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rendait effrayante. Le colosse p
ie étonné. Il était évident q pleurs, '•!! n'avaient
cependant pour lui rendre La plénit ode culto
Tout a coup cependant < i à la réalité : il se t rouvait alors en face du ] bère et la Lumière tombait en plein sur lui; il avilit les main.- étendues : ses regai ut de
B6 fixer BUT Ses main-.
"bu sang ! î'écria-t-il d'une voix rauqué, du
sang I. . ."
Et, Beoouanl .-<■.- doigi désespoir épouvantable, il demeura comme foudroyé, tandis que ses yeux interroj tonte
^a personne.
"Du sang! du -an-!... répétait-il avec une altération nouvelle dans la voix à chaque tache qu'il apercevait sur son pantalon ou sur sa veste; du sang!. . . oli ! je les ai tués !. . . je les ai tués '...."
Et, saisi d'une horeur inexprimable, le malheureux demeura, la main levée, comme prêt à se maudire lui-même. Durant quelques seconde-. Le pauvre Casesbras demeura ainsi immobile; puis il poussa un cri en rapprochant Bes doigts de son visage.
"Ce sang! ce sang!... le mien!... murmurat-il avec des élans joyeux. Ce n'était pas. . . oh! moi qui croyais. . ."
Et tombant subitemnt à genoux, au milieu de la rue, levant les mains vers le ciel:
"Oh ! Seigneur, mon Dieu ! s'écria le fort de la halle avec cet accent de conviction profonde qui prouve la foi chez celui qui prie, je voulais les tuer! vous ne l'avez pas permis!. . . vous avez eu pitié de moi . . . Merci Seigneur, mon Dieu ! Je suis toujours un brave homme!"
Cassebras se releva en faisant le signe de la croix; il paraissait de plus en plus calme, mais sa tristesse semblait augmenter à mesure que la lucidité se faisait dans son esprit.
Descendant la rue des Champs-Elysées d'un pas plus ferme, il atteignit la place de la Révolution qu'il traversa avec cette allure décidée de l'homme qui a un but à sa promenade.
A cette époque la place de la Révolution était loin d'offrir le coup d'oeil que présente aujourd'hui la place de la Concorde, l'une de nos merveilles modernes. Ses fossés, ses pavillons dont j'ai donné une description exacte en écrivant l'Hôtel
de NiorreSj et qui la divisaient en hnit parties, n'étaient pas surchargés de luminaires comme l'esl de nos jours la place actuelle. La statue de Louis XV. qui s'élevait jadis au centre, avait été reniplan 1792, par une figure colossale de la Liberté, faite de maçonnerie et de plâtre, statue provisoire qui, exposée à l'intempérie des saisons sans avoir la forme de consistance nécessaire pour y résister, menaçait ruines de toutes parts.
A droite de la place s'élevaient les arbres des Champs-Elysées^ formant une masse noirâtre dans la nuit; à gauche, se divisaient les massifs des jardins des Tuileries, en face on apercevait vaguement l'ex-pont Louis XYi, devenu pont de la Révolution.
Pour traverser la place, Cassebras avait suivi la ligne extrême des Champs-Elysées, et longeant le pied des arbres, il avait atteint l'ancien cours la Reine. Le silence le plus solennel régnait dans cette partie de la capitale; on entendait, seul, le murmure incessant causé par les flots de la Seine qui se ruaient tumultueusement.
11 y avait eu une crue récente; les eaux étaient très hautes et un vent du sud-ouest, qui commençait à souffler avec force, excitait encore la course furieuse du fleuve.
Cassebras traversa l'allée du cours de la Reine, s'approcha de la berge et s'arrêta les pieds dans l'eau. Dans cette situation, il avait en face de lui, se déroulant sous ses yeux, la large nappe noire formée par les eaux de la Seine. Il voyait ses eaux se ruant sous les arches du pont, heurtant les piles, se tordant sur les brise-lames, écumant et roulant en tourbillonnant avec un bruit sinistre et monotone.
Cassebras regardait l'eau couler ; il entendait le fleuve mugir, et ses sourcils rapprochés attestaient la concentration de ses pensées.
••rumine l'eau est noire, murmura-t-il ; comme elle coule vite."
Un amas de longues perches gisait sur le sol à deux pas. Le fort de la halle en ramassa une et se mit à sonder la rivière. En cet endroit la berge était extrêmement douce, de sorte que la perche enfonça à peine.
"Ce n'est guère profond." reprit Cassebras en secouant la tète.
Il jeta sa perche sur le sol, puis il revint sur ses pas, remonta vers la place, mais tournant à droite, il gagna le pont de la Révolution sur lequel il s'engagea. Comme la place des Champs-Elysées, le pont paraissait être absolument désert.
Cassebras suivait le côté droit du pont. Comme il approchait du centre, il aperçut une espèce de
niasse noire obstruant le passage. Au même moment quelque chose de grisâtre se détachait de la masse noire et s'avançait vers le fort de la halle : c'était un pauvre chien caniche tenant dans sa gueule une sébile.
"La charité, mon bon citoyen," dit une voix plaintive.
La masse noire était un aveugle accroupi et adossé au parapet.
Cassebras fouilla dans sa poebe, y prit toute la monnaie qu'elle contenait et la déposa clans la sébile du caniche.
"Je jtrierai le ciel pour le bon citoyen, dit l'aveugle.
— Prie-le pour que Rosette et Spartacus soient heureux," murmura Cassebras.
Et, traversant le pont, il gagna l'autre côté; là, s'appuvant sur le parapet, ses deux coudes sur la pierre, son front dans ses mains, il laissa errer ses regards sur les flots sombres qui se précipitaient sou a le pont.
"Comme l'eau est noire, dit-il encore, et comme elle coule vite."
Et Cassebras reprit sa contemplation. A mesure qu'il regardait les flots tumultueux qui se ruaient avec le même bruit monotone, ses prunelles devenaient plus fixes, son front se plissait, et une expression étrange envahissait sa physionomie.
"Quand on est mort on n'aime plus Rosette, dit-il encore après un silence; et puis on n'a plus ces jDensées qui vous rendent lâche ! Mourir ! ça ne doit "pas être difficile !"
Cassebras était toujours appuyé sur le parapet, et il commençait à subir cette fascination étrange qu'ont éprouvée tous ceux qui, la nuit, ont, du haut d'un pont, contemplé longuement la rivière: il lui semblait que les flots grossissant peu à peu. montaient, montaient et allaient venir jusqu'à lui.
"On dirait que la rivière m'appelle." murmurat-il en se penchant en avant.