‹ Le Roi des Placères d'orChapitre 68 sur 75 · LE GATO-MONTÈS · texte numérisé non relu

LE GATO-MONTÈS

Après la mort de leur chef, les gauchos malos ne combattirent plus que pour se faire tuer. Aussi, bien peu d'entre- eux réussirentils à s'échapper, il en fut de même des Indiens; soit pitié, soit lassitude de verser le sang, les soldats en laissèrent fuir un assez grand nombre.

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Environ trois cent cinquante confédérés, parmi lesquels beaucoup de gauchos, succombèrent, les autres s'enfuirent sans qu'on daignai les poursuivre; beaucoup de ces malheureux moururent malheureusement dans la pampa des suites de leurs blessures ou de faim.

Parmi les carreteros et les voyageurs, les perles furent presque nulles : entre morts et blessés, elles ne s'élevèrent pas à vingt.

Le combat terminé, on dépouilla les morts; on leur coupa la tête, puis ils furent pendus par les pieds pour servir de pâture aux oiseaux de proie el d' épouvantait aux autres bandits.

Don Horacio avait appris la mort de Sébastien Diaz de Quiros; il ordonna que son corps fui recherché, on le retrouva non loin des retranchements; une femme, vêtue en blanc, les cheveux en désordre, les yeux égarés, le visage couvert d'une pâleur mortelle, mais admirablement belle el paraissant à peine âgée de vingt ans, était assise près du cadavre, dont elle avait soulevé la tête qu'elle avait placée sur ses genoux. Elle versait d'abondantes larmes. el lui parlait comme s'il eût encore été vivant; près d'elle, un magnifique cheval était arrêté, et, la tête fixe, passée par-dessus l'épaule de la jeune femme, il regardait le mort d'un air effaré.

Les hommes qui, les premiers, aperçurent ce groupe étrange, s'arrêtèrent à le considérer avec une crainte superstitieuse.

Dans la femme qui pleurait, la tête du bandit sur ses genoux, ils avaient reconnu la mystérieuse apparition qui, trois fois pendant celle -nuit sinistre, leur était .apparue d'une façon si étrange el leur avait donné les avis qui, sans doute, les avaient sauvés.

. . — C'est la hada! se disaient-ils les uns aux autres en se signant.

Il faut prévenir le général, dit un vieux Colorado.

Ce soin me regarde, dit Benilo, qui s'était approché; ne

bougez pas de là jusqu'à mon retour.

— C'est vrai; le général seul doit décider de ce qu'il faut faire.

Benilo se dirigea à grands pas vers la maison de poste maintenant complè le ment illuminée .

Il était environ trois heures du malin; après avoir chaleureusement remercié le colonel et le général du secours que tous deux

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