‹ Le roi du bagneChapitre 205 sur 243 · I : inemenl . puisque l · texte numérisé non relu

I : inemenl . puisque l

Ali ' . ■ • l un u qui . . . je mieux en i u\ . . . Kl hein?

— Moi ! . . . jamais ? dii G

— Ni moi non plus ? dit Gorain.

— Comment ! t u a- la tête i\ solide que < forain ? maie < lervais me disail que tu pas boire.

\h! par exemple! Est-ce que j'ai dormi, moi,

3aint-01oud ?

— Il a donc dormi, lui ?

— Ce n". -t pas S rai ? dit Gei I - .rairi

qui donnait.

— Allons. <|it Jacquet, je vois que vous avez dormi tous les dmix. Avez-vous dormi longtem

— Mais. . . je. . . attendez donc ! dit <■ faisant un effort de mémoire. Quand je dis que je n'ai pas dormi. . . mais si... j'ai même rêvé. . . oui. j'ai rêvé que. . . attendez donc !.. . Ali!. me semble que nous n'étions plus que tous les deux à table, Gorain et moi !

— Ah! dit Jacquet, tu as rêvé! Et toi, Gorain.

— Moi, je ne rêve jamais! dit Gorain.

— Et. ce cocher dont vous m'avez parlé, ce cocher qui avait conduit M. Signelay et qui a mis aevaux à l'écurie chez toi... il connaissait Thomas, je crois?

— C'est-à-dire que. . . il me semble qu'ils se sont parlé! dit Gorain, mais je ne suis pas sûr. . .

— Très bien ! très bien je comprends tout cela. mais il reste encore quelque chose à m'expliquer. Qu'est-ce que c'est que cette liste des munitionnaires que tu as remise à Fouché?

— 'C'est celle que j'ai trouvée.

— Quand donc ?

— Il y a trois jours; je ne sais pas comment cela se fait ... je ne me rappelais pas avoir ce papier, et puis je l'ai trouvé, comme cela, chez moi. .. sans savoir.

— Parfait! dit Jacquet en se levant: je comprends tout. Mais attendez-moi quelques instants, je vous prie : je vais causer avec le ministre, et je reviens ensuite vous chercher afin que vous lui présentiez vos hommages. Mais quant à être munitionnaires. vous l'êtes bien certainement et vous le serez toujours ainsi. Donc, soyez tranquilles Finissez de souper en m'attendant.

Et Jacquet sortit en refermant sur lui la porte.

Demeurés seuls, Gorain et Gervais échangèrent un regard empreint d'une joie profonde.

— Ah! Jit Gervais, je savais bien, moi. . . Est-ce qu'on pouvait vouloir me faire du mal?

— Est-ce qu'il y a apparence qu'on puisse nous dindûiiner com cela? s'écria Gorain.

— Moi, je n'ai pas douté un seul instant !

— Xi moi non plus !

Et tu vois bien que tu avais tort et grand tort plaindre et de gémir !

— C'est-à-dire que c'était toi qui gémissais et qui geignais !

— Ali baste! ne nous disputons pas. Si le citoyen ministre arrivait, ça le vexerait peut-être. D'ailleurs, je ne te cacherai pas que je suis content d'être sûr et certain que nous serons munitionnaires en second, en premier, toute notre vie. Le citoyen Roger vient de le dire.

— (Ai. c'est vrai !

— Dieu! que mon épouse va être contente quand je vais rentrer tout à l'heure. Je suis sûr qu'elle est dans les larmes et dans des transes!

— Oui, ajouta Gorain, il faut avouer que cela l'ait plaisir de penser qu'on est libre, quanr on a cru un moment. . .

— Moi, j'éprouve le besoin de prendre l'air! dit Gervais.

— Et moi aussi !

— Eh bien! si nous allions. . .

La porte qui s'ouvrit interrompit Gervais. Un homme vêtu en officier de police s'avança sur le seuil :

— A 'eue/, doyens! dit-il.

Gorain et Gervais se levèrent avec empressement et se disposèrent à suivre l'officier.

— Le citoyen ministre veut nous voir? dit Gervais.

L'officier ne répondit pas. Il venait de gagner un grand vestibule dont il referma la porte sur les deux bourgeois.

^ — Peut-être, dit Gorain, que le citoyen ministre s'est couché, il est si tard! on nous fait reconduire et il nous invitera à revenir demain,

— C'est cela ! dit Gervais. Son souper était bon.

—Oui.

— Je regrette de ne pas avoir revu le citoyen Roger !

— Par ici ! dit l'officier d'une voix brève.

Une porte venait de s'ouvrir et un homme, tenant à la main une lanterne sourde, se dressait à la tête d'un esc;1, lier dont on apercevait les premières marches.

— Allons! avancez donc ! dit l'officier avec imnce.

— Voilà! mon Dieu! nous marchons! dit Gervais.

Et se penchant vers l'oreille de Gorain:

— C'est égal ! dit-il, nous nous en allons plus gaiement que nous ne sommes venus.

Ils avaient atteint le bas de l'escalier.

— Tiens! dit Gorain, je ne vois pas la porte de -ortie, moi.

— Entrez-là! dit l'homme à la lanterne en ouvrant une grosse porte toute bardée de fer.

Et comme les deux bourgeois se regardaient sans paraître avoir compris, il les poussa rudement par l'épaule.

— Là ! dit-il. Demain matin vous déjeunerez. En attendant, je vais vous faire donner à boire.

Et élevant la voix:

— Antoine! cria-t-il, apporte une cruche aux 2 6 et 26 bis !

LES DEDUCTIOXS.

— Je m'appuie sur des faits patents, disait Jac- . quet; et je crois être enfin dans le vrai.

— Tu connais cette affaire beaucoup mieux que moi. répondit Touché. Elle est infiniment plus présente à ta pensée. Certains détails m'échappent, et je ne vois que l'ensemble. Voyons, partons d'un même point de départ et descendons l'échelle des 'déductions.

— Le point de départ, ce sont les pièces de drap. Nous avons parfaitement constaté que ces pièces de drap étaient bien les mêmes que celles apportées à Paris par la famille de Courmont.

— Oui; cette constatation est indiscutable.

— Or. ces pièces ont été trouvées lors de la première perquisition faite à la maison de St-Cloud.

—Oui.

— Maintenant, comment et à quel propos cette perquisition a-t-elle été faite? A la suite d'un dîner bruyant donné par Gorain. Or. Gorain est propriétaire de cette maison depuis plusieurs années, et toutes précautions pour cacher cette possession avaient été si bien prises, que personne ne la connaissait. Si Gorain n'avait pas un intérêt particulier à cacher cette possession, d'autres devaient être intéressés à ce que le public ignorât la vérité. Comment admettre que ces autres, gens assez adroit.- pour avoir réussi à tromper tout le monde depuis des années, agissent aussi niaisement précisément à l'heure où ils devaient avoir le plus grand intérêt à continuer de tenir voilée la vérité. Franchement, cela s'explique-t-il ?

BIBITAPIN

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Quant ,i moi, i ii une opinion faite el ai et je la croi boum Qu'est-ce que i g Thoiua r\ ideiunioiil est le cliol caché de cette inl i

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rini lui- me? Je l'ignore; je n'ai jamais pu rien

découvrir touchant cet li me, maie noua i - occuperons de lui toul .1 l'heure. Pour le présent . il de l'affaire de la Camille de » our nt.

Oui; faisons noa déduct ions an non «'in raîner. Parle, je prends des noti

Que Camparinj soit mort ou qu'il Boit vivant, reprit Jacquet, c'esl toujours le Roi du bagne,

i dire le chef des chauffeurs, notre ennemi de quinze mis. S'il est mort, comme tout a semblé Qoua le prouver depuis trois années, Bon successeur est un au) re lui-même.

K\ Idemment.

— Donc le chef actuel des chauffeurs, quel qu'il Boit) a les mêmes instincts qu'avait jadis le Roi du bagne. De pareils vautours n'abandonnent pas facilement nue proie comme celle que présentaient les millions réunis des Niorres, des d'Horbigny et des Cantegrelles. Plus ils sont acharnés à la poursuite de cette proie, plus les obstacles ont hérissé la route, plus leur fureur de possession du bien d'autrni est devenue grande. Ils n'ont qu'une pensée, j'en réponds: celle d'assouvir enfin cette passion en devenant propriétaires de ces millions, but de tant de crimes. Tour moi, les assassinats de la vur de la Victoire étaient dirigés (je suis revenu à cette opinion) contre les t'a milles d'Herbois et de Renneville; tout le prouve. Ce n'est qu'après l'accomplissement des crimes que l'erreur a été reconnue. Pour suivre plus sûrement la route tracée, il importait aux meurtriers de ne pas fain croire à cette erreur commise; pour détourner les soupçons, ils devaient donner les preuves d'un crime vulgaire; c'est ce qu'ils ont fait. Les draps enlevés et laissés à Saint-Oloud en pleine évidence. sont des témoignages certains que je suis dans le vrai.

— -Mais la pièce d'or trouvée par la générale Le1 febvre, dit Fouché, le papier qui enveloppait cette

pièce.

— Eh bien ! ce ducat d'Autriche, ce fragment de lettre écrite en allemand, ont été des pièces de conviction perdues exprès pour donner le change.

— Tu crois.

— Je le prouverai le moment venu.

Fouché sourit.

— Si je te prouvais, moi, que cette pièce et cet écrit sont au contraire une mystification terrible? dit Fouché.

Comment juet.

■ i ai d6< ouvert un. i

Je ne i omprondg

dane ce ducat et dan

Le ducal ix.

< )ui ; mai -il.

Si fait. — ( Comment ! je L'ai ouvert.

'Ii: li

une mince feuille d'or qui formait le fond, et feuille, passée an '• i, a l'ait r\u-

ir le métal à l'aide d'une compo chimique.

— Et qu'y avait-il écrit ?

— Ordre è la banque de Vienne de pay< leur cent mille florins.

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