I. omplis les événemenl
contés dans les précédents ehapil deux hommes Bubissaienl - ination du pi -
- étaieni tous deux immobiles en haut de la côte de Chennevière : le ciel L'atmosphère d'une l'impidité extrême, et, en dépit de La miit, le regard pouvait planer au ' ne renconi ranl pas de limites.
Au pied le la côte s'étendait la double vallé l.i Marne venan! de Champigny et coulant vers Charenton. An second plan se détachait en noir la presqu'île de Saint-Maur, puis le bois de Vincennes, puis une zone lumineuse couvrait un espace considérable: c'était Pari-. Les s -ques silhouettes de Notre-Dame, du Panthéon, formaient des points Bombres sur cet borizon rougeâtre qui avait pour borne- le Mont Valérien et les coteauj «le Saint-Cloud. La lune, brillant dans un ciel san- uuages et répandant au loin sa c'. éclairait ce magique tableau.
Les deux hommes, appuyés survie petit parapet de terre de la côte, paraissaient absorbés dans leur contemplation.
— L'heure est passée et rien encore, dit l'un. Regarde la route aussi loin que l'oeil puisse - tendre, elle est déserte.
— Il faut attendre encore, cependant, répondit l'autre.
— Attendre, attendre, mais l'heure s'écoule; mais, tandis que nous attendrons ici, ils arriveront là-bas. eux. S'ils arrivent, tout est perdu; tu le sais, bien, Pick.
— Crois-tu donc. Roquefort, que le chef ne 1 sache pas comme toi. S'il nous a donné l'ordre d'attendre ici sans bouger, c'est qu'il entre dans son plan que nous devons demeurer inactifs. Tu connais cet homme : nous avons tous voulu lutter successivement avec lui et il nous a tous broyés, bri-
ses, contraints à redevenir ses esclaves. Vois Bamboula ! Et d'ailleurs, il faut le reconnaître, son intelligence est dix fois supérieure à la nôtre. Aussi, a i -je pris une détermination dont je me trouve fort bien: j'obéis passivement, sans discussion, sans arrière-pensée.
— Mais, ce soir, il s'agit d'un coup de fortune pour l'association.
— Raison de plus pour que le chef ait pris toutes ses précautions. Ecoute. . . j'entends un roulement lointain.
— Oui, dit Roquefort en prêtant l'oreille.
— Xe distingues-tu pas un point noir là-bas sur la route? Oui. je ne me trompe pas, c'est lui.
Quelques instants après, effectivement, une berline enlevée par l'effort de quatre chevaux admirablement appareillés, montait la côte avec une vitesse dénotant une vigueur extraordinaire de la part de l'attelage : la route était fort mauvaise et autrement rude qu'elle ne l'est aujourd'hui, où on la abaissée de plus d'un quart d'élévation.
Pick et Roquefort se tenaient immobiles dans l'ombre. Quand la voiture fut précisément à la hauteur de l'endroit où ils se trouvaient, il s'avancèrent vivement tous deux à la fois. La portière s'ouvrit aussitôt, mue par un ressort intérieur. La voiture avait ralenti sa course; les chevaux marchaient au pas.
— Montez ! dit une voix.
Les deux hommes s'élancèrent successivement sans que la voiture s'arrêtât.
Par Boiss}r, Grosbois, Yerres et Brunoy ! reprit la voix en s'a dressant au cocher ; au galop !
— -Courez ! cria le postillon en enveloppant ses quatre bêtes dans un coup de fouet artistement administré.
Les quatre chevaux s'élancèrent à fond de train, et la voiture fut enlevée avec une vitesse qui tenait du prodige.
Lorsque Roquefort et Pick étaient montés dans la berline, deux des quatre places de l'intérieur étaient déjà occupées par deux hommes, dont l'un se tenait enfoncé dans un angle, immobile et disparaissant presque dans l'ombre, et dont l'autre, le corps penché en avant, présentait son visage à la clarté des astres de la nuit. Celui-là était" facile à reconnaître, c'était le citoyen Thomas.
— Nous n'avons rien vu, avait dit Pick en s'asseyant.
— Yous ne pouviez rien voir ! répondit Thomas. Ils ont pris l'autre route.
— Où peuvent-ils être maintenant?
—A Maison-Alfort.
— Alors, à peine avons-nous une avance suffisante.
— Noue arriverons à temps !
— Un silence suivit ce rapide échange de paroles : la voiture continuait sa course avec une vélocité de plus en plus effrayante. Bientôt les premières maisons de Boissy-Saint-Léger se dessinèrent à l'horizon. Thomas se tourna vers son compagnon, celui qui se tenait immobile et dans l'ombre.
— Cassebras, lui dit-il, aimes-tu toujours Rosette?
— Oui, répondit l'homme sans faire un mouvement.
— Alors, tu es prêt?
— Je suis prêt.
— Tu sais que si tu hésites le moment venu, si tu n'obéis pas sans réserve, tout sera dit. Rosette payera pour toi.
— J'obéirai, te dis-je.