‹ Le Roi des Placères d'orChapitre 60 sur 75 · AT · texte numérisé non relu

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IJpv De tout temps et en tous pays, les choses se sont toujours

||'î passées ainsi, eL il en sera toujours de même.

Le monde est ainsi fait, il ne changera pas; partout, l'homme est le même : vil, cupide, ambitieux et sans conscience; plus la civilisation le modifie, plus il est la même chose.

Les Diaz de Quiros n'eurent garde de s'oublier. Dans la grande

curée qui s'ouvrait., ils se présentèrent des premiers; il est vrai

jffô qu'ils étaient au nombre de ceux qui avaient le moins de droits

réels; aussi, étaient-ils pressés, ils ne voulaient pas laisser à la lumière le temps de se faire.

Malheureusement, ils avaient complé sans les Pachecos de Cuardia; le dévouement de ceux-là était connu de longue date, ils avaient tout donné dès le premier moment à la cause libérale, leur sang et leur oi\ sans hésiter et sans compter; aussi ne demandaient-ils rien pour eux; ils se bornaient à réclamer une justice impartiale pour tous.

Leur influence était grande, leur loyauté hors de doute; ils lurent écoutés.

Don Horacio Pacheco avait pris minutieusement note de tous if les agissements de ses ennemis. Le dossier était formidable; le

moment venu, il le montra. Ce dossier n'était pas à l'avantage, tant s'en faut, des Diaz de Quiros, il fut soigneusement exa- :;.!-■';. miné.

Le résultat de cet examen pour les Quiros fut celui-ci, que, en

considération de leur repentir tardif et des quelques services que 1

.peut-être malgré eux ils avaient rendus au dernier moment à la J

cause libérale, aucune recherche ne fut faite sur leur conduite

j|v antérieure, et les biens qu'il possédaient et qui avaient été mis

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sous séquestre leur furent rendus clans l'élat où. ils se trouvaient, sans autres indemnités.

La récompense était maigre; les Diaz de Quiros se trouvèrent presque ruinés.

Les Pachecos de Guardia étaient au contraire plus riches et plus puissants qu'ils ne l'avaient jamais été.

A peine devenus libres, les Argentins songèrent à aider leurs . voisins à secouer, eux aussi, le joug de l'Espagne. L'expédition glorieuse du Chili fut décidée.

Les Pachecos de Guardia,, ce que nous n'avons pas dît encore, étaient cinq frères; voici leurs noms : don Horacio, l'aîné de la famille; don Slefano, don Lucas, don G ornez et don Sancho. Don Stefano était vice-président de la Junta de Buenos-Àyres, Don Lucas, colonel de cavalerie, était gouverneur militaire de Cordova .

Don G ornez, général de brigade.

Don Sancho, minisire des relations extérieures. Quant à don Horacio, l'aîné des cinq frères et le chef de la famille, il était général, lui aussi, et, lorsque F expédition du Chili fut décidée, il fat nommé commandant de la campagne.

Il était à la tête d'une troupe de quinze cents cavaliers et d'une moutonera de quatre cents gauchos, avec lesquels il devait maintenir l'ordre sur tout le territoire des Uanos et des pampas depuis Buenos-Àyres jusqu'à Mandoza.

Ce poste important rendait don Horacio complètement libre de ses actes sous sa seule responsabilité et lui donnait un pouvoir sans limites .

L'expédition du Chili terminée par la sanglante et glorieuse

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balaille de Maypo qui assura définitivement l'indépendance du Chili, le gouveruemenl argentin adjoignit au général Horacio Pacheco le baLaillon d'Àyacucho, surnommé le Colorado, à cause de la couleur rouge des ponchos portés par les soldais 3 el commandé par le colonel don Ànselmo Rodriguez de Sandoval.

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Le commandant de la campagne disposait donc de forces imposantes et faisait complètement la loi dans les pampas.

Pendant l'expédition chilienne, il avait eu maille à partir avec les Quiros, réduits alors à une position précaire; il en avait fait exécuter cinq pour meurtres qualifiés.

Toute la famille Diaz de Quiros se composait maintenant de huit personnes, dont deux femmes et trois enfants .

Le chef de cette famille se nommait don Facundo de Quiros.

La vie qu'il menait était un mystère ; il courait les pampas de Santa Fé à la tête de cent ou cent cinquante bandits ; on le soup-

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çonnait même de piller les caravanes ; il avait établi sa demeure

dans un endroit réputé inexpugnable, mais dont on ignorait la - 'v||

situation exacte, et on l'accusait de s'être joint avec ses gauchos

malos, à plusieurs reprises, aux Indiens Pamperos, pour piller et

incendier les chacras.

En somme, c'élait un gaucho malo dans toute la force du terme, un bandit sans foi ni loi et capable de commettre de sang-froid ' les actions les plus honteuses et les crimes les plus horribles. - • .

Le commandant de la campagne lui faisait une chasse acharnée sans réussir à s'emparer de lui .

Quant à doua Severa, qui aurait eu alors vingt-deux, ans, les bruits les plus contradictoires, les plus extraordinaires et surtout les plus incroyables couraient sur elle sans que l'on pûtrien savoir de positif à son sujet.

Malgré les plus patientes el les plus minutieuses recherches, don Horacio n'avait rien découvert.

Seulement les on-dit affirmaient que dofîa Severa n'était pas marie, qu'elle était folle et qu'elle avait été reléguée, quelquesuns disaient vendue à une tribu d'Indiens Puelches. Mais quelle tribu ? on l'ignorait.

On ne savait pas davantage sur quelle base reposait celte affirmation. •.-.,'

Les Pachecos de Guardia, qui depuis le commencement de la lutte avaient fait constamment preuve d'une grande modération, et en réalité n'avaient toujours fait que se défendre sans jamais attaquer, voyant à quel état d'abjection la haine avait fait descendre la famille Diaz de Quiros, et ne voulant pas plus longtemps demeurer exposés aux coups de bandits dont le principal

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argument était l'assassinat et le guet-apens , avaient résolu d'en finir coûte que coule avec ces ennemis séculaires, et d'écraser une fois

fe pour toutes celte couvée dé chacals enragés .

jjfjv' ■ Voilà quelle était la situation des deux familles en face Tune de

l'autre au moment où don Fabricio Pacheco de Guardia avait débarqué à Buenos-Àyres à son retour de France.

§£; v Tout ce que nous venons d'analyser rapidement avait été raconté

avec- les plus grands détails' par le colonel Rodrigucz à son ami pendant qu'ils galopaient* côte à côte dans la campagne.

Le récit du colonel finissait juste' au moment où, aux premiers rayons du soleil levant, on apercevait, à quelques centaines de pas

jj?r- en avant, les avant-postes du bataillon des Colôrados.

{î|v;; ' Cinq minutes plus tard, la petite troupe atteignait le campement

|lv'. des soldats, et en mettant pied à terre, douce surprise que lui avait

ménagée le colonel, don Fabricio; tombait dans les bras de son §- : : père, qui le serrait sur sa loyale poitrine en fondant en larmes.

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