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Des candélabi éclairaient l'intérieur ■
buée, dans laquelle Camp paru entouré de - - « ici in
l ».in- chaque cellule étail ton malheureux don! la ing du je seurs. Au centre de la p i jour-
une escouade d'homme masqués, le l ei menaçant de mort chacun d<
\ ; «vant la table, le deaù écrivait rapidement.
Rien n'était changé dan- cette sali tant où nous en Bomm ■■ qu'aIor3
Camparinî, présent, présidait à la moment ou nous y rentrons, Roi du Bagne
était absent.
En quittant la salle, en donnant des ordres, il avait formellement commandé aux hommes armés de fusils de faire feu sans avertissement à la première infraction; mais, par un raffinement de cruauté et pour être plus certain encore de l'obéissance qu'il voulait provoquer, aurait ordonné de tuer non pas celui qui aurait désobéi, mais un autre des personnages, qui devait ainsi être victime de la tentative d'autrui.
Cette manière cruelle de procéder avait porté ses fruits. Depuis l'instant où Camparinî avait quitté la salle jusqu'à celui où nous y pénétrons de nouvaeu, pas un des prisonniers n'avait tenté de faire un geste ni de prononcer une parole. A peine même avaient-ils osé se lancer un regard fugitif, dans la crainte que ce regard n'entraînât quelque imprudence.
Depuis plusieurs heures, un profond silence régnait dans la place, silence que troublaient seuls les bruits des respirations sifflantes et celui de la plume du clerc de notaire courant rapidement sur le papier.
C'était un horrible supplice que celui supporté depuis plusieurs heures par ces malheurueses victimes du Roi du bagne. Voir sans cesse la mort suspendue sur la tête d'un être chéri et penser que la plus légère imprudence peut provoquer cette mort sans que rien ne vienne l'empêcher : c'était une situation réellement affreuse que celle de ces malheureuses femmes, de ces hommes, de cet enfant, car. l'ombre même de l'espérance la plus folle ne pouvait se dessiner au loin.
Le clerc de notaire venait de s'arrêter et de po-
ser sa plume. L'un des hommes masqués qui se tenaii près de lui, son fusil menaçant à la main, se pencha vers la table.
— Tu as fini ? dit-il.
— Oui ! balbutia le clerc.
L'homme masqué prit lse cahiers de papiers qui encombraient la table : il les réunit et se dirigeant vers la muraille dans laquelle était scellée la grille qui enfermait Louis de Niorivs, il ouvrit une petite porte pratiquée dans l'épaisseur de la pierre et il plaça les papiers sur un plan incliné qui s'offrit à lui.
Les papiers disparurent entraînés par leur propre poids: l'homme masqué referma la porte et revint prendre sa place près du clerc de maître Ragnideau.
Le silence régna de nouveau dans la salle : une heure s'écoula ainsi, nouvelle heure d'angoisse et de tortures à ajouter aux siècles de douleurs qui venaient de s'écouler.
Un bruit sourd retentit brusquement : une porte s'ouvrit. Camparini s'avança dans la salle. Il tenait à la main plusieurs liasses de papiers.
Sans dire un mot, il s'approcha du clerc de notaire et lui fit signe de se lever, puis lui remettant les papiers, il lui indiqua du geste Blanche et Léonore.
Le clerc comprit sans doute que le terrible Eoi du Bagne exigeait de lui, car, se levant brusquement, il prit d'une main les pajriers que Camparini lui tendait, de l'autre son encrier et sa plume, et il se dirigea vers la cellule occupée par les deux jeunes mères.