‹ Le roi du bagneChapitre 124 sur 243 · us est confiée · texte numérisé non relu

us est confiée

— A Venise! répéta lu jeune fille d'une voix frémissante, je vais avec vous.

— Cela est impossible, Fleur-des-Bois . — J'irai ! répéta In Caraïbe d'une voix vibrante, celui qu'il faut que je trouve n'est-il pas là?

— Tu resteras ici, dit Henri, nous ne pouvons t'emmener. Ta présence attirerait sur nous l'atention et pourrait nous faire reconnaître. D'ailleurs nous laissons ici des amis; deux jeunes filles sur lesquelles il faut que tu veilles, Mahurec a besoin de tes soins. Le vicomte de Signelay, le comte d'Adoré avec toi. Puis crois-tu que notre ennemi nous ait attendus à Venise? Non, il est loin sans doute .*. . .

— Il est sur la route de France! dit une voix sèche.

Jacquet et Lucien venaient de pénétrer dans la pièce.

— Camparini est sur la route de France! répéta Charles.

— Oui, dit Jacquet, Roquefort vient de nous transmettre cette nouvelle. Camparini se dirige vers la France, sans doute pour mettre à exécution ses nouveaux plans.

— Quels plans? demanda Maurice.

Jacquet le regarda, fixement.

— (Ayez-vous oublié, reprit-il, l'acte que vous avez signé à Vérone, de notre consentement, à tous, et par lequel vous renonciez à l'héritage des Niorres? Cet acte à l'aide

duquel août >ng i romper < !amparini,

lundis qu'il noua trompait lui*ménie.

— M i Maurice, cet acte d

fie plus rien. Pour qu'il fût valable, il fendrait que j'héritasse, et puisque le petit-fils de M. de Niorreg existe, je m- puis plus héhériter, moi.

— Oui, dit vivement Jacquet, si l'on prouve que cet enfant existe; mais comment le prouver? N'est il pas demeuré en la puissance de Camparini? Que Camparini le fusse disparaît ne demain, et nous n'avons aucune preuve contre lui. L'enfant mort, vous héritez et l'acte signé par rous est parfaitement bon,

— Camparini tuerait cet enfant !

—Certes!

— Mais il l'a déjà tué peut-être! dit t'hurles ;i\ 8C Véhémence.

— Non, dit Lucien, l'enfant existe. Cnmparini l'a emmené avec lui. 11 le garde pour se faire une arme contre vous dans h- cas où <>n voudrait tenter d'agir contre lui, car il sait que vous pouvez avoir par...

Jacquet interrompit Lucien du geste et il plaça un doigt sur ses lèvres en désignant du regard Lucile et Uranie. Puis entraînant à l'écart Lucien à voix basse.

— Et Lucie et Uranie savent-elles que leur mère existe?

— Non, ces messieurs n'ont pas encore osé leur apprendre la vérité, car l'état de la marquise est affreux. Elle est en proie à une»folie furieuse dont le spectacle serait effrayant pour ses filles.

— Mais Lucile connaît le secret des papiers?

— Sans doute, mais ce secret elle a fait serment àsa mère de ne le livrer jamais à personne, et, tant que sa mère ne la dégagera pas, Lucile ne parlera, car elle sait que l'honneur de la marquise est tout entier dans ce mystère. Or qui peut contraindre une fille à livrer l'honneur de sa mère?

Lucien frappa du pied avec impatience:

— Il faut que la marquise recouvre la raison! dit-il.

— Mais ce qu'il faut aussi, dit vivement Henri, qiu s'était rapproché, c'est préserver le petit-fils de M. de Niorres des dangers amassés sur sa tète. Camparini a l'enfant entre ses mains et il peut le tuer si l'enfant le gène.

LE TAMBOUR DE LA 32e DEMI-BRIGADE

— Il y a un ai03'en de le préserver ! dit Jacquet,

— Quel moyen?

— Le commandant Bellegardç a signé un acte d'abandon de la fortune à laquelle il avait droit?

—Oui.

— Qu'il revienne sur cet acte aujourd'hui en déclarant que, lorsqu'il a signé, il ignora' qu'un descendant direct des Niorresexistât. que depuis qu'il a appris l'existence de cet enfant, qu'il a doue disposé d'une fortune qui n'étail pas la sienne. 11 y a là matière à procès, on plaidera s'il le faut. Ce qui faisait la force de Camparini, c'est qu'il avait entre les mains niademoiselle Lucile, la femme aimée par le commandant. Aujourd'hui Camparini est privé de ce puissant moyen d'action. Il n'osera pas, il ne pourra pas agir en vertu de l'acte qu'il possède. Que le commandant fasse donc une renonciation pure et simple, qu'il déclare ne pas se considérer propriétaire de cette fortune, et qu'il en fasse l'abandon si le descendant des Niorres ne se présente pas. De cette façon, Camparini n'aura plus qu'un moyen d'espérer entrer en possession de ces richesses, c'est d'en faire hériter d'abord l'enfant, et comme l'enfant ne pourra disposer de ses biens qu'étant majeur, il lui faudra attendre jusqu'à sa majorité, ce qui assurera au moins jusqu'à cette époque l'existence de celui que nous voulons préserver. Comprenez-vous? »

— Parfaitement! répondit Henri.

■ — Et vous? demanda brusquement Jacquet en se tournant vers Lucien.

— Parfaitement aussi! répondit celui-ci.

Jacquet demeura quelques secondes ses regards ardents braqués sur iBainboulà : Pex-comte de Somme ne sourcilla pas.

— Est-ce convenu? reprit Jacquet.

— Oui, dit Maurice, je signerai cet acte.

— Ce soir avant de partir pour Venise?

— Je suis prêt.

Jacquet prit Lucien par le bras et l'entraîna à l'extrémité de la pièce.

— Tu as entendu? dit-il. Tu comprends maintenant ce qu'il faut que tu fasses?

— Parfaitement, répondit Lucien. Avant huit jours, je serai à Paris: je remettrai les dépêches à Fouché.

— Et Fouché te récompensera ainsi que je l'ai promis: tu deviendras l'un des agents

de confiance qu'il élève autour de lui pour l'avenir. Pars ce soir même et sois à Paris dans le plus bref délai. Camparini doit aussi s'y rendre. Il est de la dernière iniportance que tu y sois avant lui.

—J'y serai! répondit Lucien. Unv voiture nt'ittei:d, je pars.

Jacquet fit un signe d'approbation.

Le.r-;en quitta brusquemenl le salon. Quelques instants après, un homme ^nira et vînt parler bas à Jacquet. Le visage de celui-ci s'illumina soudain.

— Cet acte dont vous m'avez parlé, dit Maurice en s'avançant vers lui, il fauc le faire dresser!

— Inutile! dit Jacquet.

— Gomment? dirent à la fois Maurice, Léopold, le comte et les deux marins.

— Cet acte ne doit pas nous servir! Ce que je disais ne devait servir qu'à une cho* se: parvenir à tromper un homme qui cherche, lui, à nous tromper.

Qui? demanda le comte.

—Lucien? il nous trompait?

— Je ne l'affirme pas, mais je le crois, et dans le doute à cet égard il ne faut jamais s'abstenir.

-—Mais pourquoi cet acte est-il inutile maintenant

— Parce que, dit-il à voix basse et de façou à ne pas être entendu de Lucile ni d'TTranie, parce que la marquise a eu un éclair de raison!

Tous tressaillirent brusquement.

— Silence! dit Jacquet. Pas un mot devant ces pauvres jeunes filles- Peut-être cet accès de raison sera-t-il de 'courte durée, peut-être présage-t-il une fin prochaine. L'abbé Chaubard, à force de soins, a obte-

— Silence ! dit Jacquet. Pas un mot devant ces pauvres jeunes filles. Peut-être cet accès de raison sera-t-il de corte durée, peut-être présage-t-il une fin prochaine. L'abbé Chambard, à force de soins, a obtenu nu peu de lucidité. Il espère triompber du mal.

— Et pourquoi avoir dit le contraire devant Lucie? demanda Maurice.

'■ — La marquise recouvrant la raison, répondit Jacquet, c'est la mise en possession pour nous des papiers qui nous livrent Camparini, c'est la perte assurée du Koi du bagne; et si Lucien Sous trompait, n'eût-il pas pu prévenir Camparini?

— Quoi ! vous croyez ?

— A peu de choses, répondit Jacquet, c'est

LE TA.MDOUR DE fiA 32e DEMI BRIGADE

pourq . mjouri prudemment. fcfainte-

ji.-nii, mon icur le comte, voulez-vous venir avec moi chez L'abbé Chumbard?

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