, depuis le Pérou jusqua la Patagonie.
Il formait une puissante république fédérale, dont les coutumes intérieures avaient de grands points de ressemblance avec l'organisation féodale de l'Europe au douzième siècle. Les Araucans soutinrent des luttes héroïques contre les envahisseurs étrangers; ceux-ci ne réussirent jamais à les soumettre et furent con-
il "S
ifs
traints, après de longues guerresj à les refouler derrière le Rio Bio-Bio.
Les Àraucans consei^èrent toujours leur indépendance; ce peuple est le seul de toutes les nations américaines aborigènes qui ail conservé jusqu'aujourd'hui, non seulement sa liberté complète, mais encore l'intégrité de son organisation et de ses coutumes.
Ils contraignirent les Espagnols, qui ne purent les -vaincre, à les admirer; don Alonzo de Ercilla, qui les combattait vaillamment ..;||
sous la bannière castillane, composa un poème immortel, intitulé : La Araacana, où il célèbre leur patriotisme et leur -valeur invincibles.
Vous parlerai-je maintenant, senores, des conquêtes des Espagnols dans le Nouveau-Monde? continua le licencié don Pablo ;j| ': Yanegas ; oui, parce qu'elles se rapportent à ce que je vous ai dit précédemment; l'histoire des conquêtes des Espagnols en Amérique est un long et lamentable martyrologe. Jamais, excepté les hordes barbares qui se ruèrent à la curée de l'empire romain, jamais aucun peuple n'a usé d'une férocité aussi implacable
envers les vaincus et d'un mépris aussi barbare de la vie humaine. De même que les soldats d'Àlaric et ceux de Genséric, aux sacs
de Rome et pendant qu'ils démembraient l'empire romain, les
aventuriers Espagnols, ramassis de brigands recrutés partout,
éblouis par des richesses immenses qui se révélaient soudain à
leurs yeux, devinrent fous; l'avarice éteignit subitement en eux
tout sentiment humain; la fièvre de l'or s'était emparée de l'esprit
atrophié de ces bandits avides; tous les moyens étaient bons pour
eux, pour réussir à s emparer de ce métal qu'ils convoitaient; les
barbares, Huns ou Vandales, n'avaient d'autre croyance que ce