I.K TAMBOUR lu: I.A 32e DEMI BRIGADE
Nom ! cela <-si mppsaible. Je connais les hom-, met, el Jaoqnei m'a donné trop de preuve* pour que je puisse douter! . . .
I']n ce! lnsta.nl quatre petits coupa in renl frappés discrètement ;i ta porte, ;i in icr\ ;iiirs inégaux. Fouché B'arréta, el son œil Lança un éclair joj eux.
l î'est lui ! murmura i il.
Pouché courul ouvrir. Le citoyen Ro ger t'i;iii sur le Beuil: il entra vivement el referma lestement la porte.
Jacquel ! [e ne l 'al beAdais plus! dil Fouchîé.
Jacquel (car c'étail lui) souril finemenl «'i prit un s'vj.1' sur lequel il se laissa tomber.
— Cher maître dit-ilj votre plus chef désir nVsi-il |>;is de rassembler entre vos mains les rouages puissants, indestructibles (Tune police organisée de telle sorte que rien ne puisse lui échapper?
— Oui! répondit Pouché. Tel est mon rêve: tout savoir, tout apprendre, tout deviner!
—Vous n'avez pas oublié notre ancien plan ?
— Sans doute. Prouver l'incapaciiJfcr de ceux qui devraient veiller à la sécurité publique ei à la sécurité privée. Les confondre les abattre, se dresser à leur place dans un temps meilleur, et s'ériger en ressort gouvernemental tellement puissant tellement utile, que la machine ne puisse niar- •ch'er faute de ce ressort.
— C'est cela! pour arriver à ce but nous avons un moyen infaillible: connaître dans tous ses détails l'organisation du Chauffage, être maîtres des secrets de celui qui dirige cette formidable association, et ce chef une fois entre nos mains nous servir de cette grande association du mal pour combattre le mal.
— Sans doute! s'écria Fouché. Découvrir ce secret, c'est prouver Firnpéritie de ceux qui doivent agir; c'est montrer leur impuissance c'est prouver notre supériorité, c'est en un mot prendre leur place.
— Eh bien! ce terrible secret du Chauffage je l'ai.
— Toi! s'écria Fouché.
— Je l'ai depuis ce soir.
— Tu connais le chef des Chauffeurs!
— Oui. Ce chef, vous le connaissez corn-
ue moi c'est un de dos anciens adversaires, i '•"•! h- ttoi du bagne !
— Le Bol du bagne '. dit' Pouché.
— Eh oui: notre ancien Baint-J&i de l'affaire de Niorres, notre CamparinJ de 1 affaire d'Horbignj : celui qui nous a ~( bien joués, enfin, depuis onze ans, el con : ii- lequel nous n'avons jamais eu une
le pr 'l|\ e.
Pouché parcourait lu pièce à grands pas. < les preuves! dit-il ; ai m dune aujourd'hui la possibilité- de les avoir?
— ïc le crois, répondit Jacquet
— ( Somment ?
— D'abord, je sais mi est Camparini maintenant.
la ou est-il?
— A Venise.
— Qu'j fa il -il?
— Il dirige de lu nne partie <\<-s crimes commis en France, el il s'occupe de l'acfe.oniplisHMiicnt d'une oeuvre gigantesque a laquelle il travaille depuis dix uns. , — Commenl suis-tu cela?
— Pour mener a bien ses plans, Camparini doit avoir des agents partout, dans
toutes les (dusses, et les meilleurs agents
vous le savez, sont ceux qni m- croient pus l'être. Pour se tenir au courant de ce qui
se fuit et se dit dans une partie de la boni* geoisie de Paris, pour être à même d'avoir des renseignements sur les fortunes, les habitudes, afin de faire agir des chauffeurs à coup sûr, Camparini a enrôlé sous ses lois, sans qu'ils s'en doutassent, deux imbéciles m110 vous connaissez encore et qui se nomment Gorain et Gervais.
— Ceux de l'affaire de Xiorres?... les amis de Bernard?
— Précisénierrt ; ces pauvres malheureux croient se livrer à d'honorables et lucratives spéculations en société avec le citoyen Camparini, lequel leur a fait croire je ne sais quelle stupide organisation de fournitures clandestines.
— Mais comment as-tu su rjue ces hommes étaient en rapport avec Camparini'.'
— -Te l'ai su par de Sommes.
— Celui-Hà esjt donc décidément fidèle?
Jacquet sourit.
— Il nous servira tant qu'il croira ser vir ses intérêts propres et la vengeance qu'il veut exercer.
— Mais quand il ne le croira plus?. . .
LE TAMBOUR Ç(E LA 32e D EMBRIGADE
— C'est juste.
— Alors nous n'en aurons plus besoin.
C'est juste.
■ — Iaï ii tendant, il nous est d'un puissant secours.
Fouillé n'écoutait plus, il se promenait à grands pas (huis la pièce, s'arrêtant de moment en moment comme pour réfléchir profondément et établir dans sa cervelle tout un plan (Faction énergique.
Enfin, revenant vers Jacquet qui attendait.
— Il faudrait avoir la preuve de ce- que tu viens de me dire, fit-il en appuyant sa main sur l'épaule de son compagnon. Camparini est à Venise?
— Demain tu partiras pour l'Italie avec Sommes. Je te donnerai une lettre pour le général Bonaparte et toutes les instructions nécessaires. Notre plan doit être modifié, Jacquet; nous allons passer la nuit à travailler ensemble. Camparini est un rude adversaire: nous avons jusqu'ici perdu toutes les manches avec lui, il faut gagner la partie suprême; d'ailleurs, j'ai un vieux compte à régler avec lui, je n'ai pas oublié l'affaire de Niorres. Et puis, qui sait? ajouta Fouché après un silence, si cet homme voulait se vendre un jour, il serait bien utile entre d'habiles mains.
— Camparini ne se vendra pas, répondit Jacquet.
Fouché sourit.
— S'il ne se vend pas lui^ême, dit-il, un autre peut le vendre, et il ne s'agit que de trouver cet autre.