‹ Le roi du bagneChapitre 122 sur 243 · LU DEVANT VENISE · texte numérisé non relu

LU DEVANT VENISE

Cette admirable campagne d'Italie, qui n'a pas sou pendant dans l'histoire même des siècles ] tassés, devait se terminer comme elle vait été commencée. De merveilleux triomphes avaient célébré son ouverture, un triomphe plus merveilleux encore devait la clore. Au mois d'avril 1796, un jeune homme inconnu était venu prendre en Italie le conmmandement d'unearmée démoralisée et anquant de tout. Avec quarante mille hommes, sans souiers, sans pain, sans canons, ce jeune homme avait commencé la lutte. . .Yn an après, anéanti trois armées fortes chacune de soixante mille combattants; il avait conquis toute l'Italie, imposé la paix au Piémont, au roi de Xaples, au pape, aux principautés du centre, et, s'élançant comme l'aigle par-dessus les Alpes et les montagnes du Tyrol, il était venu à vingt Lieues de Vienne, renversant une quatrième armée et menaçant de planter sur les remparts de la cité des empereurs le drapeau glorieux de la République franaçise. L'Europe entière avait frémi. Vienne était en proie à la plus folle terreur, l'Autriche avait demandé la paix; le jeune inconnu était monté sur le piédestal des héros... Bonaparte! C'était alors un nom qui rayonnait de tout l'éclat d'une gloire sans rivale.

Trois fois le Directoire avait décrété que l'armée d'Italie et son chef avaient bien mérité de la patrie. Il eût fallu, pour que la récompense fût à la hauteur de l'oeuvre, que le Directoire pût décréter Vpie le général Bonaparte et ses soldats avaient mérité l'hommage de gloire de l'univers entier, des siècles passés et des siècles futurs.

Après la signature des préliminaires de Léoben, dire le prestige qui était attaché au jeune héros serait chose impossible. C'était

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