‹ Le Roi des Placères d'orChapitre 70 sur 75 · Sl · texte numérisé non relu

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expédition, on la discute devant elle, elle entend et retient tout; l'expédition se met en route, la jeune femme trompe la surveillance de ses gardiens, s'échappe, suit la piste des Indiens et des gauchos, et tout naturellement elle arrive avec eux ; seulement, tandis qu'ils s'embusquent pour préparer leur attaque, elle les devance, les guette, el vienl nous prévenir de leurs mouvements.

— Je me rends, mon cher colonel, dit le général en lui serrant la main; je suis émerveillé de vos déductions, toul ce que vous avez dit est d'une logique incontestable ; les choses se sont évidemment passées ainsi que vous le rapportez. Malheureusement il y a une chose importante que j'aurais voulu savoir et qui m'échappe.

— Laquelle, mon général? peut-être réussirai-je...

— À me l'apprendre ! interrompit-il vivement d'un ton de bonne humeur. Caraï ! je le crois presque, tant vous me semblez sorcier, mon cher Ànselmo.

— Heureusement que nous ne sommes plus sous le régime paternel de l'Inquisition, mon général, sans cela vous me feriez brûler bel el bien, répondit- il en souriant.

— Toma ! vous sentez le fagot, mon cher. Bref, je voudrais savoir à quelle tribu appartiennent les Indiens que nous avons si bien battus, vous comprenez, n'est-ce pas, l'importance que j'ai— (ache à ce renseignement?

— Je comprends si bien celte importance, mon général, que,

tandis que Fabricio transportait ici doua Severa, j'ai donné Tordre à Sandoval de monter à cheval avec quelques-uns de mes agueaux, de se mettre à la poursuite des Indiens, el de tâcher d'en capturer un ou deux ; tous ceux qui sont restés ici sont morts.

— Oui, et, comme ils se déguisent ordinairement quand ils

sont en expédition, afin que Ton ne sache pas à quelle tribu ilsappartiennent, les cadavres restés en notre pouvoir nous deviennent inutiles.

— C'est cela même, mon général.

— Ché! Ànselmo, mon ami, vous pensez à. tout, je vous en remercie; le fait est que, dans le premier moment, je n'avais pas beaucoup la tôle à moi; ce malheureux enfant me désespère, voyez-le.

Don Fabricio s'était assis sur un -J^ équipai , près de la porte de la chambre où élait la jeune fille, et, les coudes posés sur les genoux, il (?

cachait sa têle dans ses mains.

— Que cela ne vous inquiète pas, général, dit le jeune homme; Fabricio ne souffre pas en ce moment, il attend des nouvelles de sa fiancée, il espère.

En ce moment, la porte de la chambre s'entr' ouvrit doucement,, et, dans rentre-bâillement, parut aussitôt une charmante tète de^ femme.

Don Fabricio se redressa par un mouvement prompt comme; la pensée, et fixa ardemment les yeux sur elle.

La jeune femme salua respectueusement le général..

— Eh bien ? demanda celui-ci.

— La Senora a repris connaissance, répondit-elle avec un doux sourire, elle est calme; maintenant elle dort d'un sommeil d'enfant..

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— Soyez bénie, seilora, pour les bonnes nouvelles que vous nous donnez, répondit don Fabricio avec émotion.

— Je vous remercie du fond du cœur, dit le général,

— Dieu soit loué, Severa est sauvée, elle nous est enfin rendue, dit le jeune homme, les yeux brillants de larmes. Oh ! je saurai la défendre, nul ne me la ravira qu'avec la vie maintenant !

Quelques heures s'écoulèrent sans amener de nouveaux incidents.

Le tumulte s'était peu à peu apaisé, chacun s'était livré au sommeil .

Don Horacio Pacheco et don Ànselmo Rodriguez s'étaient assis sur un banc et s'étaient endormis le dos appuyé à la muraille.

Seul, don Fabricio était demeuré éveillé, debout près de la porte, veillant ainsi sur le sommeil de sa fiancée.

Vers six heures du malin, le colonel senlil qu'on le louchait légèrement à l'épaule.

Il ouvrit les yeux aussitôt.

Sandoval était debout devant lui.

— Àh ! c'est vous, Sandoval, dit-il avec cette lucidité des vieux soldats, qui, dès qu'ils ouvrent les yeux, reprennent immédiatement toute leur présence d'esprit. Eh bien, qu'avez-vous fait?

— Ce que vous m'avez ordonné, mon colonel.

— Vous avez capturé un Indien ?

— Deux,, mon colonel.

— A la bonne heure ! abondance de biens ne nuit pas ; où sont ces bribones?

— Là, au dehors, mon colonel.

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— Bon ; il est inutile de réveiller le général pour cela ; je vous suis ; l'air me fera du bien.

Il se leva et sortit suivi de Sandoval.

Le soleil se levait, le ciel était d'un bleu profond, la fraîche brise du matin courbait les hautes herbes, et leur imprimait un mouvement d'oscillation continu; les oiseaux s'éveillaient sous la feuillée, pépiaient, et quelques-uns commençaient leurs joyeux concerts; de longues bandes de perroquets passaient en poussant

leurs cris rauques et discordants, tout promettait une journée magnifique .

Sauf les nombreux cadavres pendus par les pieds, enguirlandes, aux branches des arbres, assez loin de l'Esquina, afin que l'on ne fût pas incommodé par la mauvaise odeur, toutestracesdu combat de la nuit avaient disparu.

Les capataces s'occupaient activement à mettre leurs convois en

ordre et à préparer les attelages ; tous les environs de la maison

de poste avaient celte animation singulière qui précède un départ.

Don Palricio servait le coup du malin aux bouviers et aux carre-

teros, en causant et riant avec eux»

À une dizaine de pas, un peu à l'écart de tout ce mouvement, une troupe de Coloraclos, immobiles comme des statues équestres, étaient arrêtés près d'un bouquet de caroubiers; au milieu d'eux, les mains attachées derrière le dos, se tenaient deux Indiens aux traits sombres et farouches, dont les yeux noirs toujours en mouvement se fixaient avec une curiosité inquiète sur tout ce qui les entourait.

Le colonel s'approcha d'eux et les examina pendant un instant, avec la plus sérieuse attention.

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— Qui êtes-vous? demanda-t-il enfin à Fun deux, en langue quichua.

L'Indien secoua la lête sans répondre, et sans même regarder •son interlocuteur.

— Le guerrier rouge est-il sourd, ou est-il muet, qu'il ne me

répond pas? reprit le colonel.

L'Indien ne lit pas un mouvement, et n'eut pas l'air d'avoir entendu ; un rocher n'aurait pas été plus indifférent.

En ce moment, par hasard, don Palrlcio s'approcha du groupe, une énorme crache d'une main el un gobelet de l'autre, dans l'intention d'offrir le coup du matin aux Colorados du petit détachement,

- — Me peraieltez-vous de verser à boire à ces braves gens, mon colonel? demanda-t-il à ■don Ànselmo Rodrigue/..

— À votre aise, mon maître, répondit le colonel.

— Tiens, fit le maître de poste, dont le regard tomba accidentellement sur les deux prisonniers, vous avez capturé ces deux païens ; belle paire ! mon colonel.

, — Vous les connaissez ? demanda vivement le jeune homme.

— Si je les connais, fit-il en haussant la tête, je le crois bien, ■un surtout, et depuis longtemps, pour mon malheur .

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LE COMMANDANT DE LA CAMPAGNE 381 -lll

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Lequel des deux? g|

Celui-ci , mon colonel, fit-il, en désignant l'Indien auquel 'ëm

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don Ànselmo avait parlé deux fois sans obtenir de réponse; c'esl |||

'■"" 'l'un rusé démon, il est le principal chef de l'une des premières et ; S|

des plus importantes tribus du désert; il est lié avec tous les :.';j|

gauchos malos, c'est le plus fieffé pillard de la pampa, j'ai eu jadis ||

souvent maille à partir avec lui quand j'étais gaucho, |P

L'Indien se redressa subitement, et, lançant un regard cour- }M

roucé au maitre de poste : -

— : Quand un blanc n'a-t-il pas eu une langue menteuse dans la

bouche ? dit-il avec mépris.

— Toma ! dit en riant l'ancien gaucho, croyez-vous, parce que vous avez pris le c.oslume et les peintures des Pnelcliè's du Ghaco, que je ne vous ai pas reconnu, Gaio-Montès — chat-tigre. Bah ! vous en tromperez peut-être d'autres; mais, r quant à moi, nous sommes de trop vieilles connaissances, je vous en avertis.

— Eh quoi, cet homme est le Galo-Monlès? s'écria le colonel avec un tressaillement nerveux.

— .Oui, mon colonel, le Galo-Monlès, le chef de la puissanle tribu des Huilliches des Uanos de Tucaman, un des plus fidèles alliés des gauchos malos, tués si fort heureusement cette nuil parle senor don. Fabricio Pacheco de Guardia.

• — Ah ! je comprends tout maintenant, murmura le colonel; et s'adressanl à l'Indien : Galo-Montès, lui dit-il, il faut mourir.

— Je suis prêt, dil-il,. les plus vaillants guerriers de ma tribu sont morts, pourquoi vivrais-j e après eux ?

— Le chef est brave, la mort n'est rien pour lui ; mais son corps pendu à un arbre deviendra la proie des oiseaux du ciel;

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3oï LE COMMANDANT DE LA CAMPAGNE

quand son âme se présentera pour entrer dans l'Eskennane, sous quelle forme paraîtra-t-elle devant Guatechùle maître de la vie, puisque son corps n'aura pas été enseveli selon te rite de sa nation, et qu'il n'en restera plus rien, que ses armes elles-mêmes lui auront été enlevées? GuatecMi ne le reconnaîtra pas, il le chassera comme un poltron et un menteur.

L'Indien laissa tomber la tôle sur sa poitrine en étouffant un soupir.

— Retirez-vous et emmenez cet homme, dit le colonel en s'adressant aux Colorados, et, désignant le second Indien :

— Arrêtez, dit vivement le chef, celui-ci est le fils du Galo- Monlès, son dernier né, ne le séparez pas de son père; le fils et le père doivent et veulent mourir ensemble.

— Soit, dit le colonel, il restera.

11 fil un geste, les Colorados s'éloignèrent, suivis par le maître de poste.

Don Ànselmo et Sandoval demeurèrent seuls en face des deux Indiens.

— Merci, dit le Galo-Montès.

Il y eut un court silence.

— Si mon frère veut, il ne mourra pas, et son fils sera sauvé, reprit le colonel.

Le chef releva la tête et,, fixant son regard perçant sur le colonel:

— Que faut-il faire pour cela? dit-il.

■ — Les oreilles de mon frère sont-elles ouvertes?

■ — Elles sont ouvertes.

— Mon frère a accordé l'hospitalité dans sa tribu à une

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famille de visages pâles, ennemie du grand chef blanc de la pampa.

L'Indien ne sourcilla pas, son visage demeura de marbre.

— Ces hommes auxquels le Gato-Monlès a accordé l'hospitalité, qu'il a traités comme des frères et des hommes de sa couleur, l'ont indignement trahi; ils ne Vont entraîné dans l'ex- ;|| ; pédilion de celte nuit que pour les livrer aux sabres et aux ïf carabines des blancs.

— J'entends bavarder un perroquet, dit l'Indien avec mépris, les visages pâles reçus sous mon loldo sont mes frères.

Don Ànselmo rougit à celle insulte, mais il ne se déconcerta pas.

— Le chef veut-il des preuves ? dit-il.

— Des preuves ?

— Certaines; mon frère est aveugle, ces preuves lui ont crevé les yeux, et il ne les a pas vues.

— Je ne comprends pas le guerrier blanc, dit-il avec une feinte indifférence.

— Une jeune fille a été amenée dans sa tribu ; celle jeune fille, aimée et bien traitée par les femmes de la nation du chef, avait reçu secrètement les instructions de son père ; elle a suivi secrètement la parlida aidée par les autres blancs demeurés à la tolderia qui l'ont fait échapper ; elle est venue prévenir les blancs . de l'attaque préparée contre jeux; mon frère Ta vue cette nuit galoper dans le llano et crier aux blancs de se défendre contre les Indiens. '

— C'est vrai, murmura-t-il , je l'ai vue et je l'ai reconnue;

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3b4 LE COMMANDANT DE LA CAMPAGNE

les blancs sont des lâches et des traîtres, le Gato-Montès les avait accueillis comme des frères; ils ont rempli ses oreilles de mensonges; c'est eux qui ont fait massacrer ses guerriers; le Gato-Montès se vengera ; que le chef blanc parle, un chef écoute.

— C'est bien, le chef comprend maintenant.

— Le Gato- Montes veut se venger, dit -il d'un air farouche.

— Sa vengeance est entre ses mains; elle dépend de lui.

— Que faut-il faire? -

■ — Le .chef laissera en; ; otage- son fils, le jeune guerrier, enlre les c mains du ; Gqmmandatil de la campagne.

— Le chef le fera.

■ — ■ Bon. Le chef promettra, sur l'arbre de Guatecbù, sur la lance, le cou et la croupe de son cheval, cTêtre fidèle à rengagement ;qiul prend eiwers moi.; ■ ;; r - • - * -

— Le Gato-Montès le fera; que veut le : chef blanc ?

— Je veux" que le Gato-Monlès me conduise, avec mes guerriers à son village, et qu'il me livre les hommes blancs qui l'onl trahi. \ ' ' • ■ ' : ' •

— Le Gato-Montès n'enseignera pas -aux. blancs les sentes qui conduisent à son village-, dit-il résolument,

— Que le chef réfléchisse, la jeune femme les connail, elle me servira de guide.

-r— , PeuU-être, mais le Gato-Montès ne le fera pas, il préfère la mort

— Alors, il renonce à sa vengeance ? il refuse de me livrer tes. traîtres qui sont autant mes ennemis que les siens.

Le chef ne renonce à rien.

Cependant ?

Que le chef blanc écoule à son tour

— Soit, parlez, chef. - ■

— - Le fils du Gato-Montès restera en otage près du chef blanc, le Gato-Montès retournera dans sa tolderia, les visages

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pâles attendront ici son retour; si, dans douze jours, le Galo-

Monlès n'est pas revenu, amenant avec lui tous les blancs

réfugiés dans sa tolderia, le guerrier blanc fera mourir le

fils du chef.

Le colonel réfléchit un instant.

— C'est bien, dît-il enfin;

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j'accepte la. proposition du chef, donne-l-il sa parole?

— Sur l'arbre de Gualeehù, sur ma lance, le cou el la croupe de mon cheval, je la donne! dit-il en étendant la main droite en avant, les quatre doigts ouverts et le pouce replié ; voici mon pouce.

— Voici le mien, répondit le colonel; votre fils sera irai lé avec égards ; vous avez, non pas douze jours, mais quinze, pour accomplir votre voyage; je vous attendrai ici avec mes guerriers, vous avez. ma parole comme j'ai la vôtre; voici mon pouce.

— Voici le mien! et se tournant vers son fils : Le jeune guerrier sera digne de son père, il n'oubliera pas le serment.

— Le fils du Gato- Montes sera digne de -son père, répondit le. jeune homme en s'inclinant, le Puma est un guerrier, il connaît la valeur d'un serment: il n'oubliera rien.

— C'est bien, répondit le chef.

Nous avons oublié de dire qu'en faisant éloigner les soldats, le colonel avait fait trancher par Sandoval les liens qui attachaient les bras du chef : procédé qui avait vivement touché celui-ci et qui n'avait pas laissé que d'avoir une certaine influence sur la suite de l'entretien.

— Le Gato-Montès peut-il partir ? dit le chef.

— Encore un instant, répondit le colonel, un si grand guerrier ne doit pas rentrer dans sa tolderia comme un Indien vagabond et sans tribu; et, se tournant vers Sandoval : Exécutez nies ordres, dil-il.

Sandoval s'éloigna.

Le colonel, défit les cordes qui attachaient les bras du jeune guerrier et, lui présenta la main, la paume en avant et les doigts réunis.

Le jeune guerrier s'inclina.

— Je serai le frère du chef blanc, dit-il.

— Bien, dit le Gato-Montès,

En ce moment, plusieurs soldats s'approchèrent, conduits par Sandoval ; l'un des soldats tenait en bride un superbe cheval magnifiquement harnaché à la mode indienne.

Le colonel, prenant alors différents objets des mains des soldats, les présenta au chef en disant :

— Voici des bolas, voici un laso, une carabine, un sabre, un sac à balles, une poire à poudre, une lance, un couteau et un fouet; tout cela est pour mon frère; j'y joins ces alforjos gonflés de nourriture et ce cheval qui le portera sans fatigue dans sa tolderia.

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Malgré celle impassibilité . que les Indiens affectent en toutes circonstances, une certaine émotion parut, à ce dernier présent, sur le visage du chef et convulsa ses traits rigides,

— Bien ! dit-il, le chef blanc a la main ouverte, il est généreux, il donne plus qu'il ne promet ; le Gato-Monlès se souviendra; au revoir, dans quinze soleils, le chef pâle reverra le Gato-Monlès.

Il se mil en selle d'un bond, salua avec une suprême majesté, et, après avoir jelé un dernier regard h son fils, il siffla d'une certaine façon et partit ventre a terre.

En moins de cinq minutes, il eut disparu dans les méandres sans nombre du llano.

Le colonel confia provisoirement le jeune guerrier à Sandoval en lui recommandant de le bien

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traiter et se dirigea vers la maison de poste. Le général l'attendait sur le seuil.

— Que diable faisiez-vous donc avec ces Indiens, mon cher Àlselme? lui demandâ-t-il.

— J'ai fait, mon général, que, dans quinze jours, toute la famille Quiros sera entre vos mains.

— Puissiez-vous dire vrai, mon ami ! Comment obtiendronsnous donc cet heureux résultat?

Sera-ce long ?

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— C'est ce que je vais vous expliquer si vous le désirez, mon général.

— Je le crois bien, que je le désire. ' " . ^| ■ — Alors, entrons et vous saurez tout.

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■ — Quelques mots seulement.

— À la bonne heure. Ah! j'oubliais: dona Sever a est éveillée; elle est beaucoup mieux, quoiqu'elle ne puisse encore recevoir personne; mais, d'ici à deux jours, elle sera tout à fait

bien.

— Fabricio doit être bien heureux?

— Lui! Allons donc! Il est désespéré d'être contraint d'attendre quelques jours.

— Que voulez-vous, il aime.

— Je le sais bien; voilà pourquoi, au lieu de le gronder, je le console, Savcz-vous ce qu'il lait, en ce moment?

- — Ma foi ! non,

— Il achète aux deux catapaces toutes les étoffes, tout le linge qu'il peut trouver dans leurs marchandises, ainsi que des robes, des châles, des bijoux... Que sais-je encore? Enfin, il fait des folies.

— Tant mieux, général, cela l'occupe.

— C'est ce que je me suis dit. Aussi, pour ne pas être en reste avec lui, j'ai arrêté pour une somme folle les deux charmantes fillettes qui soignent notre intéressante malade; elles restent à son service.

— Vous êtes un homme excellent, mon général. :~f

— Eh non ! j'aime mon fils, voilà tout; mais revenons à nos

moulons. Voyons, racontez-moi donc ce que vous avez fait, mon ami

Le colonel ne se fit pas prier davantage el se hâta de se rendre aux désirs du général.

J É sv.--'3>=.-.

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