‹ Le roi du bagneChapitre 214 sur 243 · LA ROUTE DE BRUNO · texte numérisé non relu

LA ROUTE DE BRUNO

Les Parisiens on! pour habitude d'aller chaque année admirer, à grands frais, les paysages du Rhin, ceux de La Suisse ou des Pyrénées. Certes, je ni- veux pas médire à propos de cette mode de Locomotion qui a bien son côté avantageux; el je ne veux pas prétendre que les coteaux du Rhin, les montagnes de la Suisse el des Pyrénées n'aienl pas un grand charme el un attrail puissant: mais ce que je ne puis m'empêcher de regretter, c'esi que les trois quarts des Parisiens voyageurs qui vonl explorer par amour du pittoresque des contrées lointaines, ne connaissent pas, ou presque pas, ces ravissants paysages qui se dessinent à quelques kilomètres de leur résidence habituelle. Subissanl la loi commune, j'ai, moi aussi, commencé par visiter L'Europe, puis ensuite j'ai été me promener aux environs de Paris, et je soutiens aujourd'hui qu'il n'existe pas de ville au monde qui offre, dans un rayon de dix lieues, une série aussi gracieusement pittoresque de points de vues saisissants que notre grande ville. Le torl de ces splendides paysages de la vallée de la Seine et de celle de la Marne est pour les Parisiens, d'être à la portée de foules promeneurs. Si les environs de Paris étaient seulement à cent lieues de la capitale, de quelle vogue ne jouiraient-ils pas? Mais ils demeurent à Pombre, absorbé- qu'ils sont par l'éclat de la splendide cité.

Entre autres merveilles inconnues, parce qu'il est trop facile de les connaître, je ne crois pas qu'il existe en Suisse ou en Allemagne une route plus jolie, plus accidentée, plus pittoresque que celle qui, après avoir traversé le bois de Vincennes. passe la Marne à Joinville, court à Champigny, monte à Chennevière et s'en va par Omerson et Sucy à Boissy-Saint-Léger. De la côte de Chennevière, l'oeil peut, par un temps clair, contempler un pa-

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