LE SOUPER
Au moment où avait lieu au cloître Saint-Merry la conversation par fragments rapportée dans le précédent chapitre, Gorain et Gervais, un peu remis de leur fra}reur, goûtaient, en le déclarant parfait, le madère du citoyen ministre de la police.
Jacquet, ou plutôt cet excellent M. Roger, était assis entre les deux amis, les couvant (pour me servir d'une expression vulgaire, mais qui rend admirablement ma pensée) sous son regard aimable, et faisant les honneurs de la table en homme heureux de fêter de bons convives.
Le valet de chambre était sorti, et les trois hommes pouvaient manger et causer tout à leur aise.
— Alors, disait Gervais, c'est donc vrai? Il y a bien une association de munitionnaires en second.
— En premier? dit vivement Jacquet en appuyant sur le mot. C'est on ne peut plus exact, et la preuve, c'est que nous trois, que voici, en faisons partie de cette belle association. Eh ! eh ! c'est une belle affaire, hein?
— Dame ! je ne sais pas ! dit Gorain en dévorant à belles dents une aile de poulet rôti. Je ne sais pas si c'est si beau que ça, le citoyen ministre de la police avait l'air de dire que nous étions des oies parce que nous croyions être munitionnaires.
— C'était pour vous éprouver ! et la preuve c'est que nous soupons chez lui. Est-ce qu'on a l'habitude de faire souper à sa table les gens que l'on veut arrêter?
— Non. . . c'est vrai, mais pourquoi. . .
— Ah ! voilà ! vous ne réfléchissez pas non plus. Que diable ! il faut que les choses soient bien faites, et on devait vous effrayer pour qu'à l'avenir vouç soyez plus sérieux.
— Comment ! comment ! dirent à la fois les deux bourgeois.
— Eh! oui! vous avez été fort imprudents!
— Quand cela? demanda Gervais.
BIBITAPIN
Eli bion ' ;i propo de la dernière affa ci'llc d(>8 drap d'Klbcuf.
Ah ' i ni que cola regarde !
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\ oyon ! repril Jacquel . rappelle-toi on peu, citoj en, conimenl tu a reçu ce d ra ps? dans quelle circonstance ?
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trriver des marchand] ->■ . pour le ei a
ner .1 Sami Cloud. Je me suie tendu dans ma maison, ei les marchandises eoni arrivées...
Le jour?
— Non, la mi ii . comme d'ordinaire.
EU ces marchandises, tu les a rangées comme d'ordinaire.
—Oui.
— Dans la cachette lialiii uelle?
— Dans In..." commença Gorain en ouvranl de gros yeux.
Puis, après B'être interrompu, il repril en changeant de d'il :
— ( îommenl ! . . . lu sais. . .
— Qu'il y a une cachette dans ta maison pour les marchandises?... mais certainement que je le sais !
--Tu sais donc tout ?
— Parbleu! Bi m soutiens que ces marchandises-là, les draps d'Elbeuf, ont été serrées comme
!e • rmfcume?
— Oui... c'est-à-dire... pas toul à l'ait: on en a laiesé «Ifs pièces dans la salle à manger et dans le salon.
— Pourquoi ?
— Dame ! je no sais pas.
■ -Qui les avait t'ait laisser?
— Le citoyen qui les amenait: il nous dit que c'étaient des pièces d'échantillon dont on pouvait avoir besoin d'un instant à l'autre, et qu'il ne fallait pas les serrer.
— De sorte que c'est le citoyen qui vous les a l'ait laisser en vue?
—Oui.
— Et quel est-il, ce citoyen-là?
— Ali ! mms ne savons pas. Ceux qui viennent la nuit sont toujours masqués, tu sais bien.
— C'est vrai. Je comprends maintenant pourquoi les pièces étaient en évidence. . . Mais le <dîner? parlons du fameux dîner que vous avez donné à Saint-Cloud et qui valait bien ce souper du ministre.
— Ah ! le fait est que c'était l>eau ! dit Gorain.
— Pourquoi n'y étais-tu pas. toi ? demanda Gervais.
< »ii m- pou! pa a dû faire du bruil da i id ?
Oh ' ..m.
\ -m- , i, .1 , iez donc pai