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LE CABARET DU GEO S - CAILLOU

A l'extrémité sud-ouest de Paris, entre l'esplanade des Invalides à l'est, le champ de Mars à l'ouest, la Seine au nord et l'Ecole militaire au sud, s'élève un quartier depuis longtemps compris dans l'enceinte de la grande ville, et qui cependant a toujours forma une partie distincte de la ville elle-même, ce quartier, connu sous le nom de Gros-Caillou et qui, il y a dix ans encore, avant les embellissements qui l'ont métamorphosé, était presque exclusivement habité par les mar-

chandfi de bois â brûler, les employés de la manufaci ure de taba< amie et amies di

i de .

Si, il y a dis ani éulement, ce quartier se rattachai! encore difficilement à la grande ville, il ante et quelques années il en faisait à peine partie. Le Boir venu suri planade <l«.'.s Lnvalidet d'un côté, le champ de Mars de L'autre, formaient comme deus steppes déserts ei dan ri n\ que pas un promeneur n'osait franchir.

La nuit, (renue, les invalidée rentrés, Les boutiques closes, pas une ombre m les grands marronniers, oi lia silence Bolennel régnait tout autour de ce quartier absolument isolé:

( 'oHi' nuit '.■ ■ • pendanl ou nous sommes arrivés, «I«mi\ hommes, se promenant bras dessus, bras dessous, descendaient La rue de njniversité, traprsaient La place du ci-devant palais Bourbon, et continuaient leur route dans La direction de l'esplanade des [nvalides.

Jl pouvait être alors minuit; la rue était déserte et silencieuse et l'esplanade offrait un fond noir qui n'avait certes, pour des promeneurs, rien de bien rassurant à l'oeil.

Les deux hommes cependant s'avançaient sans paraître se soucier de l'obscurité profonde.

Us étaient tous deux de même taille à peu près, carrés des épaules et vigoureusement charpentés. Leur tournure avait quelque chose à la fois de ti'aînard et de dégagé qui pouvait paraître extraordinaire au premier abord.

Us atteignaient les premiers arbres de l'esplanade, au moment où minuit et demi sonnait à l'horloge des Invalides; sans hésiter et en gens connaissant admirablement leur chemin, ils suivirent la rue et atteignirent le Gros-Caillou.

— C'est-il bientôt ? demanda l'un des hommes.

— La première à droite ! répondit l'autre.

La première à droite, pour nous servir de l'expression du nocturne promeneur, était la rue Mcolet, sorte de ruelle étroite et fangeuse faisant communiquer la rue de l'Université avec le quai. A l'angle formé par la rencontre des deux rues, s'élevait une maison d'antique construction, tendant le ventre, rentrant la base et le faîte, à toit pointu, à murailles noircies percées de petites fenêtres ornées de châssis à guillotine.

Au rez-de-chaussée de cette maison d'assez mauvaise apparence, une boutique borgne, cabaret de bas étage aux vitraux épaissis par la poussière et derrière lesquels flottaient quelques loques roussâtres, jadis rideaux rouges.

Un bruit sourd, incessant, attestant une nombreuse réunion de causeurs, partait de l'intérieur

du cabaret; tout autour des boutiques étaient fermées, les maisons sombres et noires.

Les deux nocturnes promeneurs s'étaient arrêtés à quelques pas de ce cabaret dont ils regardaient la porte, comme s'ils eussent hésité à en franchir le seuil.

— Quelle heure? reprit le premier.

— Un peu plus de minuit, répondit l'autre. — Alors, il doit être à son poste?

— Naturellement. ,

— Eh bien! entrons dans la cambuse. En voilà une cassine qu'a un relèvement d'hutte de castor! Allons-y. Maucot !

— Espère ! dit l'autre en posant sa main sur l'épaule de son compagnon. Le point est relevé, mais faut voir si le déguisement est suffisamment paré. Eh ! matelot ! on joue le grand jeu à cette heure ! attention !

— Alors, trouvons un coin.

La nuit était très obscure: la lune ne s'était pas montrée, pas une étoile ue brillait au ciel. Les deux hommes, depuis l'instant où nous les avons rencontrés, étaient donc plongés dans les plus épaisses ténèbres et il eût été difficile, même en se plaçant le plus près d'eux possible, de deviner les traits de leur visage.

Bien qu'ils ne pussent rien distinguer à dix pas hormis le cabaret dont les lumières intérieures faisaient faire transparent aux rideaux rouges, ils regardaient autour d'eux comme s'ils eussent été en quête de quelqu'un ou de quelque chose.

— Une idée! fit l'un. Vire de bord et affale-toi dans mon sillage. J'ai relevé le point, que! — Quoi donc?

— Espère un brin et file dans mes eaux que je et dis.

Et le premier des deux hommes, prenant son compagnon par le bras, revint sur ses pas, forçant l'autre à le suivre. Eemontant la rue de l'Université, il s'arrêta devant une muraille de planches s'élevant à sa gauche.

Cette muraille servant d'enclos à un chantier de bois à brûler. Au-dessus d'elle et la dominant, on voyait se dresser dans les ténèbres la masse noire de gigantesques piles de bois.

— Une ! deux ! en haut les gabiers ! reprit celui qui avait conduit l'autre, en lâchant les mains de son compagnon et s'élançant pour franchir la^ muraille de planches. Pomoie-toi, l'ancien!

Avec une agilité merveilleuse, il fit en un clin d'oeil sur le faîte étroit de la palissade. En ce moment de formidables aboiements éclatèrent dans l'intérieur du chantier. C'était le chien de

garde qui se précipitait dans l'étroit couloir régnant entre l'enclos et la première pile.

L'homme qui, par un miracle d'équilibre, se maintenait sur le faîte des planches, ayant à dix pieds au-dessous de lui le chien furieux, lui montrant ses dents menaçantes, l'homme s'élança en avant et d'un seul bond franchit la largeur du couloir, pour aller retomber sur le premier étage de la pile. Le chien aboyait toujours, mais il ne pouvait rien.

— A toi, Mahurec! dit le matelot en se retournant vers son compagnon.

Mahurec exécuta la manoeuvre accomplie par son camarade avec le même succès. Les deux hommes étaient debout sur une sorte de corniche qui faisait le tour du premier étage de la pile. Le second étage s'élevait au-dessus d'eux. Chacun sait que lorsqu'on construit des piles de bois, on ménage de distance en distance, à l'intérieur, des corridors étroits servant à faire pénétrer l'air sous les piles.

Un de ces corridors se trouvait en face des deux marins : ils s'y engagèrent à la suite l'un de l'autre et ils atteignirent un second couloir qui parcourait la pile en sens inverse, donnait lui, des deux bouts, sur les deux autres piles, de sorte que de la rue ou même des maisons voisines, l'oeil ne pouvait plonger dedans.

Les deux matelots s'arrêtèrent au milieu de ce second couloir, sans se préoccuper des hurlements du chien, qui continuaient plus féroces et plus bruyants. Le Maucot tira de sa puene une lanterne sourde, tandis que Mahurec faisait du feu avec un briquet. Bientôt la mèche fut allumée.

Mahurec prit la lanterne et tournant le verre vers son compagnon:

— Voyons ! que je relève le point ! dit-il. Superbe. T'as l'air d'un failli chien de terrien du premier choix.

La nuit si profonde qui régnait au dehors n'avait pas pu, jusqu'alors, permettre d'examiner l'extérieur des deux hommes : cet extérieur était loin d'être celui qui leur était familier. Le Maucot et Mahurec avaient subi une transformation complète, transformation de vêtements, d'allure, le visage même : les deux gabiers avaient absolument disparu j>our faire place l'un à un ouvrier maçon, l'autre à un humble chiffonnier.

Mahurec était un ouvrier maçon. Il avait le bourgeron, le pantalon couvert de plâtre, et les mains blanchies. Son front rasé, et lui donnant l'apparence d'un homme chauve, défigurait absolument le haut de son visage, tandis qu'une longue paire de moustaches, artistement posée, don-

iliii a L'expression de sa physionomie quelque chose de complètement différent de celle qu'elle avait toujours eue.

Quant au Maucot, le chiffonnier de b< ou il n'avait pa même une hottej maie un a

1 1 1- - ipaule, une grande barbe rousse lui

cachai I le bas «In visage, tandic qu'une forêt de cheveux do môme nuance couvrait à moitié Le front.

Ainsi accoutrés, Les deux hommes étaient abso- Lumenl méconnaissables. Tous deui se regardaienl mutuellement à la lueur rougefttre de la lanterne et paraissaient fort satisfaits de leur examen.

— Pour lors, reprit Mahurec, à partir de cette heure, plus d'expressions maritimes; faut jaboter comme un terrien, ('minais pas plus la mer que s'il \ eu avait pas. t'as compris, gabier?

— C'est dans le sac, tu verras, quel

— Maintenant, vieux, il est probable qu'il y en aura un de nous doux qui cete fois ne reviendra pas; faudra que l'autre dise de sa part à nos commandants qu'il a avalé sa gaffe avec contentement.

— Oui, mais avant qu'il avale sa gaffe, celui-là L'aura fait avaler à d'autres?

— Naturellement... T'es paré?

—Oui.

— Alors, en avant, et cette fois, matelot, il faut que ça y soit !

— Ca y sera."

La lanterne fut éteinte et les deux hommes regagnèrent la rue, sautant encore par-dessus le chien dont les aboiements ne parurent pas les préoccuper un seul instant. Le cabaret se dressait en face d'eux; mais ils n'avaient pas fait trois pas vers la porte de l'établissement qu'un vacarme épouvantable éclatait à l'intérieur.

On entendit des cris confus, des vociférations, des brisements de verres, de bouteilles et de bancs. . . Toute la devanture craqua comme si on eût voulu la défoncer, puis la porte s'ouvrit brusquement toute grande et deux hommes, se tenant à bras-le-corps, luttant avec rage, se frappant, se poussant, vinrent rouler sur le pavé de la rue en poussant des hurlements formidables.

Une nuée de spectateurs, à l'aspect hideux, se précipita à leur suite et vont former un cercle autour des deux combattants; la porte du cabaret, demeurée ouverte, laissait pénétrer une traînée lumineuse sur le pavé et cette traînée lumineuse éclairait la scène qui était en train de s'accomplir.

Les deux hommes qui luttaient ensemble pa-

de baillons h de retenus lambeaux: Ut se frappaient avec une rage effrayante, l-a fouir qui le entourait. Loin de chercher 1 Les séparer, sembla iter au contraire:

chacun regardait l'- combat avec un plaisir visible.

■'Hardi, Carmagnolel criait-on.

— A toi, Paille-de-Fer I disaient d'autres voix. 1 ne ! tue!" disait la Coule.

La foule s'écarta, l'un des deui hommea venait d'achever de terrasser L'autre. A cheval aux la poii rine de son ennemi étendue au milieu du ruisseau, L'homme étreignait Le cou de la main gauche et Levait son énorme poing droit, a sua de la tête qu'il maintenait immobile. . . mais lr vaincu se dégagea une main . . .

La foule lit un mouvement, une lame m.' jiait de briller dan.-, le- ténèbres.

l\ JOUB DE NXX ES

La noce telle que l'entendaient nos pères avait certes son côté trivial, mais elle avait aussi son côté excellent. Quand ils avaient passé dix-huit heures ensemble tous les invités se connaissaient, car aux noces d'autrefois on ne se quittait pas, et de midi à six heures du matin on demeurait en société indissoluble. Souvent il y avait un lendemain et un surlendemain.

A l'époque surtout où se passent les événements de ce récit, dans les années qui suivirent le grand cataclysme révolutionnaire, la société, qui éprouvait l'impérieux besoin de se reconstituer dans toutes les classes, saisissait avidement les occasions que lui offraient les circonstances, et un mariage devenait une fête véritable pour les parents et les amis. Mais si la fête était grande déjà parmi les classes élevées, elle prenait les proportions d'un événement parmi le peuple. La pensée d'une noce à laquelle on assisterait préoccupait tous les esprits quinze jours à l'avance et était le sujet de toutes les conversations. Dès lors on pense ce qu'avait dû être aux halles la préoccupation du mariage de Rosette, la belle écaillère.

C'était le 22 vendémiaire que Eosette devait devenir la citoy'enne Spartacus devant la loi.

Ce matin-là, le siège de la belle écaillère était demeuré désert, les bourriches vides étaient amoncelées sous la table et la porte du marchand de vin était solitaire. A onze heures, un groupe de commères et de compères, superbement endimanchés, séjournait devant la porte d'une maison de

la rue de la Fromagerie, encombrant la chaussée étroite et boueuse.

Les hommes étaient costumés avec la suprême élégance des citoyens des halles; mais chaque costume décelait une catégorie différente de la grande société des forts, des porteurs, des vendeurs et des crieurs. Les uns avaient le pantalon gris blanc, la veste de même nuance, la grande ceinture bleue et l'énorme chapeau blanc, au bord collé sur le dos, des porteurs de farine de la halle aux blés; d'autres avaient revêtu les plus belles vareuses bleu foncé que le marché aux poissons eût jamais contemplées. Celui-là avait le simple bourgeron de toile et la casquette de loutre de la halle aux légumes; celui-ci étalait sa carrure her» culéenne dans les atours des forts de la halle.

Les femmes resplendissaient d'or, de bijoux et de parures éclatantes. Des robes remontant sur le ventre et descendant à mi-jambe, formaient avec la jupe, à la hauteur du mollet, comme une arcade sous laquelle on apercevait des bas bien blancs modelant une cheville osseuse et s'enfonçant dans des souliers cirés à l'oeuf et garnis d'une boucle en argent.

Depuis le vert le plus tendre jusqu'au rouge le plus vif, toutes les couleurs les plus voyantes étalaient leurs nuances criardes parmi ces cotillons qui allaient, venaient, arrivaient, traversaient la foule et disparaissaient sous une allée sombre pour reparaître bientôt.

A onze heures et un quart la rue était encombrée, les voisins étaient aux fenêtres et les marchands sur le pas de leurs boutiques. On se parlait, on s'interpellait, on criait d'un côté de la rue à l'autre : c'était un brouhaha au milieu duquel on ne pouvait évidemment s'entendre ni se comprendre.

Comme onze heures sonnaient, un bruit de musique se fit entendre du côté des halles.

" Voilà les violons ! glapit un gamin.

— Voilà les violons !" répéta la foule en s'arrêtant afin de laisser libre le milieu de la rue.

Les sons discordants d'instruments criards retentissaient plus aigus; enfin, au tournant de la rue, on aperçut deux hommes la tête recouverte d'un énorme tricorne, le torse disparaissant sous un habit trop large, le col garni d'une énorme cravate blanche retombant sur un jabot de grosse toile, lequel ressortait par l'ouverture d'un gilet également blanc; une culotte verte et des bas chinés complétaient le costume. Chapeaux, boutonnières d'habit et de gilet, jarretières de la culotte, ruisselaient de flots de rubans de toutes couleurs. Un

violon, tenu d'une main et raclé de l'autre, indiquait la profession de chacun des deux hommes.

Derrière eux s'avançaient, bras dessus bras dessous, marchant à la file par deux de front, une vingtaine de personnes, dix hommes et dix femmes. Les dix hommes étaient la crème des forts de la halle; les dix femmes représentaient la fine fleur des poissardes. Aussi il fallait voir ces faces enluminées, ces nez en l'air, ces yeux ronds et éveillés, ces bouches vermeilles, ces mains énormes, ces poings sur la hanche. Et quelles toilettes ! un véritable fonds de quincaillerie : tous, comme les musiciens, ruisselaient de rubans multicolores des pieds à la tête.

Le premier des hommes, celui qui s'avançait immédiatement après les musiciens, donnant le bras à une fort belle fille de vingt-cinq ans, était remarquable par sa stature colossale, même auprès des forts qui le suivaient. Arrivés et arrivants criaient, chantaient joyeusement; seul celui-là ne disait rien; il ne paraissait même pas s'occuper de sa superbe compagne. Au tournant de la rue, celle-ci avait senti le bras de son cavalier frissonner sous sa main rouge aux doigts écourtés.

— Qu'as-tu donc, Cassebras? avait-elle demandé.

Un grognement sourd lui avait seul répondu. Le fort était devenu d'une pâleur extrême, et un moment il avait paru s'arrêter comme cloué sur le sol; j>uis il s'était remis en marche.

Le petit cortège était arrivé devant l'allée dans laquelle étaient entrées et ressorties précédemment toutes les commères. On se rangea en demi-cercle, et les violons, placés au centre, se mirent à grincer de plus belle.

— Vive la mariée ! cria la foule.

Une fenêtre du premier étage (fenêtre à guillotine) fut ouverte aussitôt, et une tête fraîche et charmante, aux cheveux bouclés tout parsemés de fleurs d'oranger, la tête si mignonnement gracieuse de Eosette apparut j>our saluer les amis qui l'acclamaient.

— Vive Eosette! vive la belle écaillère! vive la mariée ! reprit la foule.

Les violons grinçaient de plus fort en plus fort.

— Et le marié ! criaient les femmes ; oùsqu'est le marié?

— Présent, mes commères ! répondit une grosse voix.

Eosette s'était retirée de la fenêtre et la figure épanouie de Spartacus apparaissait à la place de la tête si jolie de la jeune femme.

— Allons, les mariés, en route ! le municipal attend ! cria une voix.

on.

Voilà les mariés ! voilà les mariés! répéta- qu'on <m voudra! Allons! donne-moi ton bras, je

fond ion de père !

— Mu ;i\;ini les vioio Spartacus.

— Vivenl les mariés ! burla la foule.

i ■ musiciens reprirent la tête du cortège el on

se mil en marche.

ni de plus en plus pâle :

étaienl enfonci dents claquaient: le malheu-

reux devail souffrir toutes les tortures de l'enfer. S;i compagne chantait, toute fière de B'appu)\r sur ce 1 n:i s qui passail pour être le plus pu

de la halle

Quelques instants après on arrivai! à la municipalité, el l'officier, en écharpe, s'apprêtail à unir les deus conjoints par des liens Indissolubles. Bo sette étail de plus en plus rieuse; Spartacus semblait de plus <'ii joyeux ; quant à ' lassebras, il avait l'air égaré, d'un bomme qui ue comprend pas ce qui se passe sou- ses yeux. M. Thomas le regardait en souriant du plus mauvais sourire.

i on.

( >n entends il effecl i \ emeni un ■• rand bruil dan ier obscur. La foule B'avança curieuse, puis 1rs violons lirciit entendre une oouvelle aubade el >ne jeune el charmante créai ure, vêt ue d ■ frlanc de la tête aux pieds, apparut but le seuil de l'allée si sombre. Un bomme costumé comme un bon

gTOi liour:' lis lui tenait la main: cei liuiniii • ( "i

lait M. Thomas qui, on se le rappelle, B'étail invité lui-même l'avant-veille, promettant de pi'j ir : on (''oi en faisant ouvrir force bourriches d'huîtres.

Spartacua suivait, donnant le bras, à une vloillj marchande des quatre-saisons qui avail voulu servir de mère à Rosette dans cette solennelle occasion.

•Vive la mariée !

Vive la marin"

criait-

Mu ce moment la Welle poissarde qui donnai! le liras au fort de la halle, quitta son cavalier et

s'avança vers Rosette pour lui offrir un bouquet blanc magnifiquement énorme, qu'elle tenait à la main. Rosette, rouge, émue, balbutia quelques paroles de reinereînient et enfouit aussitôt son joli visage dans les gerbes de Heurs odoriférantes.

— Vive la mariée! eria-t-on encore.

Au même instant. M. Thomas avisant Cassebras, marcha vers lui, et lui frappant rudement sur l'épaule :

— Je t'avais bien promis, lui dit-il d'une voix railleuse, de venir voir comment tu remplirais tes fonctions de témoin le jour du mariage de Rosette et de Spartaeus. Eh bien ! cela va mieux que je ne l'espérais, sais-tu bien? Tu as l'air fort content, mon garçon.

Cassebras ne répondit pas. mais ses yeux roulèrent avec des éclairs dans la prunelle.

— Allons ! allons ! reprit Thomas de plus en plus railleur, ne te monte pas la tête ! Rosette est bien jolie, oui, certes, et je comprends tes regrets, mais enfin, c'est que tu l'as bien voulu, puisqu'on t'avait proposé. . .

Cassebras saisit la main de Thomas et la serra avec force.

— Faudra que j'étrangle quelqu'un d'ici à ce soir ! murmura-t-il.

— J'y compte bien ! se dit Thomas en souriant.

Puis, se tournant vers la mariée :

— Allons ! dit-il, le municipal nous attend pour nous faire signer sur ses registres, et ensuite au Vainqueur de Lodi. J'espère que les huîtres seront ouvertes? Tu sais, Rosette, que j'en paye tant

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