L'ATTAQUE
Gorain et Gervais sommeillaient. Gorain renversé sur sa chaise. Gervais la tête presque ensevelie dans les genoux, le corps offrant l'apparence
. l'une tabal ière dont Le couvert • demi
refermé, in double ronflement sonore atto L'étal de quiél ude dani Lequel se i rouvaieni l<-deux ani
Le t . -h brûlait toujour dan La 1 1 te i hem diminuant d'ardeur, sa flamme a rait diminué de clarté, et la Balle, ne recevant plua que la Lumière des Lampes, était plong Lans une demi obscurité.
( !ette obscurité cependant n'était pas telle qu'on ne pût distinguer dans La demi-ombre les silhouettes dea garçons de Ferme et des Ules de ferme toujours endormis ''t placés à L'extrémité de La pièce.
Près de la cheminée, en face de Gervais et de Gorain, Hamelin était assis auprès d'un personnage vêtu en paysan. Ce personnage, c'était Bamboula. Hamelin h Lui causaient à voix basse: le fermier paraissait écouter avec une extrême atten-
l ion.
— Tout est prépari', disait liambnulà. Ia's brigades sont à Leur poste: à mon premier signal elles s'élanceront .
— Kl il faut que je livre le secret des cachettes? dit Hamelin en regardant fixement Bon interlocuteu
— Sans doute. Ils commenceront par toi : si tu refuses de révéler, tu mourras.
— Mais si je luttais?
— Tu succomberais.
— 'Cependant, tu es là, toi ! Les brigades nous entourent. Pourquoi n'arrêterait-on pas ces chauffeurs avant qu'ils eussent mon secret."
Bamboula, à son tour, regarda attentivement et fixement le fermier:
— Tu te délies de moi, lui dit-il.
— Pourquoi? demanda Hamelin.
— Ton hésitation le prouve.
— Quand cela serait ?
— Si cela était. . .
Un bruit violent interrompit la conversation. Toutes les vitres des fenêtres, brisées à la fois, tombèrent dans la pièce en même temps que la porte volait en éclats. . .
Puis, par toutes ces ouvertures demeurées béantes, surgirent au même instant des hommes, le sabre nu d'une main, le pistolet de l'autre et un masque rouge sur le visage. Tous s'élancèrent à la fois dans la salle basse, et au moment où ils quittaient l'appui des fenêtres ou le seuil de la porte, d'autres hommes également armés, également masqués, apparurent à leur place, obstruant chaque issue et la gardant.
Dans l'intérieur de la salle, cette invasion subite avait produit un effet saisissant. Bamboula s'était levé précipitamment et s'était jeté de côté,
emment non tnt de
crainte) mais •» celui d'une attent
.m -. 1 1 demeurait : • demi
tendu, la main droit'- enfoD Lai
L'habit comme s'il me.
Hamelin, dre tant subitement, rera on fusil accroché mais un incident L'empêcha
i. ralel - de ferme et '■• qui dor-
maient an fond de la I réveilla
bruit. Eperdus, ahuris, surprie, ne Bâchant probablement |,a~ de quoi H t, homme mes B'étaient précipités de ton omme pour fuir, mais toute- taient tro obstruées à la fois. Alors tous -"''-taient ru. uns sur Les autres, une femme qui semblait plus terrifiée que ses compagnons, s'était précipitée yers Hamelin au moment où celui-ci allait parer du fusil, et se jetant dan- ses bras comme pour lui demander aide et protection, l'avait empêché de Be saisir de l'arme meurtrière.
Mais parmi les plus affolés, les plus stup les plus terrifiés, il en était deux dont l'expn de physionomie décelait un état du cerveau voisin de la folie: ceux-là c'étaient Gorain et Gervais.
Plongés tous les deux dans les douceurs du sommeil, au moment où les fenêtres et les portes avaient volé en éclats, ils avaient été arrai cet état de quiétude de la manière la plus violente. Réveillés en sursaut, à peine leurs yeux étaient-ils entr'ouverts, que le terrible spectacle de vingt hommes armés et masqués, s'élançant par toutes les issues et inondant la salle comme un flot envahisseur, avait frappé les deux bourgeois d'une terreur telle, que l'un et l'autre s'étaient trouvé^ dans l'impossibilité de formunler un son.
Galvanisés, stupéfiés, dans l'acception véritable du mot, il demeuraient debout, la bouche et les yeux ouverts, les cheveux hérissés, les bras tendus, les mains ouvertes et les doigts écartés. Un moment, la frayeur fut telle, qu'ils n'eurent plus évidemment conscience de la situation : on eût pu le? frapper sans qu'ils le sentissent.
Cependant un double cri jaillit à la fois de leur gorge sèche ; des mains nerveuses, en s'abattant sur leurs épauler et en les contraignait à se renverser en arrière jusqu'à ce qu'ils fussent étendus sur le plancher, détruisirent l'espèce de charme causé par la violence même de la peur.
Hamelin gisait, garrotté solidement, dans un angle de îa salle. Servantes et valets de ferme avaient été saisis également, sans opposer la moindre résistance, et garrottés et bâillonnés, ils
avaient été entassés clans un coin. Bamboula était libre.
— A souper, et à l'oeuvre les chauffeurs!
— A nous la ferme ! hurlèrent les bandits.
— Fermez les fenêtres et les portes !
La salle était envahie : personne de ceux qui s'y trouvaient quelques instants plus tôt ne pouvait tenter la moindre résistance. Les chauffeurs, sabres et pistolets au poing, se répandaient partout. Tous ces bandits étaient vêtus de même, d'une sorte d'uniforme ressemblant à celui des hussards en petite tenue, les marques distinctives étaient dans les couleurs différentes du masque qui leur couvrait le visage.
Un homme de haute taille, celui qui, le premier, s'était élancé dans la salle, avait un masque de satin cerise. Quatre hommes portaient, l'un un masque blanc, le second un masque bleu, le troisième un masque jaune et le quatrième un masque brun. Tous les autres portaient unif roulement un masque noir descendant jusqu'au-dessous du nez comme les loups de velours que l'on porte au bal de l'Opéra.
Le premier moment avait été un moment de confusion indescriptible, mais bientôt une sorte de régularité parut s'établir, et les chauffeurs commencèrent à opérer avec un ordre décelant une grande habitude de l'obéissance et un plan parfaitement arrêté.
L'homme au masque rouge s'était placé devant la cheminée: lui seul n'avait pas à la main une arme offensive. Les bras croisés sur la poitrine, il inspectait les mouvements de ses hommes avec l'aplomb et le sang-froid d'un commandant de navire sur son banc de quart pendant un branle-bas.
L'homme au masque blanc, auquel paraissait spécialement obéir une brigade de chauffeurs, avait fait enlever les prisonniers: Hamelin, Gorain, Gervais, les garçons de ferme, solidement garrottés, bâillonnés et attachés, avaient été placés dans un angle, et quatre hommes, le fusil au poing, veillaient sur eux avec des gestes menaçants.
Hamelin paraissait sombre, résolu, et son regard fier ne s'abaissait pas devant celui de ses ennemis. Gorain s'était évanoui. Gervais avait les yeux ouverts, mais il était en proie à une terreur telle, qu'il n'avait plus conscience de sa propre situation: il regardait, il écoutait, mais il ne pouvait voir, il ne pouvait entendre.
Les valets de ferme n'avaient fait aucune tentative de résistance : ils avaient été pris et attachés sans chercher à fuir. Les servantes seules étaient demeurées libres. Des bandits les entouraient et veillaient sur elles.
Ces servantes étaient au nombre de cinq: placées en pleine lumière comme elles l'étaient maintenant, on pouvait contempler leur visage. Trois de ces cinq femmes étaient véritablement affreuses. Deux étaient extrêmement grosses, énormes, elles avaient les cheveux roux, jjlantés fort bas sur le front, de petits bonnets bretons avec de grandes brides larges, s'attachant sous le menton : elles avaient le teint hâlé des femmes de pêcheurs. La troisième était plus petite, plus maigre, tout aussi laide et paraissait plus âgée, car ses cheveux étaient argentés; elle portait le costume des paysannes des environs de Paris.
Les deux autres étaient plus jeunes, leurs traits étaient plus réguliers et elles portaient le costume picard.
Ces femmes, qui avaient couru de tous les côtés, lors de l'envahissement de la salle par les bandits, s'étaient précipitées à la fois dans l'angle le plus ■obscur de la salle : c'était là où les avaient entourées les chauffeurs, paraissant obéir à l'homme au masque bleu.
Celui au masque jaune, appelant du geste dix hommes qui s'élancèrent, s'était précipité avec eux vers l'escalier conduisant aux étages supérieurs, et bientôt on put entendre leurs pas résonner sur les marches de bois et dans les couloirs.
D'autres, sous la surveillance de l'homme au masque brun, gardaient toutes les issues. Le nombre des bandits qui venaient d'envahir la ferme était de quarante. Dix menaçaient les servantes, dix venaient de quitter la salle à la suite de l'homme au masque jaune dix gardaient les issues, cinq veillaient le fusil armé auprès des prisonniers, et enfin il y avait le chef au masque rouge et les quatre personnages aux masques de couleurs différentes qui semblaient servir d'intermédiaires entre le chef suprême et les bandits vulgaires. En tout quarante.
Au tumulte avait succédé l'ordre, au bruit succédait le silence. Chacun demeura immobile dans la salle basse. L'homme au masque rouge était toujours debout devant la cheminée, paraissant attendre.
On entendait le bruit des pas des chauffeurs qui parcouraient les étages supérieurs de la ferme. On entendait briser les serrures, forcer les portes, et les meubles: c'était un second vacarme aux échos terrifiants.
Bientôt des cris éclatèrent ; Hamelin fit un mouvement, l'un des chauffeurs lui appuya sur la poitrine la gueule du canon de son fusil. Le fermier jeta sur le bandit un regard de flammes, mais il ne tenta plus de remuer. Au reste tout ce que le
BIBITAPIN
malheure u » eûl pu faire eûl i té 'l ilever, car
i! ne pouvait ai marcher ni tenter un au1 te mo iiiciii : il avaij loe pied ■ e! les poingt <i roitemenl garrol ti .
Le bruil qui éclatai"! à l'étn upérieur redoublai! : Les cria el Lea i répignement devenaient plu violents. Ce bruit Be rapprocha, il paru! de*cendre. . . La porte de la Balle b'ou> ri! el le comte d'Adoré, garrotté e! bâillonné, fu( porté devan! l'homme au masque ro
Celui ci enveloppa le \ ieillard dana un double
d qui jailli! par les i rouB du masque coi
deux rayons lumineux el il lit ui le joie fé-
Levant le braa droit, il désigna lentemen!
le groupe que formaient déjà Hi Lin, Gorain,
Qervaia el lea garçons de ferme. Le comte fu! enlevée! jeté au milieu dès prisonniers, prèa du fermier.
Tous deux avaienl lea bras attachés, tous deux étaienl bâillonnés: Ha ne pouvaien! donc ni faire un geste, ni prononcer une parole, mais leur- regards, que rien ne voilait, ?e rencontrèrent e! une pensée évidemment terrible s'échangea rapidement.
Les chauffeurs étaient tous alora dana La Balle, immobiles et attendant. L'homme au masque jaune s'approcha du chef au masque rouge:
— J'ai tout fouillé, dit-il, tout est désert, j'en réponds.
— La fermière et ses enfants? demanda l'autre.
— Ils n'y sont pas.
Le chef lit un geste d'impat ience.
— Le fermier, dit-il simplement.
Bamelin tut enlevé par quatre mains vigoureuses et placé devant le chef.
— Otez-lui son bâillon! dit encore l'homme au masque rouge.
On obéit; Hamelin put respirer. Bamboula, qui était demeuré libre et qui depuis l'envahissement de la salle s'était placé dans un angle du vaste foyer, alors que le chef s'était rapproché de la cheminée. Bamboula se glissa entre le chambranle et l'un des chauffeurs, et vint se tenir debout à deux pas du fermier.
— Ta femme, où est -elle? dit l'homme masqué.
— Elle est à Paris, répondit Hamelin.
— Tes enfants?
— Ils sont avec leur mère.
— Quand sont-ils partis?
— Ce soir.
L'homme au masque rouge regarda fixement le fermier :
— Ecoute et réfléchis ! reprit-il. On fouillera la ferme, les bâtiments, les jardins, les alentours. Si ta femme et tes enfants y sont, on les trouve-
ra : .
'i i tendu ?. . . répond en
A l'an ' ■!:! I l.im<-lin d'un-
< »n peu! fouiller la fera
(tui.
Le i nia plu- livn.
• "i homme ne men '-il.
dn'saé.
I tamelin dit vrai] femme P il me .'
confié.
L'homme au masque rouge lit un mpa-
t ien
— Il rut parlé pli lit-il,
car il est brave.
Je 1<' ferai parler, y- m'en — Tu as un moyen ?
— [nfaillible.
—Alors tu L'interrog
Bamboula fit un Bigne affirmât if. En ce moment un Bifflemen! aigu retentit du dehors. L'homme au masque rouge prit un sifflet d5 nui était caché dans les plis de sa ceinture, et, le portant a ses lèvres, il répondit au sifflement par un autre Bifflement, mais plus doux.
L'homme au masque brun, celui qui paraissait avoir pour mission de veiller sur lea -- ■ -. -e précipita vers la porte h la dégagea en écartant les chauffeurs. Cette porte s'ouvrit presque aussitôt, et un homme masqué -'avança vivement.
Le chef fit un pas à sa rencontre. Le nouveau venu lui parla rapidement et cà voix très basse. Le chef s,, redressa et un rayonnement joyeux brilla dans ses regards.
— Enfin, dit-il. cette fois rien n'a échoué! — Tous sont pris !
— Veille sur eux !
— J'en réponds!
Et le nouveau venu, faisant un geste auquel l'autre répondit, regagna lestement la porte et disparut, s'élançant d'un bond au dehors.
L'homme au masque rouge revint vers l'endroit où était demeuré Hamelin :
— Les clefs du souterrain! dit-il.
■ — Je ne les ai pas! répondit le fermeir.
— Aveux-tu être chauffé?
— Je ne les ai pas !
— Donne-les !
— Je ne les ai pas !
— Du bois au feu ! commanda le chef.
— iGrâce! cria une voix aigre.
L'homme au masque rouge se retourna: une des
servantes, la vieille maigre et sèche, se débattait entre Les mains des chauffeurs.
— Tu sais où sont ces clefs? lui demanda le chef sans bouger de place.
— Oui... citoyen, je les ai... c'est à moi que le maître les avait données... les voilà.
bit la vieille agitait un trousseau de clefs que prit un chauffeur. En voyant ces clefs entre les mains de l'homme au masque rouge, Hamelin fit un soubresaut tellement violent que les liens qui le retenaient captif craquèrent: son visage devint d'une pâleur de marbre et une sueur froide inonda son front.
— Ab ! lit l'homme au masque rouge, tu espérais conserver ce secret?
Hamelin ne répondit pas : peut-être avait-il été sur le point de parler, mais il s'était mordu les lèvres avec une telle violence que le sang avait jailli. Son regard traversa la salle et alla se fixer sur la vieille servante avec une expression de mépris, de haine et de fureur impossible à rendre.
Le chef le considéra encore d'un oeil attentif, pui il fit signe de la main qu'on replaçât le fermier parmi les prisonniers. Alors, s'adressant aux chauffeurs qui paraissaient attendre ses ordres:
— En avant ! cria-t-il d'une voix rauque, en avant les chauffeurs ! Fouillez les caves et les cuisines ! . . . A souper ! . . . la ferme est à nous ! . . . Nos amis veillent, rien ne peut nous surprendre et il y a des millions ici !. . . Du bois au feu et du vin sur la table !
On bourra accueillit ces paroles : tous se ruèrent à la fois, à l'exception de ceux qui gardaient les prisonniers et les issues ; chacune des cinq servantes fut placée entre deux bandits, et, le pistolet sur la gorge, on ordonna aux malheureuses de préside aux apprêts du repas.
Il était trois heures du matin. La table massive d chêne était surchargée de débris de mets de toute- sortes, de bouteilles vides et de bouteilles encore pleines, de cruchons cassés, de verres renversés. Des mares de vin, de liqueur gisaient çà et la au milieu des plats brisés. Des lampes placées aux extrémités de la table éclairaient cet abominable désordre.
Tout autour de cette table, assis sur des banc-, sur des tabourets, sur des chaises, sur des fauteuils, des hommes", des masques sur le visage, des pistolets armés à côté d'eux, buvaient, mangeaient, riaient, chantaient, hurlaient, s'envoyant les pro-
pos les plus grossiers, entrechoquant leurs verres, brisant les bouteilles et les carafons.
Aux portes, aux fenêtres, gardant toutes les issues, d'autres hommes armés veillaient sur ceux qui buvaient. D'autres encore gardaient les prisontiiers, d'autres escortaient les servantes de la ferme que l'on avait contraintes à faire le service. Tous se relayaient les uns les autres, quittaient tour à tour la table sur un signe du chef pour aller veiller, ou abandonnaient la garde des issues ou des prisonniers pour venir prendre place à table.
L'bomme au masque rouge était assis au haut bout de la table, près de la cheminée dans laquelle brûlait un l'eu, véritable fournaise. Bamboula était à sa droite. Celui au masque jaune à sa gauche, le- trois autres hommes aux masques de couleurs différentes venaient ensuite.
Bamboula, qui seul avait le visage découvert, interrogeait avec une impatience visible le cadran de la montre qu'il tirait à chaque instant de son gousset.
— La nuit s'avance ! dit-il à l'homme au masque rouge ; il est temps d'agir ; pourquoi ne rien faire ?
■ — -Attends ! répondit simplement l'autre.
— Pourquoi attendre ?
— Il le faut. Tais-toi ! Xe cherche pas à deviner.
Bamboula courba la tête et se mordit les lèvres. En cet instant, un des hommes placés en sentinelle à la porte donnant sur la cour se glissa jusqu'à l'homme au masque rouge.
— Maître ! dit-il, il est là !
— Qu'il entre ! répondit vivement le maître.
Un nouveau personnage, absolument costumé comme tous ceux qui encombraient la salle, masqué comme eux, fit son entrée au milieu du bruit, clu tumulte, des chants, sans que personne parût remarquer sa présence. Cet homme parvint -jusqu'au chef qui se renversa en arrière sur sa chaise de façon à prêter plus facilement l'oreille. L'homme se courba .et parla longuement à voix entièrement basse à son interlocuteur.
— >Ah ! fit simplement l'homme masqué avec une intonation dénotant une approbation chaleureuse.
Puis, comme l'homme se redressait, -le chef le rappela du geste. A son tour, il lui parla rapidement à l'oreille :
— Tu as compris? tu n'oublieras rien? ajoutai-il.
L'autre fit un signe affirmatif.
— Ta donc, et, la chose faite, répète trois fois le signal ! Alors tu te contenteras de veiller et d'attendre.
L'homme inclina la tête et s'élança vers la porte par laquelle il disparut. Le bruit, le tumulte, les
cns, le i ii. mi . conl inuaionl avec un épouvantable fraea . L'homme au masque rouge demeurai! immobile ur a i ha i e, parai an! absorbé dam on monde do peu lée inisl re ,
Bamboula, tenanl on couteau à pleine main par le manche, déchiquetai! la table avec la pointe acérée.
Maie qu'attends i u donc ? répétait-il avec une anxiété qu'il ne pouvait plue parvenir à faire passer pour de l'impa! tence,
( 'chu qu'on avai! appelé le mai! re ne i ■ < '• j » * » 1 1 < 1 i i i * pas: trois heures e! demie sonnèrent... Toul h coup, dominan! Le vacarme infernal qui régnai! dans la salle, un coup de siffle! Btriden! retenti! :iu dehors. L'homme au masque rouge tressailli!
I m Becond coup de Biffle! se lit entendre, puis un troisième. L'homme Be leva avec un geste de triomphe. Saisissan! une bouteille placée devan!
lui, il la brisa sur la table :
— Silence! s'écria-t-il d'une yoix formidable.
1, 'heure es! venue !
II n'avait pas achevé, (pie tous demeuraient immobiles e! silencieux. On eût «lît qu'un coup d'une baguette magique eût paralysé subitement ces hommes, une seconde plus tôt, vicoférant, criant, hurlant. A ce vacarme sans nom, qui régnait dans la salle, succéda sans transition un silence lugubre.
L'homme demeure debout, et dominant la scène porta tout à coup la main à son masque, et l'arrachant avec un geste superbe, il le jeta loin de lui. Le visage aux traits accentués du Roi du bagne apparut alors dans tout son effrayant éclat.
Chacun de ceux qui entouraient la table demeura, pour ainsi dire, fasciné et haletant sous ce regard de flammes qui parcourait lentement les groupes et les fouillait avec une irrésistible puissance.
— Mesnard ! cria Camparini d'une voix forte, tes hommes sont à leur poste?
— Oui, maître ! répondit une voix partant du dehors.
- — Que personne ne puisse ni entrer dans cette salle ni en sortir jusqu'à nouvel ordre. La mort immédiate, sans pitié ni merci pour qui tenterait de franchir le seuil de cette porte ou l'appui d'une de ces fenêtres. Tue ! fût-ce moi-même, si j'enfreignais cet ordre !
— Oui, maître ! dit la voix.
— Dragon de Bouvray, reprit Camparini, le Poitevin-Grêlé. Charles de Lyon, Ville-Sauvage, l'heure a sonné!
— Oui, maître ! répondirent à la fois quatre voix partant de l'intérieur de la salle.
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